UPERBRAVO : LA BIO (par Tristan Poupée)
"Sunday morning, praise the dawning"
D’Armelle Pioline, on ne pourrait recenser brièvement toutes les aventures musicales.
On aura au fil des ans, et d’albums en albums, suivi la quête discrète d’émancipation de
la chanteuse d’Holden. Des années Lithium, où le choix de la langue française s’est
imposé, à l’alchimie révélée de Chevrotine et de Fantomatisme, c’est avec son groupe
formé au retour de Dublin en compagnie de l’indéfectible et précieux guitariste Mocke,
qu’elle aura semé en route quelques pierres qui souvent ont l’éclat du diamant.
Armelle se sera encore offert quelques arpents de liberté le temps de quelques
collaborations, suivant la pente douce de sa voix et de son (bon) plaisir, jusqu’à prendre
la plus grande des libertés, celle du solo.
La voici donc (quoique on puisse douter que la logique et la préméditation aient beaucoup à faire pour l’heure), la voici, en tout cas, paraissant sous le masque - un loup plutôt que celui du conspirateur, sous un nouveau nom, comme tiré au hasard ou d’une malle de jouets: SuperBravo; celui de son clavier, dont les touches colorées sont autant d’indices et de directions offerts.
SuperBravo est peut-être né un dimanche matin, comme dans la chanson du Velvet,
louant toutes les aubes à venir.
Pour danser comme un chat gracile sur un fil tendu entre Londres & New-York, pour
vaquer avec le bon génie de la langue anglaise - sa concision et son âpreté, pour
donner naissance à une chanson presque par accident - comme les Dixie Cups, ces
autres Shangri-las dont le «Iko Iko» trouve un écho ludique chez Superbravo dans
«One Of It» , et serait né, dit la légende, du simple jeu d’une baguette de batterie sur le
bord d’un cendrier.
Se payer le luxe d’un minimalisme envouté par une constellation de voix mouvantes...
Redéplier cette histoire qu’est la pop, comme on déplierait une lettre ancienne
soigneusement conservée,
la relire,
se relire, peut-être même,
et toutes les histoires, celle des bonnes pioches... Allez, quelques noms?... Mazzy Star
(A Space Without Corner), Young Marble Giants (Dewdrop) , La Carter Family
(Motherland). Et la figure (comme on le dit d’un mouvement gracieux) de Syd Barrett -
non comme on le cherche mais comme on le trouve.
Oui, SuperBravo est sans doute né un dimanche. Et le lundi déjà, tout recommençait.
Autrement et pareil. Sous un angle neuf. dans un espace aux angles effacés. Comme
dans la photo au verso de Songs For A Room, où la jeune compagne de Cohen s’est
attablée à la place de l’Auteur.
Voilà, Superbravogirl s’est attablée à la table d’Armelle, devant une toute nouvelle
machine à écrire.
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