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  • Jazz sur la Croisette

    Cannes 1958

Elu par Citizen Jazz Choc de Classica
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Référence : IMV082 3329184688222 - 2 CD Digipack : 76:55 + 77:45 - Enregistré au Palais des Festival de Cannes, en juillet 1958 - Notes en français et en anglais
En vente sur ce site depuis le 5 novembre 2009
Date parution numérique : 3 novembre 2009
  • Pour commander par téléphone :
  • 0892 259 770 (0,34 €/mn)
  • From Outside France (only) please dial +331 49269770
    English spoken
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CD 1 : JAZZ A CANNES 1958 JAZZ CLASSIQUE
Sydney Bechet : Introduction/I've found a new baby
Sydney Bechet : Swanee River
Sydney Bechet : Once In a While
Sammy Price trio : Bouillabaisse boogie
Claude Luter : Frotti-frotta
Joe Turner & Albert Nicholas : Blues en si bemol
Joe Turner : Viper's Rag
Coleman Hawkins : Indian summer
Coleman Hawkins & Roy Eldrige : Undecided
Ella Fitzgerald : My heart belongs to daddy
Ella Fitzgerald : Just one of those things
Ella Fitzgerald : I can't give you anything but love
Ella Fitzgerald : Saint-Louis blues
Trumpet contest : Just you just me

CD 2 : JAZZ A CANNES 1958 JAZZ MODERNE
Donald byrd Bobby Jaspar Quintet : I get a kick out of you
Michel Hauser Quartet : Rue Dauphine
Zoot Sims Quartet : It had to be you
Zoot Sims Quartet : I'll remember april
Tete Montoliu Trio : Blues
Barney Willen/Sacha Distel Quintet : Oleo
Barney Willen/Sacha Distel Quintet : Now the Time Barney Willen
Modern Jazz Quartet : Sait-on jamais
Modern Jazz Quartet : The golden stricker
Stan Getz Quartet : Broadway
Stan Getz Quartet : Ghost of a chance
Martial Solal Trio : The Squirel
Dizzy Gillespie Quartet : Sweet Lorrain
Dizzy Gillespie Quartet : Night in Tunisia

our une belle semaine, ce fut une belle semaine ! En dix ans, depuis le Festival de Nice en février 1948, rien d’équivalent n’était survenu sur la Côte d’Azur. « Du 8 au 13 juillet, 20 orchestres, 100 vedettes animent le premier Festival de Jazz à Cannes » annonçait l’hebdomadaire « Arts ». Deux mois à peine après qu’un jury qui, une fois de plus se tirait une balle dans le pied, y ait décerné la Palme d’Or au film soviétique « Quand passent les cigognes » au détriment de Jacques Tati, Ingmar Bergman et Vincente Minnelli, le Palais des Festivals et des Congrès allait à nouveau friser l’implosion. Alors qu’à Nice le conservatisme le plus étroit avait dicté le choix des invités, Charles Delaunay, responsable de la programmation cannoise, entendait bien proposer un panorama quasi exhaustif du jazz actuel. De Sidney Bechet à Dizzy Gillespie en passant par Coleman Hawkins, Albert Nicholas, Stan Getz, Zoot Sims, le Modern Jazz Quartet, Ella Fitzgerald, entourés des meilleurs jazzmen français Martial Solal, Claude Luter, Sacha Distel, Barney Wilen et bien d’autres encore. Une affiche inégalable (et inégalée) qu’un jumelage avec le Festival de Knokke-le-Zoute, sis au bord de la mer du Nord, avait permis de réunir.

La plupart des musiciens américains n’en étaient pas à leur première visite sur le Vieux Continent – quelques-uns y résidaient même - , cependant rares étaient ceux qui, comme Sidney Bechet ou Bill Coleman venu au « Sporting » de Monte-Carlo en 1933 dans l’orchestre de Lucky Millinder, connaissaient la Côte d’Azur. Une expérience dont ils n’eurent qu’à se féliciter : ils y vécurent six jours de fête. « Un Festival qui fut surtout des vacances » titra Jazz Magazine. Même Ella Fitzgerald, arrivée à l’aéroport de Nice fatiguée et d’humeur quelque peu chagrine, se dérida après une croisière côtière effectuée en compagnie de Gillespie à bord du chris-craft d’Eddie Barclay. Et, un peu plus tard, elle exhibait avec quelque fierté le dessin original que lui avait offert Jean Cocteau, spectateur assidu du Festival qui proclamait que ce qui se jouait là « était aussi important qu’un concert de Bach et de Mozart » ; il se soucia même d’organiser une visite de la chapelle Saint-Pierre dont il venait de terminer les fresques à Villefranche. Pour sa part, sans doute initié par Don Byas, terreur des poissons de la baie de Saint Tropez, Dizzy découvrait les joies de la pêche sous-marine.

