• boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
Recherche RECHERCHE AVANCEE
S'inscrire a nos lettres d'informations
Dossier : Carnet
 Egalement dans ce dossier

Votre compte   

A ne pas manquer

En vedette

PUBLICITÉ



CARNET
par Denis Charolles

" L'Afrique Australe est le berceau d'une très forte richesse culturelle dont nous ne pouvons que grandir "

Départ de Paris, le jeudi 15 novembre 2001
Arrivée à Johannesburg, le 16
, puis re-décollage pour Cape Down.

Cape Town, le 16 : La cité balnéaire de l'Afrique du Sud.
Juste le temps de se poser quelques minutes à l'hôtel et nous fonçons à la radio locale pour une interview en direct d'une bonne heure.
Bon accueil de notre musique.

Le 17, journée de répétition. Nous travaillons sur les pièces écrites pour ce voyage. Nous nous préparons et vers 16h00, nous partons jouer à l'Opéra où nous participons à un programme très varié. Il s'agit d'une sorte de festival.
Nous percevons déjà la riche diversité du champ artistique Sud Africain : un ensemble folklorique lumineux de musique et de danse, des formations métissées, un groupe dans lequel trois chanteuses métisses scandent un rap revendicatif sur la musique de trois excellents musiciens blancs… Déjà au troisième jour, notre voyage est une forte aventure.

Notre passage est fort remarqué car notre formation sort du commun et surtout la langue française plaît beaucoup, les valses et improvisations surprennent et enchantent, notre attitude séduit. Belle promo pour le concert du lendemain à Mitchell's Plain, pour lequel nous invitons les musiciens rencontrés ce soir là.

Mitchell's Plain, le 18
C'est un Town Schip métis, nous dit Simone : " Pas de noirs, que des métis ".
Nous arrivons à l'Alliance Française et le temps que la technique s'installe, nous décidons d'aller visiter le Town Ship avec Simone qui nous propose de nous accompagner. C'est dimanche et l'immense marché est vide. La veille nous n'aurions pu y circuler à cause de l'affluence. Au loin une musique puissante nous attire. Nous pénétrons dans un vaste blockhaus de ciment empli de manifestations de joie, au son des chants de pasteurs survoltés et hurlant leur amour à la foule en folie.
Emus, nous retournons vers l'Alliance Française où nous jouons devant une centaine de personnes très à l'écoute de notre musique. Parfois le public est bien surpris et manifeste très vivement son émotion. Ainsi, au beau milieu d'une improvisation, de forts applaudissements éclatent, sans même que nous n'ayons pu prévoir quoi que ce soit. Nous ressentons vraiment que ce continent est " la terre de grandes sensibilités " qui nous troublent. C'est vrai, comment ne pas être simplement touché et exprimer la beauté d'une mélodie à l'alto, ou du brusque changement de tempi d'une batterie, de trois personnages qui entonnent un reggae autour d'un tas de graviers. Nous sommes, en quelque sorte, soulagés de savoir que sur ce continent " Mère des musiques ", notre musique soit si chaleureusement accueillie.

Maputo, Mozambique du 19 au 21
Le 19, vol pour Johannesburg, puis Maputo.
A peine posés au sol, la lourde chaleur nous y cloue plus encore. De l'aéroport à l'hôtel nous voyageons assis à l'arrière d'un van Toyota. Partout des signes d'amitié nous révèlent que nous sommes bien loin des tensions quotidiennes de l'Afrique du Sud.

