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  • Dimitri Chostakovitch

    Ouverture de Fête - Symphonie n°5

Exclusivement disponible en numérique
Référence : VEL3137 7619930313710 - 1 CD DDD - Enregistré en novembre 2008 à Shenzhen - Notes en français, anglais et allemand
En vente sur ce site depuis le 3 décembre 2009
Date parution numérique : 1 décembre 2009
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Dimitri Chostakovitch (1906-1975)

Ouverture de Fête, op. 96 (1954)
Symphonie n° 5 en ré mineur, op. 47 (1937)

Orchestre Symphonique de Shenzhen
Direction Philippe Entremont

oyageur infatigable à travers le monde, Philippe Entremont dirige régulièrement les orchestres de Shangai et Shenzhen. Ce programme Chostakovitch enregistré en novembre 2008 donne une idée de l'excellence de son travail à la tête de musiciens enthousiastes.
    L'Orchestre Symphonique de Shenzhen, créé il y a trente ans, est la plus ancienne formation symphonique permanente de Chine et se produit régulièrement en France, Allemagne, Espagne. Son premier violon solo fut pendant 15 ans celui du Metropolitan Opera de New-York. Cet orchestre comporte 30 % de musiciens internationaux venus des USA, Angleterre, Australie ou Russie.
    "C'est l'enregistrement récent qui m'a donné le plus de plaisir pendant les séances en studio. Les musiciens, tous d'un très haut niveau, ont très bien compris l'esprit de cette musique" déclara Philippe Entremont à son retour de Chine.
 

Détail des pistes :

CHOSTAKOVITCH Dimitri
Festive Overture, Op. 96
1 - 1     Festive Overture, op. 96 (6mn 33s )    

Symphony No. 5 in D minor, Op. 47
1 - 2     I. Moderato (16mn 43s )    
1 - 3     II. Allegretto (5mn 12s )    
1 - 4     III. Largo (13mn 18s )    
1 - 5     IV. Allegro non troppo (11mn 25s )    

Chostakovitch - Symphonie n° 5



     Dès la seconde partie des années 30, Staline met tout en œuvre pour imposer son pouvoir absolu. Une nuée de procès frappe les dirigeants historiques de la révolution bolchévique Zinoviev, Kamenev et Boukharine, tous les cadres de l’État et même les généraux de l’Armée Rouge. De mystérieux décès laissent pantois. Le dramaturge Gorki, qui n’était pas malade, meurt sans raison le 14 juin 1936. Une avalanche de lois promulguées par le dictateur permettent tous les crimes et même les enfants de douze ans peuvent être désormais condamnés à mort. Une terreur implacable, imprévisible, une machine à broyer lʼindividu favorise la délation et les règlements de compte.

    Les savants et les artistes doivent rendre compte, à tout moment, de la sincérité de leurs engagements. Impossible de concevoir plus atroce climat pour laisser libre cours à son imagination. Dimitri Chostakovitch est lui-même placé sous la menace. A trente ans passés de quelques mois, le compositeur a pourtant acquis une indéniable notoriété.

    Sa première symphonie fut créée par Bruno Walter en 1926 et « Le Nez », un opéra drolatique inspiré par une nouvelle de Gogol a fait de lui ce qu’il est convenu dʼappeler un compositeur en vogue. Mais « Lady Macbeth du district de Mzensk », un opéra qu’il a présenté dans sa ville natale, Saint-Pétersbourg (devenue Leningrad), a subi les foudres de la critique officielle. Accusée de porter atteinte aux valeurs de l’Union Soviétique, lʼœuvre est interdite, tout comme la quatrième symphonie. Elle vaut à Chostakovitch d’être interrogé, relâché, interrogé de nouveau, promis à la déportation, quand lʼofficier qui devait le condamner se trouve lui-même exécuté.

    C’est dans ce contexte dramatique que le compositeur amorce lʼécriture de la cinquième symphonie. D’avril à juillet, le voici qui travaille avec ardeur, espérant obtenir une éclatante réhabilitation et, pour cette raison, combinant les audaces harmoniques avec les conventions. Ce genre de composition plaît aux staliniens.

     Au soir du 21 novembre 1937, Dimitri Chostakovitch a gagné : la création de son œuvre déchaîne une ferveur populaire et reçoit le soutien des autorités politiques. S’il est vrai que les recherches ont laissé place à la sagesse, on ne saurait négliger la tension qui mobilise le compositeur. Une plainte s’élève des violons, lignes brisées, symboles de souffrances, qu’une mélodie ne suffit pas à réconforter. Les pizzicati de contrebasses et de violoncelles marquent chaque mouvement, ponctués de brutales percussions, forêt de dissonances à franchir coûte que coûte. Parfois, comme une clairière ouvre au promeneur égaré dans la nuit lʼespérance d’une libération prochaine, la musique enveloppe de douceur les esprits angoissés. Le temps n’est plus à l’ironie mais à la vérité. Le compositeur joue sa vie à chaque mesure. Lʼaccord majeur par lequel s’achève l’œuvre ne saurait tromper le monde : une lumière blafarde berce lʼensemble. Mais face à lʼoppression, Chostakovitch a préservé sa liberté de créateur. Une leçon que le temps ne saurait effacer.


Frédérick Casadesus

Chostakovitch - Ouverture de Fête



    En ce début novembre 1954, il est facile dʼimaginer dans quel état d’angoisse devait se trouver le chef d’orchestre du Bolchoï, Vassili Nebolsin. Il répétait le concert du 6 pour la célébration du 37e anniversaire de la Révolution dʼOctobre, quand il sʼaperçut qu’aucune œuvre liée à cet événement ne figurait au programme. Dans son désespoir, il sʼadressa à Chostakovitch, alors conseiller musical de cette scène lyrique.

    Le compositeur releva le défi et sʼengagea à écrire une œuvre dans lʼinstant. D’après Nikolayevitch Lebedinsky, musicologue et ami de Chostakovitch, le travail se déroula dans la bonne humeur : « Il parlait, ricanait, faisait des plaisanteries tout en composant ».

    LʼOuverture de Fête fut écrite et orchestrée en deux jours. Les membres du parti communiste furent satisfaits du concert.


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