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près ses aventures duettistes avec le contrebassiste Daniel Yvinec et un piano solo unanimement salué par la critique, Guillaume de Chassy confirme sa place parmi les pianistes français les plus actifs et créatifs en publiant son premier album en trio, ‘’Faraway so close’’ ; son quatrième projet sur le label BEE JAZZ. ‘’Faraway so close’’ propose une musique intense, volontairement minimaliste, caractéristique de l’univers poétique de Guillaume de Chassy. Loin des effets démonstratifs, ‘’Faraway so close’’ repose sur une conception du trio à voix égales, une véritable conversation avec Stéphane Kérécki et Fabrice Moreau.
Guillaume de Chassy a également joué avec Paolo Fresu, André Minvielle, Mark Murphy, Brigitte Engerer, David Linx, Bernardo Sandoval…
Détail des pistes :
CHASSY Guillaume de
1 - 1 Wish you were here (D. Gilmour - R. Waters) (4mn 50s )
1 - 2 Coin de rue (Ch. Trenet) (4mn 40s )
1 - 3 Choral (G. de Chassy) (5mn 25s )
1 - 4 What do you mean ? (# 1) (G. de Chassy - F. Moreau) (1mn 38s )
1 - 5 Après un rêve (d'après Gabriel Fauré) (5mn 28s )
1 - 6 What do you mean ? (# 2) (G. de Chassy - F. Moreau) (2mn 24s )
1 - 7 Ida Lupino (Carla Bey) (4mn 47s )
1 - 8 What do you mean ? (# 3) (G. de Chassy - F. Moreau) (1mn 48s )
1 - 9 Parenthèse (G. de Chassy) (5mn 07s )
1 - 10 Nocturne (G. de Chassy) (4mn 54s )
Dans un monde musical où règne le clonage et le goût des effets, Guillaume de Chassy est un pianiste singulier. Par sa trajectoire, qui l’a vu un jour abandonner une carrière d’ingénieur chimiste pour se consacrer au jazz. Par un toucher et une science harmonique qui l’ont fait passer en quelques années du reconnaissable au reconnu. Par un refus des artifices qui distingue un musicien ayant compris depuis longtemps que toute emphase était un signe de faiblesse.
Cette singularité repose également sur une aptitude à se mouvoir avec bonheur dans des univers très différents. Il suffira de rappeler que ce pianiste-compositeur de jazz peut à la fois écrire pour des choeurs, se produire en spectacle avec la danseuse de flamenco Ana Yerno, ou jouer en duo avec la grande concertiste classique Brigitte Engerer. Parler de duo mérite au passage d’évoquer d’autres aventures : celles vécues périodiquement des deux côtés de l’Atlantique avec son complice le contrebassiste Daniel Yvinec. Après un album de piano solo très remarqué, il était écrit que Guillaume de Chassy reviendrait parmi les siens. Même si affronter la solitude a constitué une épreuve indispensable: pour dire d’où l’on vient, mesurer le chemin parcouru, et se prouver à soi-même qu’on a grandi. De Chassy s’adonne ici au plaisir exigeant du trio. Exigeant pour tous les pianistes qui décident de jouer véritablement du trio. On peut en effet parler de cet exercice comme on parle d’un instrument. Peu savent le pratiquer en raison de ce qu’implique le respect majeur du principe d’équilibre. Sans doute cela suppose-t-il la résolution d’une sorte de paradoxe, à savoir ne pas douter de soi tout en ayant réglé ses problèmes d’ego. Cela exige surtout une générosité naturelle qui seule, peut conduire à ce choix du partage. Avec la notion de compagnonnage que lui confère le premier sens de ce terme. C’est dire que nous assistons à un voyage musical au cours duquel les acteurs cheminent de conserve, donc restent constamment attentifs et solidaires; avec l’humilité de ceux qui savent que le plus s’obtient par le moins. Avec parfois des clins d’oeil dont est coutumier un leader qui n’a jamais craint d’interpeller jusqu’à ce que jazz s’ensuive, des horizons différents. Ici, Fauré, Dutilleux, Pink Floyd et Charles Trenet font ainsi partie du voyage sans que le compositeur y perde son identité. En quelque sorte la synthèse d’un parcours musical que Guillaume de Chassy a un jour choisi de modifier, mais dont il n’a rien oublié. Dans cet album, le contrebassiste Stéphane Kerecki, affiche avec éclat une aisance et une autorité qui ne sont plus à démontrer : celles d’un musicien qui sait prendre ses responsabilités. Il prouve qu’il est en toutes circonstances, un partenaire plein de sève et d’invention. Avec selon les climats, le choix du feu ou de la poésie. A ce jour médiatiquement le moins exposé des trois, le batteur qu’est Fabrice Moreau va pourtant en surprendre plus d’un. Par ce qu’on pourrait appeler un bel esprit d’à propos, qui lui permet de jouer toujours juste. Par un sens des couleurs que sa passion pour la peinture trahit d’évidence. En un mot par sa très étonnante musicalité. Il vous reste donc à entrer dans l’univers d’un trio qui, par la rareté de ce qu’il propose, prend clairement date pour l’avenir. Un trio qui vous offre en cadeau, l’expression d’un art très ancien aussi subtil qu’indispensable : celui de la conversation. Jean-Louis WiartVotre compte
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