François Belorgey nous accueille tel un aventurier, sorti d'un film de Spielberg, dirigeant ce merveilleux Centre Culturel de Maputo. Visite du lieu, nous avons le choix entre un très bel auditorium et une grande scène en quasi-plein air, beaucoup plus décontractée et pouvant accueillir plus de personnes. Pas d'hésitation pour le concert du lendemain, se sera sur la grande scène. Nous continuons la visite, les restes d'armes de la guerre civile servent à faire de bien belles sculptures, comme ce fauteuil qui paraît sorti du Cyclop de Jean Tingely et tant d'autres pièces exposées ici et là. Un large patio sert à la fois de salle d'expo et de café concert. Ce centre est un lieu culturel magnifique.
Le soir de ce lundi 19, Jean nous emmène à la " Ferra Popula " lieu de fête populaire. C'est le week-end que les choses se passent ici, plein de monde, de vieux et très beaux manèges, des petits restos fabriqués de tôle et de bois de récupération…
Nous mangeons, c'est épicé mais pas comme chez nous, la richesse des goûts nous paraît plus subtile. En fait, nous sommes dans un autre monde, très chaleureux, très accueillant avec une dimension du temps tout à fait différente, plus large.
Ainsi le lendemain soir pour notre concert, un groupe joue en première partie et nous ressentons la même sensation que la veille. Ce groupe folklorique suspend le temps. Sa musique de transe tenue au balafon sur une gamme pentatonique majeure et sans cesse mise en mouvements par des poly-rythmes savants, nous transporte encore plus loin.
Nous entrons sur scène dans un univers bouillant, encore une fois extrêmement accueillant, devant un public hyper sensible. A chacune de nos interventions, des cris de joie, des éclats de rires, les reprises en chants de nos mélodies, la participation du public... nous finissons le concert avec les musiciens de la première partie et l'ambiance est merveilleuse. On a perçu quelques réticences, le public paraît déstabilisé de voir ce mélange se créer sur l'instant.

Ce n'est que partie remise, en effet François, sur nos différentes propositions avait pris le soin d'organiser une rencontre " bœuf ", le lendemain. Cette fois, dans le patio bar, nous retrouvons ces musiciens et d'autres encore.

Le mercredi 21, après une matinée de visite et un repas au bord de l'océan indien, nous retournons travailler au centre et préparer la rencontre… Vers dix huit heures, les premiers musiciens arrivent et le public se fait nombreux. La pluie arrive et nous la suivons avec la Campagnie, petit à petit viennent se greffer un percussionniste, un guitariste, deux joueurs de balafon, un danseur, la sanza électrique et d'autres encore. Un morceau se termine, deux musiciens s'échappent, un autre morceau commence, tiens, le percussionniste se met à la basse, je reste à la batterie et m'amuse comme un fou, je perds conscience dans cet univers poly-rythmique. Nous sommes tous sourires et joie, le public danse, la musique est un mélange de sons d'origines si divers et variés, free jazz vaudou, musique typiquement atypique, ce danseur en transe, c'est le même qui jouait les " percus " et la basse auparavant... Ce son incroyable vient d'une sanza " électrique " vodooïsante, je me retrouve au trombone et revoilà cet immense danseur soliste magnifique à la batterie. Christophe et Rémi lancent des riffs repris à cœur joie. Rien n'est explicable ici, seule la sensation de quelque chose qui se communique très fort dans la simplicité de l'échange.

Pretoria du 22 au 24
Départ de Maputo le jeudi 22, Jean Bourdin nous attend à Johannesburg et nous accompagne à Pretoria. Pose d'une heure à l'hôtel et nous allons directement à l'Alliance Française de Pretoria où nous rencontrons Bernard Malauzat et Catherine Blondeau. Nous passerons la soirée en leur compagnie et celle de Thokozani Mthigane ainsi que les musiciens du groupe Heavy Spirit avec lesquels nous travaillerons pour le concert du 22 au " Loft ". Thoko s'est déplacé de Johannesburg car il tient à me faire part de ses avancées depuis notre dernière rencontre en février. Il a besoin d'être rassuré au sujet du travail que nous ferons ensemble la semaine d'après.

Dans chacune des rencontres que nous aurons faites durant ce voyage en Afrique du Sud, chaque artiste se sera impliqué corps et âme, comme s'il s'agissait d'une chose vitale et essentielle. Nous tenons à exprimer notre très vive émotion quant aux notions d'échange et de découverte vécus lors de ce projet.

