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  • 1 CD Classique - SBT1239
  • Albert Roussel

    Œuvres symphoniques

Diapason d'or Choc du Monde de la Musique 10 de Répertoire
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Référence : SBT1239 - 0749677123925 - 1 CD 57:42 - ADD Stéréo - Enregistré à Paris à la Salle Wagram les * 15/17/19 juin 1965, et les ** 5-8 & 12 novembre 1963 - Notes en français, anglais & allemand
En vente sur ce site depuis le 25 février 2002
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Albert Roussel (1869-1937)

Symphonie n° 3 en sol mineur, op. 42
Symphonie n° 4 en la majeur, op. 53 *
Bacchus et Ariane, suite n° 2 op. 43 ** (Introduction - Réveil d'Ariane - Bacchus danse seul - Le baiser de Bacchus - L'enchantement dionysiaque - Le Thiase défile - Danse d'Ariane - Danse d'Ariane et de Bacchus - Bacchanale)
Sinfonietta pour orchestre à cordes, op. 52 **

Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
Direction André Cluytens (1905-1967)

oulà, ça déménage ! Ce Roussel dirigé par André Cluytens est d’une vitalité d’autant plus entraînante que la partition est rendue avec une clarté admirable. Vraiment admirable, car l’écriture de Roussel est un extraordinaire foisonnement — que l’on retrouve, souvent, dans Martinu, qui étudia justement avec Roussel — dont il serait dommage de gommer les détails à la faveur d’un “son d’orchestre” trop chargé. Cluytens prend un immense plaisir à souligner les innombrables dentelles harmoniques et colorées qui transparaissent dans cette explosion d’énergie. N’oublions pas, non plus, la trop méconnue Sinfonietta qui est une merveille : au lieu de rejouer pour la millième fois les Sérénades de Dvorak ou Tchaïkovski, que les orchestres à cordes se penchent donc sur cette partition !

 
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La carrière de Cluytens



Durant ses années d’apprentissage au théâtre lyrique d’Anvers, André Cluytens n’imaginait certainement pas que le fait d’être né et d’avoir été élevé en Belgique ait pu être un atout ; il n’avait d’yeux alors que pour la France et les perspectives d’avenir plus intéressantes qu’elle offrait. Il partit donc s’installer et travailler en France aussitôt que possible et prit même la nationalité française ; et pourtant, la formation musicale qu’il avait reçue dans son pays natal était probablement plus équilibrée qu’elle ne l’aurait été dans son nouvel environnement. La Belgique était une nation extrêmement musicienne qui avait engendré d’excellents musiciens, en particulier aux XVe, XVIe et XVIIIe siècles, mais elle ne possédait peut-être pas à l’époque d’identité musicale nationale assez profonde. Par tradition, la vie culturelle belge était intimement liée à l’art français, à la musique française, mais aussi profondément influencée par ce qui se passait en Allemagne et en Autriche. C’est en partie pour celà que le Cluytens de la maturité devint réputé autant pour sa direction du répertoire français que du répertoire austro-allemand.

Le musicien ambitieux qu’était Cluytens avait un autre avantage de par sa naissance. Non seulement son père était-il musicien professionnel mais aussi directeur musical du Théâtre Royal d’Anvers. Ainsi, dès sa naissance en 1905, le jeune André fut-il entouré de musique et encouragé à développer ses propres talents. Ce qu’il fit avec succès. Il entra au Conservatoire royal flamand à neuf ans et sept ans plus tard obtint un premier prix de piano, son premier prix d’harmonie et de contrepoint suivant un an plus tard. Il aurait pu faire carrière comme pianiste mais ce qu’il visait, c’était la puissance et le prestige du métier paternel. Il travailla dix ans au théâtre lyrique d’Anvers sous la direction d’Alphonse Cluytens, et c’est là qu’il fit ses débuts en 1927, à vingt-deux ans, dans Les Pêcheurs de perles de Bizet. Il connut un autre succès de jeunesse en tant que chef avec, fait révélateur, un opéra allemand, Salomé de Strauss, dont il dirigea à Anvers la Première belge.

