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  • 1 CD Classique - ARB144
  • Madeleine de Valmalète, piano

    Musique pour piano

Diapason d'or 4 étoiles du Monde de la Musique
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Référence : ARB144 - 0604907014421 - 1 CD 77:01 - Enregistré en 1928, en décembre 1961 (Fauré) et à Grenoble en février 1992 (Mozart) - Notes en anglais (Le texte en français, ci-dessous, n'est pas reproduit dans le livret)
En vente sur ce site depuis le 2 mai 2005
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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) *
Fantaisie en ré mineur, K. 397
Sonate en ré majeur, K. 576
Maurice Ravel (1875-1937)
Le Tombeau de Couperin (premier enregistrement de 1928)
Jeux d'eau
Alexandre Alabiev (1787-1851) / Franz Liszt
L'Alouette
Modeste Moussorsgki (1839-1881)
Gopak
Serge Prokofiev (1891-1953)
Marche de l'Amour des Trois Oranges
Serge Rachmaninov (1873-1943)
Barcarolle, op. 10 n° 3
Franz Liszt (1811-1886)
Rhapsodie hongroise n° 11
Claude Debussy (1862-1918)
Feux d'artifice, extrait du Livre II des Préludes
Manuel de Falla (1876-1946)
Danse rituelle du feu (de L'Amour sorcier)
Gabriel Fauré (1845-1924) *
Nocturne n° 4 en mi bémol majeur, op. 36
Impromptu en fa mineur, op. 31

* Première publication

Madeleine de Valmalète (1899-1999), piano

a marquise Madeleine de Valmalète (1899-1999) fut l’une des figures majeures de la scène musicale française pendant un siècle. Pourquoi l’histoire l’a-t-elle un peu oubliée ? Est-ce de par son dédain pour le principe de l’enregistrement et pour la publicité, et qu’elle ne chercha jamais à faire carrière aux Etats-Unis à une époque où le pays était un passage obligé ?
    Elle reçut son Premier Prix du Conservatoire des mains de Fauré en personne, Saint-Saëns loua son tempérament enflammé et sa technique impressionnante. Son engagement en faveur des compositeurs de son temps ne s’est jamais démenti : elle les servait avec ferveur, finesse et fidélité, ainsi qu’en témoignent ces enregistrements dont certains sont franchement anciens – 1928 pour Ravel, Debussy, Prokofiev et de Falla. Notons qu’il s’agit ici, si j’ai bien compris, du tout premier enregistrement jamais réalisé du Tombeau de Couperin. Quant aux Mozart, elle les enregistra en 1992, âgée de 93 ans !
 

Détail des pistes :

MOZART Wolfgang Amadeus
1 - 1     Fantaisie en ré mineur, K. 397 (5mn 03s )    

RAVEL Maurice
Le Tombeau de Couperin
1 - 2     Prélude (2mn 36s )    
1 - 3     Fugue (2mn 23s )    
1 - 4     Forlane (4mn 44s )    
1 - 5     Rigaudon (2mn 56s )    
1 - 6     Menuet (3mn 23s )    
1 - 7     Toccata (3mn 56s )    

LISZT Franz
1 - 8     L'alouette (3mn 45s )    

MOUSSORGSKI Modeste
1 - 9     Gopak (1mn 23s )    

PROKOFIEV Serge
1 - 10     Marche de l'Amour des Trois Oranges (1mn 33s )    

RACHMANINOV Serge
1 - 11     Barcarolle, op. 10 n° 3 (4mn 13s )    

LISZT Franz
1 - 12     Rhapsodie hongroise n° 11 (5mn 22s )    

DEBUSSY Claude
Préludes (Livre II)
1 - 13     Feux d'artifice (3mn 42s )    

FALLA Manuel de
1 - 14     Danse rituelle du feu (3mn 11s )    

RAVEL Maurice
1 - 15     Jeux d'eau (4mn 58s )    

