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remière discographique mondiale de cette version, revue et corrigée, éditée par la célèbre Société Internationale Gustav Mahler.
La Septième est sans doute la plus incomprise des Symphonies de Mahler. Aucun programme, cinq mouvements dont deux « Nachtmusiken », des « Musiques de nuit », aucune partie chantée permettant de se faire une idée des volontés du compositeur, et aucun témoignage de sa part quant à ses conceptions. Voilà comment on crée le mythe d’une œuvre ésotérique, alors qu’il suffit de l’écouter un peu attentivement pour se laisser entraîner dans son incroyable tourbillon. Certes, le premier mouvement, du haut de ses 22 minutes, représente un certain défi à l’auditeur, mais sans doute Mahler avait-il besoin d’une telle durée pour l’attirer dans son tableau.
Une fois passé le premier mouvement, on tombe dans les cauchemars de Mahler. La première « Musique de nuit » n’a rien d’une promenade sous les étoiles ; esquisses d’ombres, évocations de fantômes, vagues oiseaux nocturnes, c’est un monde inquiétant où certains analystes ont voulu voir une variation sur La Ronde de nuit de Rembrandt. Sur le Scherzo, qui dure le temps d'un éclair (en temps mahlérien : moins de dix minutes), ne se lève aucun soleil : les fantômes et les oiseaux nocturnes semblent plutôt saisis d’une frénésie sabbatique, démoniaque. La seconde « Musique de nuit » pourrait, éventuellement, permettre aux esprits de se calmer un peu, avec ses douces sonorités de harpe, de guitare et de mandoline. Enfin, le finale vient réellement lever le rideau sur cette nuit : presque vingt minutes éclatantes, obstinément ensoleillées, tellement ensoleillées d’ailleurs que le philosophe Theodor Adorno y a vu une incongruité, une solution de continuité dans le discours, ainsi qu’une certaine inadéquation entre la richesse de l’emballage et la (selon lui) maigreur du contenu musical. L’auditeur se fera sa propre religion, dans cette interprétation sans fard, limpide, fidèle au texte dirigée par Mariss Jansons.
403571900100 - Paru le 23/11/2009
Détail des pistes :
MAHLER Gustav
Symphonie n° 7 en mi mineur
1 - 1 I. Langsam. Adagio – Allegro risoluto, ma non troppo (21mn 40s )
1 - 2 II. Nachtmusik I. Allegro moderato (15mn 13s )
1 - 3 III. Scherzo. Schattenhaft (9mn 58s )
1 - 4 IV. Nachtmusik II. Andante amoroso (13mn 13s )
1 - 5 V. Rondo-Finale. Tempo I - Tempo II (17mn 23s )
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