Dans les années 1930, Cluytens commença sa carrière en France, d’abord en province, à Toulouse, Lyon puis Bordeaux. Il resta en France durant la Seconde Guerre mondiale et s’installa alors à Paris, travaillant à l’Opéra et gravant ses premiers disques pour La Voix de son Maître. En 1946, Cluytens signa un contrat avec Pathé-Marconi et l’année suivante il devint directeur musical de l’Opéra-Comique. En 1949, il succéda à Charles Münch au poste de chef principal de l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire de Paris. Il était devenu l’un des chefs français les plus en vue du moment et travaillait fréquemment en studio. Le microsillon venait d’apparaître sur le marché et parmi les premiers 33 tours de Cluytens, il y eut quatre opéras importants – Carmen de Bizet, Faust et Mireille de Gounod et Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach. Il enregistra aussi le Requiem de Fauré, L’Enfance du Christ de Berlioz et diverses pièces du répertoire étranger comme les symphonies “Surprise” et “Londres” de Haydn, Schéhérazade de Rimski-Korsakov, la Symphonie Inachevée de Schubert, la Quatrième Symphonie de Schumann et Un Américain à Paris de Gershwin. Cluytens grava la plupart des œuvres symphoniques avec l’orchestre du Conservatoire mais pour Schéhérazade il s’associa l’Orchestre National de la Radiodiffusion française, un ensemble avec lequel il travaillerait de plus en plus souvent durant les années 1950.

Si une grande partie de ses disques sortit aux États-Unis et dans le reste de l’Europe, la carrière de Cluytens resta cependant largement centrée sur la France jusqu’en 1955, l’année où il dirigea pour la première fois l’Orchestre Philharmonique de Vienne et les accompagna en tournée aux États-Unis. Cette année-là, il remplaça Eugen Jochum, qui était souffrant, et dirigea Tannhaüser de Wagner au Festival de Bayreuth. Il fut le premier chef français à diriger un opéra dans ce haut lieu wagnérien qu’il retrouva en 1957 et 1958 pour diriger Les Maîtres Chanteurs. En 1958, il y dirigea également Lohengrin. Bénéficiant d’un atout majeur, celui d’avoir dirigé le répertoire allemand durant ses années à Anvers, il fut invité par Electrola, la branche allemande d’EMI, à graver des disques avec l’Orchestre philharmonique de Berlin. Il avait enregistré deux Concertos pour piano de Beethoven à Londres avec Solomon et le Philharmonia Orchestra et au cours des cinq années suivantes il enregistra un cycle des symphonies de Beethoven ainsi que des œuvres de Schubert et Schumann avec l’orchestre berlinois.

Avant sa mort prématurée à l’âge de soixante-deux ans, Cluytens réalisa bien d’autres enregistrements remarquables, surtout avec des orchestres parisiens. Il y eut entre autres un tour d’horizon des œuvres pour orchestre de Ravel, une seconde version du Requiem de Fauré, du Faust de Gounod et des Contes d’Hoffmann d’Offenbach ; Pelléas et Mélisande de Debussy, Le Roi d’Ys de Lalo, la Onzième Symphonie de Chostakovitch ainsi que ses deux concertos pour piano (avec le compositeur comme soliste) et Hänsel et Gretel de Humperdinck (avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne). Du premier au dernier, tous ses enregistrements furent réalisés pour des compagnies appartenant au groupe EMI.


