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n n’entend pas bien souvent la Harmoniemesse de Haydn, pas plus d’ailleurs que sa Symphonie n° 88. Et pourtant, ce sont là des œuvres de la grande, de la très grande maturité. La Messe date de 1802, Haydn affiche 70 printemps et se demande sérieusement s’il obtiendra la moindre grâce de la part du noble public (ce fut un succès, rassurez-vous) ; c’est qu’après l’immense gloire londonienne des années précédentes, le vieil homme est assez fatigué, et semble composer avec une certaine difficulté. Ou plutôt, il déclare travailler « très laborieusement avec application » ; soit par coquetterie, soit effectivement qu’il croit son inspiration plus lente, mais en réalité, il n’en est rien. C’est toujours le vieux roublard Haydn qui est aux commandes, avec son infernale propension aux surprises, y compris aux surprises de taille : dès le début, le chœur entre non pas sur un bel accord bien consonant à un endroit bien évident, mais sur un septième mineure en plein milieu du discours orchestral… et cela continue ainsi tout au long de l’ouvrage. Et quand bien même Haydn adopte une architecture héritée des grandes messes baroques et classiques, son écriture est des plus symphoniques, avec force emploi de solos de vents – d’où le nom, Harmoniemesse.
Entre les Symphonies Parisiennes (n° 82-87) écrites, on l’aura deviné, pour Paris et les célèbres Londoniennes (n° 93 à 104), il s’en trouve cinq sans appellation particulière, ni de surnom, qu’il soit originalement de Haydn ou apocryphe. La 88e de 1787, ici présentée, fait pourtant partie des symphonies tardives les plus justement renommées ; sans doute les grandes libertés qu’il s’accorde, ainsi que le ton extraordinairement joyeux et insouciant, n’y sont-ils pas pour rien, ainsi que l’adorable pastorale péquenot qui tient lieu de Trio du Menuet. En entendant le second mouvement (dans lequel Haydn fait intervenir trompettes et timbales, une grande rareté alors), Brahms se serait exclamé : « c’est ainsi que j’aimerais que sonne ma Neuvième symphonie ».
En bonus, une Sinfonia en un seul mouvement, écrite en 1777 au titre d’ouverture pour un opéra, mais recyclée plusieurs fois dans des symphonies plus tardives. On peut donc estimer que le compositeur considérait son morceau comme digne d’être entendu et ré-entendu !
403571900101 - Paru le 23/11/2009
403571900100 - Paru le 23/11/2009
Détail des pistes :
HAYDN Joseph
1 - 1 Ouverture en ré majeur, Hob. Ia:7 (4mn 51s )
Symphonie en sol majeur, Hob. I:88
1 - 2 Adagio – Allegro (6mn 09s )
1 - 3 Largo (5mn 28s )
1 - 4 Menuet. Allegretto – Trio (4mn 08s )
1 - 5 Finale. Allegro con spirito (3mn 40s )
Missa Solemnis "Harmoniemesse" en si bémol majeur, Hob XXII:14
1 - 6 Kyrie (7mn 07s )
1 - 7 Gloria (11mn 18s )
1 - 8 Credo (11mn 08s )
1 - 9 Sanctus (2mn 52s )
1 - 10 Benedictus (4mn 14s )
1 - 11 Agnus Dei (5mn 53s )
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