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athias Delplanque est né au Burkina faso en 1973. Artiste touche-à-tout, ayant été successivement peintre, sculpteur, critique musical, auteur d’installations sonores et compositeur aventureux, on lui doit de nombreux disques publiés sous son propre nom ou sous divers pseudonymes.
Le projet Lena, baptisé d’après le personnage principal du roman de Faulkner « Lumière d’août ». Initialement voué à célébrer la rencontre du dub et de l’électronique hi-fi, ce projet n’a jamais cessé d’évoluer et de sinuer au gré des nombreux chemins de traverse qui s’offraient à lui : « ambient crépusculaire », « musique brute façon Tom Waits », « dub désossé »… Tels sont certains des qualificatifs que la presse a accordé à « l’une des figures les plus intéressantes de la scène dub française ».
Mathias Delplanque a choisi de collaborer avec des musiciens issus d’horizons stylistiques et géographiques distincts (venant du free jazz, de la world music, du post-rock, de la pop… et de France, USA, Benin, Angleterre…), donnant ainsi naissance à un ensemble musical aux contours mouvant qu’il nomme The Floating Roots. C’est curieusement via ces collaborations qu’il nous livre son ouvrage le plus personnel. « Lost-Wax » est une fresque urbaine et nocturne, faite d’errances (« Circonstances »), de constats amers (« Periphery » avec Black Sifichi) mais aussi de ballades (« Caribou Veins » avec Neil Carlill), et de rencontres (« Crossroad » avec Julien Jacob). Des individus isolés (« Typewriter Ribbon » avec Black Sifichi), ou décalés (« Out of Sync » avec Alice Lewis) s’y entrechoquent à distance (« Collision » avec Daniel Givens), et son atmosphère cotoneuse et contenue ne se déchire qu’à l’occasion de brusques libérations d’énergie (« Cheval-Vapeur »).
Une « black music » traverse l’album telle une présence fantôme. Le disque est peuplé d’échos de dub, de jazz, de soul et de musique africaine. Le jeu et le son de musiciens exceptionnels s’y déploie avec ampleur (qu’il s’agisse de la batterie de Steve Argüelles, de la trompette de Rob Mazurek, de la basse de Charles-Eric Charrier, ou de l’orgue de Charlie O…). Arrangé et mixé avec un soin d’orfèvre, masterisé par le maître du dub berlinois Moritz Von Oswald aka Rhythm & Sound, « Lost-Wax » est une pépite sonore lumineuse et envoutante.
Détail des pistes :
LENA & THE FLOATING ROOTS ORCHESTRA
1 - 1 Typewriter Ribbon (6mn 06s )
1 - 2 Collision (5mn 33s )
1 - 3 Crossroad (4mn 47s )
1 - 4 Caribou Veins (5mn 23s )
1 - 5 Cheval Vapeur (6mn )
1 - 6 Ghost Wax (2mn 44s )
1 - 7 Out Of Sync (7mn 48s )
1 - 8 Periphery (5mn 48s )
1 - 9 Circonstances (7mn 40s )

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