Nous avons rendez-vous le vendredi à dix heures pour aller répéter. Paul Vranas, le saxophoniste passe nous chercher. Nous arrivons à Ateresville, Town ship à l'est de Pretoria. Déjà Gershwin Nkosi (trompette), Vincent Molomo (basse), Garland Selolo (batterie), jouent et produisent un son d'une force incroyable. Chacun propose son morceau et l'échange se fait dans l'écoute et le respect. Pas de joute, jamais, toujours l'écoute et le temps. Beaucoup d'énergie se dégage de la rythmique basse batterie de ce quartet, ils ont vraiment un son incroyable.
Comment imaginer qu'un groupe de free jazz, qui connaît toute la culture de cette musique y compris le mouvement européen, puisse exister, vivre dans cette société ?
Paul travaille quatre jours par semaine dans une usine d'impression sur tissu, le reste du temps il rejoint Gershwin, Vincent, Garland qui, sans emploi, passent leurs journées entières à répéter.

Silverston, le 24
Le Loft, vingt et une heures, un club tout en longueur dans une sorte de centre commercial. On se faisait un peu de souci et finalement, le public est au rendez-vous. Le groupe d'un guitariste entame la soirée sur des thèmes standards anglo-saxons et après la pose, Heavy Spirits entre en scène. Dés la première note le trompettiste donne le ton et l'intensité : leur musique sera belle, posée, chargée de ce que seuls les Sud Africains savent exprimer, une immense souffrance noyée dans une montagne d'espoir. Que pourra-t-on, dire et jouer après eux ? Peu importe, pensons à l'échange et surtout à l'immense chance que nous avons d'être là.
Dans le public, les mêmes réactions, il y en a même qui dansent sur cette musique totalement libre, c'est vraiment étonnant et beau. Nous montons sur scène, jouons quelques morceaux devant un public très attentif et étonné. Les musiciens du groupe Heavy Spirits apparaissent sur quelques solis et nous poursuivrons tous ensemble dans un feu musical d'une rare intensité. La conjonction de toutes ces énergies positives, l'équipe de l'AFA, Jean Bourdin, les co-organisateurs locataires du Loft, l'équipe d'accueil, les musiciens ont tous contribués à la réussite de ce projet. Nous sommes particulièrement impressionnés par la qualité artistique du groupe.

Soweto, du 26 au 29
Résidence au Fonda Collège

Nous arrivons le lundi matin sur place et je fais visiter les lieux à Christophe et Rémi. Grégory Makoma (Grég.), M'bongeni Richman Butelezi et Thokozani Mtigane (Thoko) sont là et nous suivent. Au fil de la visite, les questions et les approbations des uns et des autres montrent déjà une réelle implication de chacun. Seul M'bongéni semble dubitatif.
Il va falloir en quatre jours pouvoir imaginer et créer une œuvre dans laquelle chacun pourra s'exprimer. Nous devrons aussi nous positionner en groupe d'artistes qui dit la richesse d'une rencontre insolite autour de la danse, de la poésie, des arts plastiques et de la musique.