FAURÉ Gabriel
1 - 16     Nocturne en mi bémol majeur, op. 36 (6mn 14s )    
1 - 17     Impromptu en fa mineur, op. 31 (3mn 30s )    

MOZART Wolfgang Amadeus
Sonate en ré majeur, KV 576
1 - 18     Allegro (5mn 04s )    
1 - 19     Adagio (4mn 45s )    
1 - 20     Allegretto (4mn 18s )    

Madeleine de Valmalète




    Ce disque invite à la découverte d’une des artistes européennes les plus injustement oubliées du XXe siècle.
    Est-il donc possible d’avoir entamé très jeune une carrière fulgurante en France et en Europe, d’avoir été admirée de Saint-Saëns et Widor comme jeune virtuose prodige, puis de Ravel et Cortot comme artiste confirmée, d’avoir joué sous la direction de Paul Paray, Messager, Charles Münch, Toscanini et Furtwängler, fait des tournées avec Ninon Vallin et Lotte Lehmann, enfin, d’avoir vécu assez longtemps pour couvrir presque entièrement le siècle tout en conservant une vigueur extraordinaire, sans que l’histoire de l’interprétation ne s’en souvienne ?
    Oui, si l’on n’a jamais traversé l’Atlantique, si l’on s’est peu souciée de gloire personnelle et surtout si l’on a si peu enregistré.

    Issue d’une famille d’aristocrates français – elle était marquise –, Madeleine de Valmalète, née en 1899, entre très jeune au Conservatoire de Paris où elle travaille avec Joseph Morpain et Isidore Philipp. Si ce dernier, grand interprète de Liszt, insiste sur le développement d’une technique de virtuose basée sur le contrôle de la sonorité et des nuances, elle gardera toujours pour Morpain, comme Clara Haskil qui fut aussi son élève, un grand attachement, et c’est lui qu’elle appelait son Maître. La jeune étudiante du Conservatoire remporte à 14 ans un brillant Premier Prix remis par Gabriel Fauré, alors directeur de la prestigieuse école. En dépit de son étonnante maturité musicale, Madeleine a encore la spontanéité de l’enfance et un journaliste venu l’interviewer raconte qu’elle lui sauta au cou de manière si charmante que, troublé, il avait renoncé à ses questions.

    Mais bientôt, la première guerre mondiale éclate et fait basculer sa vie. Son frère est mobilisé, son père privé de sa source de revenus. Sa mère, une artiste peintre de grand talent, ne peut probablement pas vivre de son art. Pour subvenir aux besoins de sa famille, l’adolescente se voit dans l’obligation de donner des leçons. Ces responsabilités d’adulte, qu’elle assume à un si jeune âge, mettent à l’épreuve un caractère volontaire, une énergie peu commune d’ailleurs reflétés par son jeu. Tandis que sa carrière se développe, comme en attestent les concertos qu’elle joue dès 1916, parfois en première audition comme celui de Malcolm Mac-Dowell, elle devient après-guerre une jeune femme autonome, qui n’hésitera pas – la deuxième en France –, à passer son permis de conduire. Elle vit pourtant toujours avec sa mère, qu’elle respecte infiniment, mais dont la présence à ses côtés éloigne peut-être d’éventuels prétendants…

    Bien qu’assez petite et mince, elle a pourtant une présence rayonnante. Blonde comme les blés, elle a un regard bleu d’acier, un visage intelligent et concentré, surtout lorsqu’il s’agit de musique, vers laquelle tout son esprit est tourné. Elle est toujours simple et directe. C’est aussi une force de la nature, jamais malade, toujours d’accord pour voyager ou aller au spectacle – elle adore le théâtre –, et elle gardera cet entrain communicatif jusqu’à un âge très avancé. Elle n’est jamais médisante, mais son franc-parler et même une certaine rudesse, qui en font un professeur redouté et pas très patient, ne lui attirent pas que des amis…

