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tonnant et poignant lyrisme que celui, indiscutable, d’Alban Berg. Et pourtant, le compositeur déchire les phrases, les tonalités, les enchaînements harmoniques dans un vaste discours irrésistible, si radicalement différent de celui de Schönberg et Webern. En réalité, Berg explore plutôt les derniers retranchements du chromatisme exacerbé de Strauss et de Wagner, et non pas les éventuelles spéculations intellectuelles abstraites du dodécaphonisme. Dans la Suite lyrique de 1925, le compositeur déploie une émotion rare, brutale et désespérée, dont il semble qu’elle ait été dictée par une dame dont il était secrètement amoureux. Le final, indiqué « Largo desolato », n’est autre qu’une mise en musique – sans les paroles ! – du poème De profondis clamævi de Baudelaire ; il est d’ailleurs possible de superposer les mots sur les phrases musicales, même si cela ne reflète pas le souhait de Berg.
Détail des pistes :
BERG Alban
Quatuor à cordes, op. 3
1 - 1 I. Langsam (10mn 14s )
1 - 2 II. Mässige Viertel (11mn 37s )
Suite lyrique
1 - 3 I. Allegretto gioviale (3mn 02s )
1 - 4 II. Andante amoroso (5mn 47s )
1 - 5 III. Allegro misterioso (3mn 23s )
1 - 6 IV. Adagio appassionato (5mn 41s )
1 - 7 V. Presto delirando (4mn 38s )
1 - 8 VI. Largo desolato (6mn 06s )
WOLF Hugo
1 - 9 Sérénade italienne (6mn 55s )
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