Faut-il évoquer les nombreux à-côtés qui firent de ce Festival bien autre chose qu’un défilé de musiciens honorant leur engagement ? Le cocktail offert par Eddie Barclay au Whisky à Gogo ? L’inoubliable bouillabaisse – le soir même, Sammy Price lui dédia une composition – servie à l’île Sainte-Marguerite, la musique étant assurée pendant le trajet en bateau par Mowgli Jospin et ses Dixielanders ? L’occasion pour Roy Eldridge de montrer qu’il possédait dans ses bagages la tenue du parfait touriste, qu’en sympathie avec la pianiste Yvonne Blanc instigatrice du Festival, le rosé de Provence ne le laissait pas indifférent non plus d’ailleurs que le fait d’être passé à proximité de l’île Saint-Ferreol où avait reposé le corps de Niccolo Paganini. Si l’on mentionne également un concert hors programme donné à bord du porte-avion « Saratoga » ancré dans la baie, on comprend aisément pourquoi, à Cannes, la musique fut exceptionnelle ; dans tous les sens du terme d’ailleurs puisque certains concerts s’étendirent sur quatre heures d’affilée. Qui aurait songé à se plaindre de se retrouver sur la Croisette à deux heures du matin au cours d’une belle nuit de juillet ?

Nombre de ces marathons jazzistiques furent enregistrés et certains filmés par Jean-Christophe Averty. Quelques-uns des moments les plus chauds se trouvent réunis ici ; Sidney Bechet surgissant des coulisses en jouant American Rhythm avec le seul soutien du batteur Poumy Arnaud ; Hubert Rostaing et Michel de Villers au coude à coude avec Coleman Hawkins et Roy Eldridge le temps d’Undecided ; Dizzy, Eldridge, Teddy Buckner et Bill Coleman croisant le fer sur Just You, Just Me.

Des moments d’exceptions qui ne peuvent faire d’ombre aux performances aussi bien orchestrales qu’individuelles : l’ellingtonien Frotti-frotta de Claude Luter qui donne à entendre un superbe Guy Longnon à la trompette ; Zoot Sims inspiré par I’ll Remember April alors que son confrère Stan Getz glorifiait l’art de la ballade avec Ghost of a Chance ; le curieux Now’s the Time signé de l’ensemble Barney Wilen / Sacha Distel qui, s’il fit les beaux jours du Club St Germain, ne fut jamais enregistré en studio. Comment faire l’impasse sur l’étourdissant The Squirrel dû à Martial Solal, le Viper’s Drag de Joe Turner, Dizzy et son Night in Tunisia, Tete Montoliu, Michel Hausser, Albert Nicholas, le quintette Donald Byrd / Bobby Jaspar, le M.J.Q. et surtout, surtout, Ella Fitzgerald dont le Saint Louis Blues devrait figurer dans toutes les anthologies de « scat » ?

Difficile d’imaginer, après avoir constaté la qualité de la musique et le succès qu’elle avait rencontré auprès du public, que le Festival de Jazz de Cannes n’aurait qu’une édition. Ce fut pourtant le cas. La leçon ne fut pas perdue pour tout le monde : deux ans plus tard naissait celui d’Antibes-Juan-les-Pins…

Alain Tercinet
 

Détail des pistes :

BECHET Sydney
1 - 1     Intro/I've Found a New Baby (9mn 12s )    
1 - 2     Swanee River (3mn 11s )    
1 - 3     Once In a While (8mn 47s )    

PRICE Sammy
1 - 4     Bouillabaisse Boogie (3mn 43s )    

LUTER Claude
1 - 5     Frotti frotta (5mn 12s )    

TURNER Joe - NICHOLAS Albert
1 - 6     Blues en si b (5mn 59s )    

TURNER Joe
1 - 7     Viper's Rag (2mn 27s )    

HAWKINS Coleman
1 - 8     Indian Summer (3mn 03s )    

HAWKINS Coleman - ELDRIDGE Roy
1 - 9     Undecided (9mn 04s )    

FITZGERALD Ella
1 - 10     My Heart Belongs To Daddy (2mn 46s )    
1 - 11     Just One Of Those Things (3mn 25s )    
1 - 12     I Can't Give You Anything But Love (3mn 37s )    
1 - 13     Saint-Louis Blues (5mn 45s )    

TRUMPET SUMMIT
1 - 14     Just You Just Me (10mn 43s )    

BYRD Donald - JASPAR Bobby
2 - 1     I Get a Kick Out Of You (9mn 02s )    

HAUSER Michel
2 - 2     Rue Dauphine (2mn 48s )    

SIMS Zoot
2 - 3     It Had To Be You (5mn )    
2 - 4     I'll Remember April (7mn 50s )    

MONTOLIU Tete
2 - 5     Blues (3mn 33s )    

WILLEN Barney - DISTEL Sacha
2 - 6     Oleo (4mn 13s )    
2 - 7     Now the Time (6mn 17s )    
2 - 8     Sait-on jamais ? (8mn 28s )    

THE MODERN JAZZ QUARTET
2 - 9     The Golden Striker (4mn 34s )    

GETZ Stan
2 - 10     Broadway (6mn 04s )    
2 - 11     Ghost of a chance (4mn 45s )    

SOLAL Martial
2 - 12     The Squirel (2mn 45s )    

GILLESPIE Dizzy
2 - 13     Sweet Lorraine (4mn 43s )    
2 - 14     Night in Tunisia (6mn 47s )    

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