Référence : VEL3134 7619930313413 - 1 CD 69:17 - ADD - Enregistré en 1958, 1961 et 1961 au Victoria Hall de Genève - Notes en français, anglais et allemand En vente sur ce site depuis le 4 juin 2009 Date parution numérique : 2 juin 2009
Manuel de Falla (1876–1946) Noches en los jardines de Espana (Nuits dans les jardins d’Espagne)
I. En el Generalife - II. Danza lejana - III. En los Jardines de la Sierra de Cordoba Enregistré le 27 avril 1960
Homenajes, suite pour orchestre
I. Fanfare sobre el nombre de E. F. Arbos - II. Elegia de la guitarra (à Claude Debussy) - III. Spes Vitae (à Paul Dukas) - IV. Pedrelliana Enregistré le 24 février 1960
Claude Debussy (1862–1918) Iberia
Par les rues et par les chemins - Les parfums de la nuit - Le matin d’un jour de fête Enregistré le 24 septembre 1958
Maurice Ravel (1875–1937) Rapsodie espagnole
Prélude à la nuit - Malaguena - Habanera - Feria Enregistré le 15 mai 1961
Arthur Rubinstein (1887-1982), piano Orchestre de la Suisse Romande
Direction Ernest Ansermet (1883-1969)
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FALLA Manuel de Noches en los jardines de Espana (Nights in the Gardens of Spain) 1 - 1 I. En el Generalife (8mn 54s )
1 - 2 II. Danza lejana (4mn 16s )
1 - 3 III. En los Jardines de la Sierra de Cordoba (7mn 25s )
Homenajes, suite for orchestra 1 - 4 I. Fanfare sobre el nombre de E. F. Arbos (52s )
1 - 5 II. Elegia de la guitarra (à Claude Debussy) (3mn 03s )
1 - 6 III. Spes Vitae (à Paul Dukas) ( (4mn 10s )
1 - 7 IV. Pedrelliana (7mn 14s )
DEBUSSY Claude Iberia 1 - 8 Par les rues et par les chemins (7mn 07s )
1 - 9 Les parfums de la nuit (6mn 59s )
1 - 10 Le matin d’un jour de fête (4mn 50s )
Ernest Ansermet avait une connaissance particulièrement profonde de la culture et de la langue espagnoles, dont il disait volontiers que c’était sa deuxième langue maternelle. C’est d’abord par le biais des Ballets Russes qu’il découvre la péninsule ibérique.
En pleine guerre, nous sommes en 1916, l’Espagne est le seul pays où l’on peut encore se rendre et Diaghilev espère pouvoir y monter des spectacles. La troupe y passe ainsi deux saisons durant lesquelles Ansermet a l’occasion de rencontrer le roi Alphonse XIII qui lance au jeune chef : « Evidemment avec votre barbe noire, vous êtes tout à fait moscovite !» et Ansermet de répondre : « Non, Monsieur… Majesté, je suis Suisse !» Le roi, raconte Ansermet beaucoup plus tard et avec pas mal d’humour, « se mit à taper sur ses jambes, en trouvant très drôle que ce soit moi, un Suisse, qui dirige les Ballets Russes ! »
Après ces deux saisons en Espagne, la troupe s’embarque pour l’Amérique du Sud ; un voyage qui allait avoir d’immenses répercussions pour Ansermet puisqu’on lui confie, à Buenos Aires, la création d’un orchestre dont il sera le titulaire pendant dix ans. Dix ans sans été puisqu’il passera l’hiver à Genève et l’été (mais l’été argentin est notre hiver) en Argentine.
Ansermet avait un sens inné de la pulsation rythmique et de la couleur, deux qualités qui dégagent à la fois puissance et sensualité dans les œuvres de ce répertoire. Les affinités entre la musique de Manuel de Falla et Ernest Ansermet ne sont plus à démontrer. Aujourd’hui encore ses versions du Tricorne (pour DECCA), qu’il avait créées à Londres le 22 juillet 1919, restent une référence absolue par la cambrure et la vivacité qu’il insuffle de bout en bout à cette merveilleuse partition.
La collaboration Ansermet-Rubinstein s’est reproduite à plusieurs reprises au cours de la longue carrière de ces deux grands artistes qui s’estimaient hautement. Avec l’OSR et Ansermet, Arthur Rubinstein jouera de nombreux concertos, notamment ces Nuits dans les jardins d’Espagne dont les parfums capiteux nous enivrent lors de ce concert enregistré en 1960 à Genève. Parfums andalous qui sécrètent aussi dans cet enregistrement de concert une extraordinaire mélancolie.
L’œuvre la plus française de Manuel de Falla tisse des liens secrets aussi bien avec la Rapsodie espagnole de Ravel qu’avec Iberia de Debussy, ce qui est parfaitement illustré par le couplage de notre disque à travers les interprétations à la fois colorées, puissantes et expressives d’un chef ayant personnellement connu et côtoyé de près les trois compositeurs.
Les Homenajes sont largement postérieurs. Falla commence à composer ce cycle sous le coup de la tristesse ressentie à la nouvelle de la mort de son maître et ami Paul Dukas. Perfectionniste lui-même, il est toutefois horrifié en apprenant que Dukas a brûlé tous ses manuscrits inédits quelques jours avant sa mort. Les quatre pièces de ce moderne « Tombeau » sont dédiées à Enrique Fernandez Arbos à l’occasion de son 70e anniversaire, à Claude Debussy, à Paul Dukas et, le dernier, le plus développé, à son autremaître, le compositeur espagnol Felipe Pedrell.