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  • Gabriel Fauré - Richard Strauss

Exclusivement disponible en numérique
Référence : VEL3135 7619930313512 - 1 CD 61:59 - ADD - Enregistré en "live" le 20 février 1957 (Fauré) et le 17 mai 1961 (Strauss) au Victoria Hall de Genève - Notes en français, anglais et allemand
En vente sur ce site depuis le 4 juin 2009
Date parution numérique : 2 juin 2009
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Gabriel Fauré (1845–1924)
Requiem, op. 48

Richard Strauss (1864-1949)
Quatre derniers lieder (Vier letzte Lieder)
[D'après des poèmes de Hermann Hesse (1877-1962) et de Joseph von Eichendorff (1788-1857)]
Frühling (Printemps / Hesse)
September (Septembre / Hesse)
Beim Schlafengehen (En allant se coucher / Hesse)
Im Abendrot (Au crépuscule / Eichendorff)


Teresa Stich-Randall (1927-2007), soprano
Gérard Souzay (1918-2004), baryton
Union Chorale de la Tour-de-Peilz
Orchestre de la Suisse Romande
Direction Ernest Ansermet (1883-1969)

Détail des pistes :

FAURÉ Gabriel
Requiem, Op. 48
1 - 1     Introït & Kyrie (7mn 59s )    
1 - 2     Offertoire (9mn 13s )    
1 - 3     Sanctus (3mn 30s )    
1 - 4     Pie Jesu (3mn 53s )    
1 - 5     Agnus Dei (5mn 22s )    
1 - 6     Libera me (6mn 04s )    
1 - 7     In paradisum (3mn 57s )    

STRAUSS Richard
Vier letzte Lieder (Four last Songs)
1 - 8     I. Frühling (3mn 37s )    
1 - 9     II. September (4mn 53s )    
1 - 10     III. Beim Schlafengehen (5mn 01s )    
1 - 11     IV. Im Abendrot (7mn 18s )    

 Cliquez pour écouter le podcast lié :

Ernest Ansermet et Fauré/Strauss



    Il existe un enregistrement « officiel » du Requiem de Gabriel Fauré réalisé pour DECCA, en 1955, avec Suzanne Danco et Gérard Souzay sous la direction d’Ernest Ansermet. Le nôtre propose une version de concert, enregistrée à Genève le 20 février 1957. Etrange coïncidence si l’on songe qu’Ansermet mourra justement un 20 février, mais douze ans plus tard, à l’Hôpital Cantonal de cette même ville.

    De culture protestante, Ernest Ansermet avait un rapport très philosophique avec la religion. C’est lui qui, dit-on, avait choisi le verset qu’il souhaitait faire figurer sur l’annonce de sa mort : « Je sais en qui j’ai cru » ce qui signifie tout et rien à la fois. On se reportera au chapitre La phénoménologie de Dieu dans son ouvrage compliqué Les Fondements de la musique dans la conscience humaine pour comprendre un peu mieux sa propre pensée :
La question d’existence ne pouvant recevoir de réponse, croyance et incroyance ne prouvent rien : la croyance peut être naïve, illusoire ou de mauvaise foi ; l’incroyance, qui vise une représentation déjà concrétisée de Dieu, ne préjuge en rien de ce qui se passe dans l’existence psychique. Ne jugeons donc point de la fonction de Dieu dans la vie humaine par la croyance ou l’incroyance des hommes, mais par les signes de sa présence dans l’existence de l’homme en tant qu’être psychique.
    Cette conception, clairement énoncée, n’est pas si loin de celle d’un Gabriel Fauré qui se disait athée tout en composant ce splendide Requiem :
Mon Requiem, on a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi de la mort, quelqu’un l’a appelé une berceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je sens la mort : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux.
     Ce Requiem, loin de toute démonstration ostentatoire, est à écouter comme une très belle incitation à la sérénité. Ernest Ansermet en donne une interprétation très fidèle au texte, pleine de recueillement et de ferveur.

    Lorsqu’il dirigeait une œuvre chorale pour le concert ou pour le disque, il cherchait toujours à employer les forces locales de Suisse romande, pays dans lequel la tradition chorale est toujours très vive. C’est déjà avec la Société Chorale de la Tour-de-Peilz, une petite ville située au bord du lac Léman entre Vevey et Montreux, qu’il avait enregistré cette même œuvre, deux ans plus tôt pour le disque cité ci-dessus.

    La musique de Richard Strauss est peu courante sous la baguette d’Ansermet. Comme tous les grands chefs de sa génération, il en a bien sûr dirigé les poèmes symphoniques, mais les opéras ne faisaient pas partie de son vaste répertoire. L’occasion de l’entendre accompagner les Vier letzte Lieder avec une immense artiste comme Teresa Stich-Randall (qui chante aussi le Pie Jesu du Requiem de Fauré) est une aubaine.

    Les mêmes interprètes laissent deux enregistrements de concert de ce grand adieu à la vie, signé par un vieillard hanté par le souvenir d’un pays qui n’est plus. Celui qui a été choisi pour le présent disque déroule ses arabesques nostalgiques dans une sonorité crépusculaire où tout semble se déliter et s’abîmer dans une extase fatale.

François Hudry
© Cascavelle 2009 – Reproduction interdite


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