    Son talent éclatant et sa jeunesse lui ouvrent heureusement les portes de nombreuses sociétés de concerts, à Genève, Rome, La Haye, Lisbonne, Vienne, Budapest, les Pays Baltes…les critiques sont enthousiastes, et Paris l’honore tout particulièrement en 1929 puisqu’elle s’y produit quatre fois cette année-là avec orchestre, sous la direction de Paul Paray et de Gabriel Pierné.
    Les relations qu’elle a nouées dans le monde musical parisien des années 20, où elle est donc célèbre, lui permettent d’aider son frère à créer le bureau de concerts Marcel de Valmalète, mandataire à Paris des plus grands artistes de l’époque. La prestigieuse Revue Musicale, dans un numéro de 1925 consacré à Ravel, comporte une publicité mentionnant les interprètes représentés par le bureau ; aux côtés de José Iturbi, Artur Rubinstein et Paul Kochanski, Madeleine de Valmalète figure à la fois comme soliste et comme pianiste du Trio de Paris, une formation exclusivement féminine dont la violoniste était Yvonne Astruc et la violoncelliste Marguerite Caponsacchi.
    C’est aussi en 1929 qu’elle enregistre à Berlin, chez Polydor, les plus anciennes sélections de cette édition restaurée. Outre l’originalité du programme, comportant nombre d’œuvres modernes pour l’époque comme celles de Ravel, (qu’elle rencontra à plusieurs reprises), de Falla ou Prokofiev, on est frappé par les qualités que l’on aurait crues incompatibles d’un jeu aussi virtuose que poétique, alliant force rythmique et art du phrasé, fermeté et délicatesse, servi par une palette de nuances surprenante. Elle respire largement, dessine les phrases sans mièvrerie, fait parler les pianissimi extrêmes, ne durcit jamais les forte même les plus violents.
    Son style très pur mais profondément personnel va à l’essentiel sans narcissisme. Elle souligne tout ce qui donne du contraste et de la vie, grâce à un sens inné de l’accentuation et à une énergie presque virile qui la porte toujours vers l’avant. Mais écoutez plutôt cette Barcarolle de Rachmaninov, noble, douloureuse et comme éclairée de mystérieuses lucioles magiques, ou ces Feux d’artifice de Debussy, visionnaires !

    Sa main était petite mais puissante, avec des doigts de longueur presque égale terminés par de vrais petits coussinets. Sa technique devait autant à la nature qu’au travail et mettait merveilleusement en œuvre le célèbre adage « main de fer et bras de velours ». Elle mettait souvent des doigtés spectaculaires, déplaçant toute la main d’un coup pour attraper une basse ou accentuer une note aiguë avec le pouce, donnait la pleine sonorité des accords depuis l’épaule. Elle pensait beaucoup à la musique, mais pas d’une manière conceptuelle et n’enseignait d’ailleurs aucune théorie, seulement quelques principes.

    Son vaste répertoire s’étendait des clavecinistes français, auxquels elle consacra plus tard un enregistrement pour lequel Gyorgy Cziffra lui adressera une lettre admirative, aux auteurs modernes comme Stravinski, Prokofiev, Honegger, Milhaud (Premier Concerto), en passant bien sûr par Bach, Mozart, Beethoven, les romantiques, Albéniz… elle n’en a malheureusement enregistré qu’une très faible partie.

