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  • 1 CD Classique - SISYPHE007
  • Laurent Naouri, baryton - Manuel Rocheman, piano

    Round about Bill

5 de Diapason
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Référence : SISYPHE007 - 3760002137568 - 1 CD 59:18 - DDD - Enregistré en septembre 2006 au Studio de Meudon (Hauts-de-Seine) - Notes en français & anglais
En vente sur ce site depuis le 15 février 2007
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  • 0892 259 770 (0,34 €/mn)
  • From Outside France (only) please dial +331 49269770
    English spoken
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William John "Bill" Evans (1929-1980)
Waltz for Debby (Gene Lees - Bill Evans)
Five Janice Borla (Bill Evans)
Laurie (Bob Dorough - Bill Evans)
Very early (Carol Hall - Bill Evans)
Turn out the Stars (Gene Lees - Bill Evans)
Only child (Roger Shore - Bill Evans)
Michel Legrand (né en 1932)
You must believe in spring (A & M Bergman - Michel Legrand)
Jimmy van Heusen (1913-1990)
Here’s that rainy day (Johnny Burke - Jimmy Van Heusen)
Tadd Dameron (1917-1965)
If you could see me now (Carl Sigman - Tadd Dameron)
Paul Simon (né en 1941)
I do it for your love
Francis Hime
Minha (Ruy Guerra - Francis Hime)
Richard Charles Rodgers (1902-1979)
My romance (Lorenz Hart - Richard Rodgers)
Arthur Schwartz (1900-1984)
You and the night and the music (Howard Dietz - Arthur Schwartz)
Jerome Kern (1885-1945)
Up with the lark (Leo Robin - Jerome Kern)

Laurent Naouri, baryton
Manuel Rocheman, piano

Détail des pistes :

EVANS Bill
1 - 1     Waltz for Debby (3mn 16s )    

LEGRAND Michel
1 - 2     You must believe in spring (4mn 50s )    

EVANS Bill
1 - 3     Five (3mn )    

HEUSEN Jimmy van
1 - 4     Here’s that rainy day (3mn 50s )    

DAMERON Tadd
1 - 5     If you could see me now (4mn 10s )    

EVANS Bill
1 - 6     Laurie (5mn 32s )    

SIMON Paul
1 - 7     I do It for Your love (5mn 24s )    

HIME Francis
1 - 8     Minha (4mn 03s )    

EVANS Bill
1 - 9     Very early (4mn 07s )    

RODGERS Richard
1 - 10     My romance (4mn 30s )    

EVANS Bill
1 - 11     Turn out the Stars (6mn 08s )    

SCHWARTZ Arthur
1 - 12     You and the night and the music (2mn 09s )    

EVANS Bill
1 - 13     Only child (4mn 38s )    

KERN Jerome
1 - 14     Up with the lark (3mn 32s )    

EVANS Bill
Up with the lark
1 - 15     But Beautiful (exclusivité numérique) (3mn 19s )    

    Je dis souvent que je suis devenu chanteur d’opéra par dépit. C’est, certes, quelque peu exagéré. Mais si j’ai toujours aimé chanter, l’opéra n’est entré que très tardivement, avec les premières leçons de chant, dans mon répertoire d’aboyeur compulsif. La musique vocale pour moi, à l’adolescence, c’était le jazz.

    Et très vite, Bill Evans est venu occuper une place centrale dans mon univers musical, une place que bien sûr il n’a cessé d’occuper depuis.

    Un autre grand musicien de mon petit panthéon personnel, c’est Martial Solal. Il m’a fait l’honneur de bien vouloir partager quelques minutes de musique avec moi lors d’une émission de radio qui reste comme un des grands moments de bonheur de ma carrière. C’est lui qui, alors que je lui faisais part de mon désir de tenter « quelque chose » en jazz, m’a adressé à Manuel Rocheman. Coïncidence, nous fréquentions le même collège et déjà, à l’époque, il était connu pour ses prouesses au clavier !

