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près avoir exploré avec bonheur et élégance les mondes de l’électronique, de la pop à travers des albums plébiscités par le public et la critique, le contrebassiste mutli-instrumentiste hors format – dont les aventures duettistes sont encore dans les mémoires – avance à découvert avec un premier album de jazz miroir de ses obsessions du son, de l’espace, des couleurs et qui impose la force d’une personnalité hors normes.
Daniel Yvinec a joué et enregistré avec Brisa Roché, Tania Maria, Mark Murphy, Susanne Vega, Ryuichi Sakamoto, John Cale, Macéo Parker, Salif Keïta, Cheb Mami, Mark Turner, David Linx, Magic Malik, André Minvielle …
Détail des pistes :
YVINEC Daniel
1 - 1 The End Of A Love Affair (Edward Redding) (4mn 03s )
1 - 2 I Sould care (Sammy Cahn, Axel Stordahl & Paul Weston) (2mn 59s )
1 - 3 Skylark (Johnny Mercer & Hoagy Carmichael) (3mn 09s )
1 - 4 Once I Loved (Antonio Carlos Jobim) (4mn 03s )
1 - 5 Everything Happens to me (Tom Adair & Matt Dennis) (5mn 25s )
1 - 6 I Fall in love too easily (Sammy Cahn & Jule Styne) (2mn 19s )
1 - 7 I’ll be seing you (Sammy Fain & Irving Kahal) (3mn 49s )
1 - 8 If I should loose you (Ralph Rainger & Leo Robin) (3mn 41s )
1 - 9 03/09/2007 (Daniel Yvinec, Nelson Veras & Stéphane Galland) (53s )
1 - 10 Smile (Charlie Chaplin) (4mn 33s )
1 - 11 Alone together (Howard Deitz & Arthur Schwartz) (3mn 50s )
1 - 12 Wave (Antonio Carlos Jobim) (1mn 08s )
1 - 13 Moon and Sand (Alec Wilder, Morty Palitz & William Engvick) (4mn 23s )
1 - 14 Moon River (Henry Mancini) (3mn 39s )
1 - 15 Valentine’s day (Daniel Yvinec, Nelson Veras & Stéphane Galland) (2mn 48s )
1 - 16 Goodbye (Gordon Jenkins) (7mn 57s )
1 - 17 Improvisations - exclusivité numérique (D. Yvinec, N. Veras, S. Galland, M. Collignon) (3mn 08s )
A mesure qu’approchait la date d’enregistrement de cet album, le choix délibéré de ne rien prévoir ni répéter me donnait un certain vertige qui bientôt laissa la place à cette forte dose d’émotion qui précède le beau silence des retrouvailles.
Deux ou trois jours avant l’enregistrement, j’avais pris le temps de retranscrire à partir de versions de Sinatra, Mel Tormé, Judy Garland, Dean Martin, Julie London, de Chet aussi, quelques-uns de ces trésors de chevet que pour la plupart jamais encore je n’avais joués et dont je connaissais pourtant chaque mot.
Je savais, pour l’avoir vécu maintes fois, la force émanant de Nelson Veras et Stéphane Galland lorsqu’ils sont face à l’inconnu, leur immense concentration et cette humilité que nous aurions tous trois face à la grandeur de certaines mélodies dont les dessins seraient à chaque instant le guide de nos détours.
Durant les deux journées d’enregistrement, après avoir pris le temps de l’installation, envahi d’encens le bel espace de La Buissonne, nous avons enregistré chaque miette de musique en prenant le parti de ne rien réécouter… Prise après prise (une par chanson, rarement plus), dans une atmosphère où cohabitaient paradoxalement intense concentration et total relâchement, nous avons accumulé presque sans le vouloir quelque sept heures de musique.
A Benoît Belbecq, qui nous offrit son écoute précieuse, je demandais parce qu’il rôdait sans arrière pensée dans les parages du piano si nous rejoindre le tenterait…Nous enregistrâmes spontanément deux chansons en trio qui, par la force de cet instant inattendu se devaient de figurer dans la sélection finale.
Les quelques heures en duo avec Médéric Collignon furent elles aussi d’une grande fluidité, sans effort, peut-être un avant goût de ce lâcher prise et d’une certaine maturité, récompense des heures de travail …
J’ai pris conscience au terme de l’enregistrement que nous avions privilégié les formes courtes et que les solos de contrebasse n’étaient pas légion, confirmant ma satisfaction au poste d’arrière mais aussi de pivot que génère la fonction du contrebassiste.
Faire un disque de Jazz sous mon nom n’excitait en rien l’envie d’exister comme un instrumentiste de «premier plan», mais plutôt le plaisir d’habiter un espace sonore et de créer une petite terre d’accueil pour le timbre de chacun, d’inviter le silence, l’économie, et de goûter ce bonheur de servir de point d’ancrage pendant qu’autour se tissent de complexes arabesques.
Certains disques de Jazz, ceux qui me sont le plus cher, ont une couleur qui nous envahit d’emblée et nous emmène haut, nous fait oublier l’instrumentiste pour révéler un son, une manière de temps suspendu… Approcher cette sensation fut la quête inconsciente et évidente de cet enregistrement.
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