Référence : VEL3144 7619930314410 - 1 CD ADD Mono/Stéréo - Enregistré en 1957, 1962 et 1978 au Victoria Hall de Genève - Notes en français, anglais et allemand En vente sur ce site depuis le 15 octobre 2009 Date parution numérique : 13 octobre 2009
Robert Schumann (1810-1856) Concerto pour violoncelle & orchestre en la mineur op. 129 (Enregistré le 6 février 1957)
Bohuslav Martinů (1890-1959) Concerto pour violoncelle & orchestre (Enregistré le 15 mars 1978)
Dimitri Chostakovitch (1906-1975) Concerto pour violoncelle & orchestre en mi bémol majeur op. 107 (Enregistré le 19 décembre 1962)
Pierre Fournier (1923-1997), violoncelle Orchestre de la Suisse Romande
Direction Ferenc Fricsay (Schumann), Wolfgang Sawallisch (Martinů) & Jascha Horenstein (Chostakovitch)
niversellement admiré pour la beauté de sa sonorité, l’intelligence de ses phrasés et l’intensité de son jeu, Pierre Fournier reste encore aujourd’hui la référence des violoncellistes en quête d’honnêteté musicale et de perfection technique. L’artiste possédait un répertoire d’une grande diversité, allant de Bach aux compositeurs contemporains; il créa notamment en 1938 le Concerto de Martinu qui l’accompagna toute sa carrière et dont l’interprétation proposée ici bénéficie de la direction de Wolfgang Sawallisch.
Mais le trésor de ce disque, c’est un Concerto de Schumann dirigé par Ferenc Fricsay et qui reste pour de nombreux mélomanes une version insurpassable.
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SCHUMANN Robert Cello Concerto in A minor, Op. 129 1 - 1 I. Nicht zu schnell (11mn 04s )
1 - 2 II. Langsam (3mn 01s )
1 - 3 III. Sehr lebhaft (10mn 34s )
MARTINU Bohuslav Cello Concerto 1 - 4 I. Allegro poco moderato (8mn 05s )
1 - 5 II. Andante moderato (8mn 35s )
1 - 6 III. Poco allegro (7mn 08s )
CHOSTAKOVITCH Dimitri Cello Concerto in E flat major, op. 107 1 - 7 I. Allegretto (6mn 17s )
1 - 8 II. Moderato andantino (10mn 19s )
1 - 9 III. Allegro ma non troppo (10mn 12s )
Coup d'œil sur une carrière
A l'intention d'une génération qui n'aurait pas entendu mon père, ou ayant vécu ses dernières années, ces trois concerts-documents pris sur le vif donnent l'image «sans retouche» d'un artiste travaillant sans filet (*), dont la nature intrinsèque s'avère beaucoup plus dense, complexe que l'image apollinienne d'une des facettes de son art.
Mes souvenirs de notre vie musicale commune font ressortir avant tout le grand romantique instinctif, mû par une implacable logique architecturale, ne s'embarrassant guère de préjugés ou de modes, allant droit au but de ce qui fût son éternel credo: servir la musique... et non s'en servir! D'autres que moi ont évoqué la magie du son, l'aura de sa présence, ressentie par des chefs tels que Furtwängler, Walter, Klemperer, Karajan, Stokowski, Mitropoulos, Ansermet, Szell, Reiner, Krauss, Kubelik, Giulini, Barbirolli, Monteux, Münch, Boulez, Abbado, Muti, Fricsay, Mehta, et tant d'autres...
Ou également par le truchement de la musique de chambre, avec des personnalités telles que Schnabel, Kempff, Backhaus, Rubinstein, Solomon, Richter, Gulda,Magaloff, Anda, Cortot ou les violonistes David Oïstrakh, Jacques Thibaud, Szigeti, Szeryng, dont d'innombrables témoignages discographiques rappelleront à jamais l'immuable souvenir...
Jean Fonda-Fournier
(*) Notons pour exemple qu'à une mesure avant 7 dans le 1er mouvement de Chostakovitch, Fournier anticipe la figuration de la mesure 7... Aléas du concert!
Hommage à Pierre Fournier
Peut-on mieux qu'avec le violoncelle parler au cœur des hommes? Pablo Casals, le premier, avait apporté la réponse. De tous ceux qui naquirent et grandirent dans le sillage du maître catalan, Pierre Fournier fut sans doute l'artiste le plus accompli, celui qui sut trouver les accents les plus prenants.
Il fut durement frappé par la maladie durant son enfance, mûri aussi dans cette épreuve, mais le destin voulut alors qu'il rencontrât l'instrument des plus secrètes correspondances avec sa nature musicale. Par un long travail, une étude approfondie, il devait acquérir une culture violoncellistique d'une rare étendue.
Doué d'une sonorité chaleureuse, d'un instinct de l'accentuation et du phrasé que la réflexion avait encore affiné et enrichi, il donnait au discours musical une particulière intensité, traduisant sa signification profonde avec autant d'éloquence que de distinction. Ainsi transmettait-il à son public un message où, dans la mesure et la dignité, transparaissaient les moindres nuances du sentiment. Ce disque vient donc évoquer le souvenir d'exécutions exemplaires dont les salles genevoises gardent encore l'écho.
C'est en 1960 que Pierre Fournier reçut des mains de Mstislav Rostropovitch, son dédicataire, la partition du premier concerto de violoncelle de Chostakovitch, écrit en 1959. Fournier s'attacha immédiatement à cette œuvre qu'il joua beaucoup au cours des années soixante (New York, Genève, Francfort, Istanbul, Buenos-Aires entre autres).
Le concerto de violoncelle de Martinů fut écrit tout d'abord avec accompagnement d'orchestre de chambre. C'est en 1938 que le compositeur tchèque en établit la version définitive pour orchestre symphonique et la dédia à Pierre Fournier qui la créa à Paris avec Charles Münch. Dès lors, ce concerto accompagna la carrière du violoncelliste qui l'interpréta avec Kubelik plusieurs fois, avec Ansermet, avec Mitropoulos avant de le reprendre avec Sawallisch à Genève.
Quant au concerto de Schumann, il fut pour Fournier la relation de toute une vie. Relation de près d'un demi-siècle au moment de cet enregistrement, où se conjuguent harmonieusement le respect de la pensée du compositeur et l'expression de la nature de l'interprète.
Respect avons nous dit : Pierre Fournier eut beaucoup d'élèves, de disciples auxquels il inculqua quelques principes essentiels du jeu de l'instrument, mais auxquels il apprit surtout que l'interprète - s'il veut donner leur pleine valeur aux œuvres des grands auteurs - doit les aborder avec humilité et dans le respect du texte. C'est à ce prix seul qu'un tempérament d'artiste apparaît dans sa plénitude et peut alors apporter à la phrase musicale le supplément d'âme qui convainc et qui parfois bouleverse l'auditeur.
El sombrero de tres picos - Noches en los jardines de España - Homenajes / Raquel Lojendio, soprano - Jean-Efflam Bavouzet, piano - BBC Philharmonic - Juanjo Mena, direction