Référence : VEL3148 7619930314816 - 2 CD DDD - Enregistré en 1996 au Victoria Hall de Genève - Notes en français, anglais et allemand En vente sur ce site depuis le 26 août 2010 Date parution numérique : 24 août 2010
Richard Strauss (1864-1949) Das Rosenband, op. 36 Waldseligkeit, op. 49 Wiegenlied, op. 41 Freundliche Vision, op. 48 Die heiligen drei Könige aus Morgenland, op. 56 Morgen, op. 27
Gustav Mahler (1860-1911) Symphonie n° 2 en ut mineur "Résurrection" Enregistré en "live"
Lieder de Strauss Felicity Lott, soprano
Symphonie n° 2 de Mahler Silke Kaiser, soprano Cornelia Kallisch, mezzo Chœur "Le Motet" de Genève Chœur du Grand Théâtre de Genève
Orchestre de la Suisse romande
Direction Armin Jordan
oici une réédition très attendue de deux enregistrements rares. On y retrouve d'abord le duo Felicity Lott / Armin Jordan dans des enregistrements de références des Lieder de Strauss.
Armin Jordan se lançait patiemment dans l'exploration de l'œuvre de Chostakovitch et de Mahler, deux compositeurs qui lui tenaient à cœur. Cet interprétation en public de la Symphonie Résurrection montre les affinités entre la musique et le chef et la musique.
Une prise de son de première catégorie.
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MAHLER Gustav Symphony No. 2 in C minor "Resurrection" 1 - 7 I. Allegro maestoso (20mn 08s )
2 - 1 II. Andante moderato (10mn 01s )
2 - 2 III. Scherzo. In ruhig fliessender Bewegung (11mn 36s )
2 - 3 IV. Urlicht. Sehr feierlich, aber schlicht, nicht schleppen (4mn 58s )
2 - 4 V. Im Tempo des Scherzo (32mn 49s )
Lieder et Symphonies
Gustav Mahler et Richard Strauss furent l’un et l’autre, et en des termes tout différents, des maîtres de l’orchestre et de grands compositeurs de musique vocale. Mahler, directeur musical de l’Opéra de Vienne, ne manifesta guère d’intérêt pour la composition d’un quelconque ouvrage lyrique (mais il paracheva l’opéra de Weber, Die Drei Pintos), cependant une bonne moitié de ses symphonies découlent d’un catalogue thématique formé par la mise en musique de poèmes tirés du recueil, Des Knaben Wunderhorn. La Deuxième Symphonie en est même littéralement tissée.
Mahler, assistant aux funérailles de Hans von Bülow (qui avait trouvé la mort au Caire le 12 février 1894), fut confronté à l’ode de Klopstock, Auferstehung qui lui permit de trouver la conclusion et l’apogée d’une œuvre mûrement réfléchie. Cette dernière deviendra la clef de voûte unifiant un ensemble à première vue hétérogène : le premier mouvement reprenait en l’élargissant un poème symphonique indépendant, Totenfeier. Trois «intermèdes» tirant leur substance du Knaben Wunderhorn lui succédaient, le poème de Klopstock ouvrant l’œuvre sur une apothéose infinie, un geste démiurgique qui célèbre pourtant un monde où l’art a remplacé Dieu. L’œuvre continue de fasciner par son savant mélange de musique dramatique – le premier mouvement décrit la mise au tombeau du héros de la Première Symphonie, le Titan, une parabole idéale pour personnifier à posteriori Hans von Bülow, et Mahler s’y livre à des expériences orchestrales que l’école de Vienne, Webern surtout dans ses brèves pièces symphoniques, reprendra à son compte – et de prospectives philosophiques. Le foisonnement de ses thèmes, qui possèdent une indiscutable qualité obsessionnelle, son langage harmonique inféodé à l’idée d’une tonalité évolutive (procédé issu de l’expérience tentée dans la Première Symphonie), ont durablement marqué la musique du XXe siècle, au point même que Luciano Berio en fait l’élément de référence premier pour la composition de sa Sinfonia. Et les effectifs sont colossaux, orchestre immense (cent trente exécutants), chœurs déployés, données qui en retardèrent la création à Berlin jusqu’au 13 décembre 1895.
L’œuvre consacra Mahler comme l’un des compositeurs majeurs de son temps, le vengeant de l’échec essuyé avec la Première Symphonie. Fait significatif, ce fut Richard Strauss qui créa préalablement les seuls trois mouvements symphoniques probablement fasciné par les secrets d’orchestration que son collègue y dévoilait.
Si Richard Strauss prit de vitesse le monde musical en inventant avec Till Eulenspiegel (1894-1895, autant écrire contemporain de la Symphonie Résurrection) l’orchestre moderne, poussant l’art de l’instrumentation jusqu’à un raffinement inédit, il fut avant tout un des absolus génies de l’écriture vocale, retrouvant rien moins que la grâce d’un Mozart. Ses opéras suffisent aujourd’hui au rayonnement de son œuvre, mais il y a là une certaine injustice de la postérité, surtout si l’on se penche sur ses mélodies. Strauss excelle dans la caractérisation du texte en musique. Ses goûts poétiques sont extrêmement variés, fouillant les moindres recoins de courants aussi contraires que l’univers Biedermeier ou la nouvelle scène expressionniste, le tout nourri d’une connaissance intime de la poésie post-classique et romantique. Mais quelques soient les époques de ses poèmes, Richard Strauss les habille en moderne, les fait fils de son temps, ce qui s’entend plus encore dans leurs vêtures orchestrales. Le bouquet réunit ici illustre bien cette tendance que d’aucuns ont pris un peu trop vite pour un manifeste.
Improvisation sur le nom de «Colette Morillon» - Petit Triptyque symphonique - Ballade improvisée - Improvisation sur un thème original - Improvisation sur l'Evangile de Saint Jean / Frédéric Blanc, orgue