    Après plusieurs mois d’atermoiements à me demander si cela valait le coup, si j’en avais les capacités, je me suis décidé à l’appeler et de fil en aiguille… La passion commune que nous avons pour la musique de Bill Evans nous a conduits à construire ce programme en nous souvenant que si ce dernier a très rarement accompagné des chanteurs, il a néanmoins réalisé deux forts beaux enregistrements avec Tony Bennett.

    Autour de Bill, nous tournons donc autour de trois grands axes : ses standards favoris, tels que « My Romance » ou « But Beautiful », des pièces moins connues et qu’il était presque seul à jouer de façon régulière, comme « Up With The Lark » , « You Must Believe In Spring » ou « Minha », et enfin ses propres compositions qui, si elles n’ont pas été pensées comme des chansons à l’origine, ont inspiré de nombreux paroliers. Si nous n’avons jamais eu l’intention de traiter tous ces thèmes « à la Bill », nous avons néanmoins, ici et là, repris certains éléments de ses arrangements, comme autant de clins d’œil admiratifs.

Laurent Naouri
© Sisyphe 2007 – Reproduction interdite


     Faisons le pari que William John “Bill” Evans (1929-1980) aurait été ravi mais peu surpris, qu’un baryton comme Laurent Naouri ait eu un beau jour l’envie de parcourir son univers musical : le lyrisme n’a pas de frontières. Le fait qu’il soit accompagné dans cette aventure par un “confrère”, Manuel Rocheman en l’occurence, n’aurait pu que l’émouvoir, le mettre en appétit. Comme on le verra, bon nombre des compositions qui figurent sur cet album sont de Bill ; on ne peut hésiter tant elles lui ressemblent. L’étonnement c’est que l’on pouvait dire exactement la même chose des autres, tant il se les appropriait de manière évidente. Le miracle c’est qu’il les jouait à chaque fois de manière différente.

    Musicien majeur qui révolutionna le piano au milieu des années 50, Bill Evans se passionnait tout autant pour la musique classique que pour le jazz ; on n’emporte pas constamment avec soi les cassettes des concertos de Rachmaninov par hasard. Fortement influencé par la musique française (Ravel, Debussy, Fauré, mais aussi Lili Boulanger dont il jouait chaque matin le « Pie Jesus »), il élabora un style unique, très impressionniste, et dont le moindre accord est identifiable dans l’instant. Avec une main gauche à laquelle il assigna une fonction presque exclusivement harmonique et dont le pianiste anglais Gordon Beck définissait la richesse en disant “ qu’on pourrait passer la moitié de sa vie à l’écouter “. Et puis, en toile de fond, mais constamment présente, une mélancolie parfois presque douloureuse où certains virent la marque d’une âme slave héritée d’une mère d’origine russe.

    Bill Evans clona littéralement plusieurs générations de pianistes et influença les plus grands qui lui succédèrent (Hancock, Coréa, Jarrett, Meldhau) voire certains musiciens contemporains (Ligeti). Outre les nombreux albums réalisés sous son nom et où il réinventa dès 1960 la conception du trio, il fit également partie de l’illustre sextet de Miles Davis avec lequel il enregistra le légendaire « Kind of blue » (1959) considéré comme l’album le plus important de l’histoire du jazz moderne. Miles, qui, à l’époque, avait surpris en engageant pour la première fois un musicien blanc, reconnu volontiers son influence sur la séance d’enregistrement. Evoquant son jeu “contenu”, il aimait d’ailleurs souvent à dire qu’il jouait “dans les souterrains du rythme”. Question de pudeur.

    Il laisse à jamais l’image d’une silhouette penchée sur l’instrument, comme si le front semblait rechercher la fraîcheur des touches. Un jour, il est parvenu à traverser le clavier pour parvenir, à sa façon, de l’autre côté du miroir. Là où il se trouve, et s’il lui arrive encore parfois de guetter quelques échos de son passage parmi nous, nul doute que cet album lui donnera de ses nouvelles.

Jean-Louis Wiart
© Sisyphe 2007 – Reproduction interdite

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