Albert Roussel

Si les œuvres les plus populaires de Debussy et Ravel ont toujours été bien représentées au disque, ce n’est pas le cas des compositions d’Albert Roussel, leur collègue légèrement plus jeune et peut-être un peu moins talentueux. Albert Roussel fut lent à s’épanouir en tant que compositeur, et ses années créatrices (de 1900 à 1937) recouvrent une époque où le disque, après de vigoureux débuts, atteint la maturité en tant qu’industrie mondiale. Les premiers enregistrements de Roussel datent de la fin des années 1920, et si dans un premier temps les disques de ses œuvres s’avérèrent rares, ils furent toujours de grande qualité sur le plan artistique. Roussel lui-même contribua à sa discographie, d’abord en tant que chef d’orchestre lorsqu’il grava son œuvre orchestrale la plus populaire, les Fragments symphoniques du ballet Le Festin de l’araignée, ensuite comme pianiste accompagnateur pour plusieurs de ses mélodies, la plupart interprétées par l’incomparable mezzo-soprano Claire Croiza, à une exception près, Jazz dans la nuit, que chanta la soprano Gabrielle Ritter-Ciampi.

Après l’échec de son ballet Bacchus et Ariane sur scène en 1931, Roussel décida tout simplement de tirer une suite de chacun des deux actes de la partition. La Deuxième Suite devint sa partition orchestrale la plus populaire après Le Festin. Elle fut enregistrée pour la première fois sur un label américain obscur au début des années 1950 par l’Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin sous la baguette de Karl Rucht. Le premier enregistrement regroupant les deux suites sortit un ou deux ans plus tard, avec Jean Martinon et l’Orchestre Lamoureux et au milieu des années 1950, Charles Münch grava sa propre version de la Deuxième Suite avec le Boston Symphony Orchestra. Avant la version de Cluytens de 1965, il y avait eu également des versions stéréo de la Seconde Suite par Igor Markevitch et Eugene Ormandy, mais ces disques n’étaient plus disponibles.

La symphonie la mieux connue de Roussel, la Troisième, fut enregistrée pour la première fois au début des années 1930, peu après sa création à Boston, par l’Orchestre des Concerts Lamoureux sous la baguette de son chef Albert Wolff. Ce disque resta le seul de cette œuvre pendant plus de vingt ans. La Quatrième Symphonie ne fut pas enregistrée avant le début des années 1950, lorsque deux versions parurent coup sur coup, l’une de l’Orchestre des Concerts Lamoureux sous la baguette de Georges Tzipine, l’autre du Philharmonia Orchestra dirigé par Herbert von Karajan. C’est en 1957 que parut le premier microsillon regroupant les Troisième et Quatrième Symphonies, jouées par l’Orchestre de la Suisse romande sous la baguette d’Ernest Ansermet. Ce disque sortit d’abord uniquement en mono – les transferts des bandes stéréo ne parurent que bien des années plus tard – et seule une réédition mono bon marché des interprétations d’Ansermet était disponible lorsque le disque des deux symphonies par Cluytens sortit en février 1966.

Composée en 1934, la courte Sinfonietta pour cordes fut peu après enregistrée par sa dédicataire, Jane Evrard, et les vingt-deux membres de son Orchestre Féminin de Paris. Suivit peu après une version du NBC String Orchestra sous la baguette de son chef Frank Black, puis plus rien jusqu’à l’avènement du 33 tours, lorsque sortirent coup sur coup les versions mono de Paul Sacher, Georges Tzipine, Karl Ristenpart, John Bath et Louis de Froment.

En février 1965, le disque de Cluytens comportant les Fragments du Festin de l’araignée, la Deuxième Suite de Bacchus et Ariane et la Sinfonietta fut l’objet d’une critique de Felix Aprahamian pour la revue "The Gramophone". S’il fit bon accueil à ces interprétations, il s’avoua pourtant très gêné par ce qu’il estimait être une réverbération sonore exagérée. Bien des auditeurs aujourd’hui ne partageront pas cette réserve : ce qui est remarquable, c’est qu’en 1963 l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire possédait encore la sonorité française traditionnelle. À l’époque, ce nouveau disque de musique orchestrale de Roussel était le seul disponible et Aprahamian conseilla aux lecteurs de l’acheter avant qu’il ne soit trop tard. Un conseil en or, puisque ce disque resta moins de trois ans au catalogue.

Alan Sanders
© Testament 2002 - Reproduction interdite

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