C'est vers onze heures que nous rencontrons le premier " prof " du collège qui semble dubitatif mais qui nous fait confiance. Il finit la visite et nous présente à quelques-uns de ses collègues. A onze heures et demi, nous voilà dans la salle de répétition des élèves musiciens et tentons la première rencontre, ça fonctionne. Le courant passe sur des musiques populaires Sud Africaines.
Pendant que nous répétons, un garçon tisse un genre de panier fabriqué en papier journal tressé avec de la laine. C'est très beau et surtout sa façon d'être là et de créer avec nous tous, est très touchante. D'autres font de même. Nous répétons environ deux heures et décidons de prendre rendez-vous pour le lendemain. Tout le monde est d'accord. Il sera possible d'intégrer une séquence avec les artistes du Fonda pour notre création. Youppiiii ! ! !
Nous passons l'après midi à imaginer une déambulation possible au sein du collège qui offre richesses et diversités architecturales peu communes. On accueillera les gens à l'entrée en plein air, devant ce bâtiment original. Nous les musiciens serons à terre, les danseurs commenceront sur le toit. Le point de vue est merveilleux, Toko insérera un des ses textes au milieu du Petit Paso Rouge (composition de Monniot) et la première séquence se finira, nous serons tous ensemble au point d'accueil. Les idées fusent dans l'écoute globale et la journée est déjà bien avancée.
C'est là que la rencontre commence vraiment entre nous. Chacun se place et par les différences trouve sa place, on ne peut y parvenir que dans l'écoute globale. C'est là aussi que les choses deviennent intéressantes car nous nous transformons les uns les autres : notre musique n'avait jamais sonné ainsi, chacun exprime un sentiment de découverte à tel point que nous imaginons enregistrer cette danse en studio tant la transformation semble touchante ! Le lendemain et comme chaque autre jour, les répétitions avec les élèves seront studieuses et riches d'échanges.
Un petit détail : lors d'une pose nous entendons une belle interprétation de J.S. Bach au piano, mais juste un très court extrait. Le musicien jouait en lisant sur un bout de partition déchirée les quelques mesures qu'il pouvait y lire…
Tout cela nous révèle de fortes sensations et nous ouvre les portes de l'exposition de fin d'année organisée le mercredi et qui sera prolongée afin d'être intégrée à notre spectacle. On pourra y découvrir les œuvres de peintres qui travaillent sur de multiples matières collées, peintes, assemblées, des sculptures où l'artiste joue sur l'effet (très prononcé) que produit un miroir posé, par exemple, sur une gamelle qui donne l'impression qu'elle est pleine (…), des sculptures sur bois. Tous semblent vouloir exprimer des sensations de douleurs passées et d'immenses espoirs.

Où se place la notion de réussite d'une telle résidence ?
Des temps très courts, comme pour les autres actions menées, permettent de travailler dans une urgence qui nous poussent tous vers un résultat positif. Un temps moyen, comme celui passé pour cette dernière résidence, nous permet de percevoir de toutes autres notions. Nous sommes curieux et découvrons des richesses inconnues au sein d'une création utopique. Ensuite nous choisissons, dans le cadre de résidences plus étendues d'approfondir la découverte de ces sentiers juste empruntés. La marche à suivre serait maintenant d'approfondir le champ de matières que nous avons ressenties fécondes.

Le Spectacle du 30 au FOUNDA Collège
Nous avons donc imaginé une sorte de voyage au sein du collège, ponctué de scènes dans différents lieux. Le public est accueilli par les danseurs. La Campagnie joue un mini concert et le rapport est créé par Thoko qui à un moment crie son texte perché sur le toit du bâtiment principal, suivent les danseurs et le public qui se retrouve surpris, presque piégé à lever la tête et ne plus savoir ou en donner. Les danseurs nous rejoignent au sol, nous finissons cette pièce en proximité pour ensuite mener le public en chantant une mélopée au pied d'un très bel escalier.

Surgit alors le duo : Thokozani ( poésie) et Christophe ( sax), dans quel univers sommes-nous plongés ? L'écoute est intense, la beauté du mélange des sonorités musicales de la poésie Zoulou de Toko et du Saxophone nous inscrivent dans ce voyage. J'enchaîne, dès la coda au pied d'un arbre et en contrebas, face à une sculpture de M'bongeni, collage sur plastique autour d'un tronc d'arbre de fines lamelles blanches représentant de naïfs portraits féminins, un solo chanté dans les graviers. Le public me rejoint. J'interprète d'abord " Roxane " dans la poussière des graviers, brut de brut et je finis par " Marie " de Guillaume Apollinaire. En quelques minutes, trois langues ont été écoutées dans des contextes si différents.

