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  • Johannes Brahms - Johann Sebastian Bach

Exclusivement disponible en numérique
Référence : VEL3133 7619930313314 - 1 CD 60:38 - ADD -Enregistré en "live" en 1952 (Brahms) et 1955 (Bach) - Notes en français et anglais
En vente sur ce site depuis le 24 septembre 2009
Date parution numérique : 22 septembre 2009
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Johannes Brahms (1833-1897)
Symphonie n° 4 en mi mineur, op. 98

Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Suite pour orchestre n° 2 en si mineur, BWV 1067 *

* André Pépin, flûte
Orchestre de la Suisse Romande
Direction Carl Schuricht

rand ami d'Ernest Ansermet, Carl Schuricht eut souvent l'occasion de diriger l'Orchestre de la Suisse Romande à partir de 1944. Hélas, cette fructueuse collaboration est très mal documentée par les enregistrements et ce concert de 1955 représente donc un véritable enrichissement de la discographie du grand chef allemand. Loin de toute lourdeur, la Quatrième symphonie de Brahms étonne par la vivacité de ses mouvements, la fluidité de son déroulement et un grand influx rythmique qui évoquent davantage Toscanini ou Fricsay que la grande tradition allemande.
    Une archive exceptionnelle rééditée dans d'excellentes conditions techniques.

 

Détail des pistes :

BRAHMS Johannes
Symphony No. 4 in E minor, Op. 98
1 - 1     I. Allegro non troppo (12mn 40s )    
1 - 2     II. Andante moderato (10mn 54s )    
1 - 3     III. Allegro giocoso - Poco meno presto (6mn 05s )    
1 - 4     IV. Allegro energico e passionato – Più Allegro (10mn )    

BACH Johann Sebastian
Overture (Suite) No. 2 in B minor, BWV 1067
1 - 5     Overture (7mn 40s )    
1 - 6     Rondeau (1mn 23s )    
1 - 7     Sarabande (3mn 48s )    
1 - 8     Bourrées 1 & 2 (2mn )    
1 - 9     Polonaise ; Double (3mn 26s )    
1 - 10     Menuet (1mn 17s )    
1 - 11     Badinerie (1mn 28s )    

Le grand répertoire revisité



    Ernest Ansermet appréciait tout particulièrement Carl Schuricht (1880-1967), son aîné de trois ans, autant le musicien, avec lequel il partageait une esthétique de la direction d’orchestre commune, que l’homme qui avait su se prémunir de toute collaboration avec le régime nazi. En 1944 Schuricht fut contraint à l’exil et Ansermet l’accueillit à Genève à bras ouverts.

    Etabli dans sa jolie maison de Corseau-sur-Vevey, il trouva sur les bords du Léman une seconde patrie et entama avec l’Orchestre de la Suisse Romande une collaboration particulièrement active qui ne fut que chichement documentée par le disque à la fin des années quarante : une 2e Symphonie de Beethoven, un Double Concerto de Brahms avec Georges Kulenkampff et Enrico Mainardi sont demeurés fort prisés des collectionneurs.

    Par bonheur, les témoignages de Carl Schuricht en concert avec l’Orchestre ne nous manquent pas et mériteraient une édition exhaustive tant, tout à la fois, leur concentration et leur liberté agogique délivraient des interprétations hautement inspirées à défaut d’être parfaites. Brahms fut toujours au centre du répertoire de Carl Schuricht et dès ses premiers concerts avec l’OSR les symphonies figurèrent à ses programmes.

    Cette captation de la Quatrième Symphonie donnée en 1952 – voici sa première publication en CD – étonne par la vivacité de ses mouvements métronomiques et la fluidité de sa lecture. Elle n’est pas si éloignée que cela des Brahms que prônaient alors à Genève Ernest Ansermet (qui enregistrera en février 1963 le cycle complet pour Decca) mais également Ferenc Fricsay, chef régulièrement invité par l’OSR.

    On y entend autant une culture d’orchestre bien spécifique que les traits particuliers du génie de Schuricht : clarté du spectre sonore, lecture tendant à une certaine objectivité, grand influx rythmique, toutes qualités qui rapprochent plus sa baguette de l’école toscaninienne que de la grande manière néoromantique de la tradition allemande. Brahms la composa en effet dans sa pleine maturité, mais l’oeuvre une fois terminée il lui restait tout de même encore une décennie de pleine activité créatrice.

    La quatrième Symphonie ne connut pas moins de 23 exécutions avant même que d’être éditée par Simrock en 1886, c’est dire son immédiat succès public, produit par le coup de génie que le compositeur opéra dans son finale. Brahms y réemploie avec un art flamboyant le thème en chaconne du chœur conclusif de la Cantate BWV 150 (Nach dir,Herr, verlangetmich), sujet d’une série de variations aussi inventives qu’organiques.

    La fascination qu’exerce cette structure parfaite ne s’est jamais démentie et l’on peut assurer que la conduction de l’œuvre, incroyablement unitaire – par exemple tous les thèmes sont élaborés autour d’une tierce – n’a pour but que de produire la catharsis de ce finale. Brahms la créa le 25 octobre 1885 avec l’Orchestre de la Cour de Meiningen, l’œuvre de Hans von Büllow est probablement alors le plus bel ensemble symphonique d’Allemagne.

    En 1955, Carl Schuricht programmait la Seconde Suite d’orchestre de Bach, d’abord pour y faire entendre le flûtiste solo de l’orchestre : André Pépin. La sonorité subtilement ombreuse de ce souffleur marque à jamais les enregistrements qu’Ansermet consacra au Prélude à l’après-midi d’un faune ou à la Seconde Suite de Daphnis et Chloé, et sous sa direction il laissa également une version en studio de cette Suite que Bach composa pour flûte solo, cordes et continuo.

    La couleur globale en est très française – elle fut certainement écrite pour le fameux flûtiste parisien Buffardin, membre de l’orchestre de Dresde et proche du compositeur. Bach la composa à Leipzig, pour le Collegium Musicum que Telemann avait fondé en 1702. Schuricht se garde bien de romantiser sa lecture, respectant scrupuleusement les maîtres à danser, et allégeant son quatuor d’orchestre.

Jean-Charles Hoffelé
© Cascavelle 2009 – Reproduction interdite

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