    Les bavardages des salons parisiens et les intrigues carriéristes étaient totalement étrangers à sa nature. Ce trait de caractère, allié à une passion pour le Midi de la France et la Méditerranée découverts lors de ses premières tournées, l’incitent à s’installer à Marseille en 1926, toujours accompagnée de sa mère, et à y fonder une école de musique.
    Elle y restera basée vingt-trois ans, sans que sa carrière en souffre trop, et passe là les années de guerre et d’occupation. Ce n’est qu’en 1949, âgée de cinquante ans, qu’elle revient s’installer à Paris. Alfred Cortot, par une lettre pleine d’éloges pour elle, l’invite à se joindre aux professeurs de l’Ecole Normale de Musique dont il est le fondateur.
    C’est aussi l’année de son mariage avec Pierre Delanoy, couturier et homme charmant, avec qui elle compose un couple contrasté mais au fond complémentaire. À leur installation, une escroquerie financière leur fait perdre tous leurs avoirs et les jeunes mariés quinquagénaires doivent partager un petit appartement avec un de leurs amis, le musicologue Robert Bernard. La musique reste au centre de la vie de Madeleine, mais elle doit aussi redevenir un gagne-pain…
    Elle continue donc à mener une double activité de professeur et de concertiste, faisant de nombreuses tournées en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Elle crée un concours dédié aux jeunes amateurs dont elle présidera les sessions annuelles dans les principales villes de France pendant près de 40 ans.
    De 1961 à 1974, elle enseigne au Conservatoire de Grenoble, où ses élèves ont la chance de travailler avec une artiste ayant abandonné toute ambition personnelle. Elle ne voyage plus à l’étranger mais continue à jouer pour son plaisir, même après qu’elle s'est retirée dans son cher Marseille. Elle et son mari reçoivent beaucoup, élèves et amis, car ils aiment s’entourer de jeunesse et pensent toujours à l’avenir.
    EMI lui offre en 1975 la réalisation d’un disque des Ballades de Chopin, splendide mais jamais distribué dans le commerce. Elle se produit encore en France et donnera quelques récitals Salle Gaveau à Paris, à plus de 80 ans, avec la Sonate de Liszt ou les 24 Etudes de Chopin…
    Bien qu’elle n’ait jamais beaucoup aimé les studios d’enregistrement, elle est soucieuse de laisser un testament musical et devra produire elle-même des disques. Réalisés dans des conditions techniques hasardeuses et sans aucun confort pour elle, ils sont souvent loin de refléter l’énergie dont elle pouvait faire preuve sur scène. En 1992, souffrant pourtant d’une épaule et traitée à son insu pour un syndrome parkinsonien, elle souhaite encore, comme elle le dit, « se régaler avec Mozart » et nous enregistrons pour elle en digital, au Conservatoire de Grenoble où elle s’était si souvent produite, quatre Sonates et la Fantaisie en ré mineur. Le poids de ses 93 ans semble s’évanouir lorsqu’elle s’assied au piano…

    Je crois que son interprétation, même imprégnée de l’héritage du piano romantique, est au-delà des écoles et des problèmes stylistiques. Elle crée son propre monde musical, avec un sorte de grâce enfantine sublimée dont nous n’avons là qu’un trop bref écho. Mais qu’importe, jouer du piano, c’est un peu comme pour les moines tibétains faire une statue de beurre chaque matin, il faut accepter de recommencer tous les jours, transmettre à ceux qui savent écouter et vivre pleinement le présent, si insaisissable. C’est peut-être à ce prix que les hommes progressent.

Eric Ferrand-N’Kaoua
© Arbiter 2005 – Reproduction interdite

Le pianiste français Eric Ferrand-N’Kaoua, né en 1963, a travaillé avec Madeleine de Valmalète dès l’âge de 7 ans. Il reçoit d’elle ses premiers chocs musicaux en l’entendant jouer sur scène les 24 Etudes de Chopin, Schumann, Liszt et Fauré entre autres. Un Premier Prix du Conservatoire de Paris obtenu très jeune et une carrière internationale commencée au Japon dès l’âge de 18 ans n’ont jamais émoussé son admiration affectueuse pour son premier maître, dont il a très tôt collectionné les enregistrements pirates. Efnk@ujf-grenoble.fr

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  • Le présent album est le repiquage d'enregistrements anciens qui comportent un inévitable bruit de surface et dont l'importance est souvent fonction de l'ancienneté du support et de l'enregistrement lui-même. Les discophiles soucieux de belles prises de son doivent éviter l'achat de ce produit qui pourrait les décevoir.
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