Quinze mètres plus loin, sur la place centrale du collège habillée par M'bongéni, un gigantesque oiseau de fer semble prendre son envol. Rémi attaque sur un soli de sons électroniques alternant tensions et détentes. Grégory habillé par M'bongéni surgit dans une chorégraphie très vive et répétitive. Christophe et moi-même arrivons progressivement pour amplifier cette tension qui sera directement suivie d'une séquence rythmique. La voix de Toko, cette fois-ci amplifiée portée par la poésie de Paul Verlaine, viendra détendre la musique : " Il pleut dans mon cœur comme il pleut sur la ville... ".

Grégory cette fois est apaisé et enchaîne un tendre duo avec son comparse. Le poème est d'abord dit en Français puis en Zoulou. La voix chaude et les mouvements félins embaument cette place où le temps n'existe plus. Les danseurs miment ce qu'ils ressentent du texte, Christophe harmonise. Cet instant est magique.
Dans le silence, les danseurs invitent les spectateurs à pénétrer dans la salle où a lieu l'exposition des artistes du collège. Plus tard, le son de percussions nous invitera à continuer le périple. En sortant nous découvrons la beauté du paysage en plongée sur le town ship de Soweto. Les percussionnistes sont des élèves du Fonda collège. Plus loin, deux saxophones joueront une œuvre de Lennie Tristano au milieu de sculptures. Un danseur caressant un visage de métal à l'aide d'un capteur sonore semble lui redonner la vie. Le poète " onomatope ", au pied de l'oiseau de fer sonné à la baguette par le percussionniste. Tous nous nous retrouvons enfin, La Campagnie, Thoko, M'bongeni, Grégory, les élève musiciens et finissons ce parcours au son des musiques d'Afrique du Sud et d'Europe. Le public danse et nous finissons en fête.
Bien après que le public soit parti, trois enfants nous dessinaient de merveilleux souvenirs. Une personne est venue nous trouver en nous demandant si nous accepterions de venir voir ses œuvres. Il avait assisté au spectacle et étant élève du Fonda, voulait nous présenter son travail avant notre départ. Ce que nous avons vu, ce a quoi nous avons assisté est extrêmement fort.

Aurait-il eu sa place dans un spectacle comme celui que nous proposions ?
Nous ressortons avec l'idée qu'il y a des choses très fortes à dire sur la condition humaine en Afrique du Sud et qu'un long travail mériterait d'être engagé à ce sujet.

Johannesburg, le 29
Au Peg's Cosy Corner, boite de Jazz dans un quartier " chaud ".
Cette fois-ci le public était essentiellement blanc et a apparemment apprécié notre originalité. Le 1er décembre, nous avons terminé notre périple au Market Théâtre Square, à midi. Il s'agissait d'animer le marché très populaire du samedi matin. Beaucoup d'artistes avec lesquels nous avons collaboré tout au long de ce voyage, étaient présents pour participer à cette fête d'au revoir. Les " Heavy Spirits " y ont activement participé. Encore un moment magique où l'on a pu assister à des danses, des chants et à de très fortes manifestations de joie.

J'ai la sensation que ces travaux de rencontres, de recherche au fil du temps, nous permettent de nous exprimer, d'évoluer en tant qu'artistes. Aujourd'hui nous ressentons le besoin de travailler dans la confrontation de cultures géopolitiques différentes pour exprimer l'espoir que nous avons du monde.

Nous nous refusons à simplement utiliser et mélanger des cultures différentes. En ce sens le folklore n'a d'intérêt, pour nous, que s'il est confronté à des modes d'expressions actuels. La question des rencontres entre artistes est celle d'échanger nos vues du monde et de montrer notre façon de le modeler ensemble.
Aussi, nous sommes persuadés que la confrontation artistique a aujourd'hui un sens si elle dépasse les frontières culturelles et qu'elle rééquilibre certaines facettes purement économiques par la richesse d'un échange culturel.

J'entends par-là, et je le répète : L'Afrique Australe est le berceau d'une très forte richesse culturelle dont nous ne pouvons que grandir en s'y confrontant.

Denis Charolles
Photo © DR - © Denis Charolles 2004. Reproduction interdite.