Référence : VEL3127 7619930312713 - 1 CD 70:02 - ADD - Enregistré en "live" le 22 mars 1956 (Dutilleux) et le 15 mars 1976 (Martinů) - Notes en français, anglais et allemand En vente sur ce site depuis le 5 février 2009
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DUTILLEUX Henri Symphony No. 1 1 - 1 I. Passacaille. Andante (9mn 52s )
1 - 2 II. Scherzo molto vivace (6mn 36s )
1 - 3 III. Intermezzo. Lento (7mn 30s )
1 - 4 III. Finale, con variazioni. Largamente (11mn 57s )
MARTINU Bohuslav Symphony No. 4 1 - 5 I. Poco moderato (6mn 50s )
1 - 6 II. Allegro vivo (9mn 24s )
1 - 7 III. Largo (9mn 28s )
1 - 8 IV. Poco allegro (8mn 21s )
Ernest Ansermet et Dutilleux / Martinù
Ernest Ansermet est resté jusqu’à la fin de sa vie à l’affût de nouvelles partitions. Sa découverte
d’Henri Dutilleux fut tout de suite suivie de la première audition suisse de sa
Première Symphonie. Ansermet n’a pu suivre le cheminement de Dutilleux que jusqu’aux
Métaboles. A sa mort, en 1969, le compositeur français travaillait à ce qui allait devenir
un de ses chefs-d’œuvre : Tout un monde lointain, le concerto pour violoncelle écrit pour
Rostropovitch. Il est probable qu’Ansermet aurait suivi avec passion la trajectoire
d’Henri Dutilleux qui illustre à merveille, me semble-t-il, ce qu’Ansermet appelait de ses vœux dans son
ouvrage philosophique (Les Fondements de la musique dans la conscience humaine). Dans
cette Première Symphonie, créée en 1952 au Festival d’Aix-en-Provence sous la direction
de Jean Martinon, le compositeur est en train d’établir un langage personnel qu’il trouvera
complètement peu après. Certains ont décelé dans cette symphonie des atmosphères
évoquant Honegger et Albert Roussel. « Je pense souvent à ce que vous avez fait,
à Genève, pour ma Première Symphonie, en faisant pénétrer en Suisse, grâce au prestige de
votre nom, ma première œuvre d’orchestre importante » écrira Dutilleux à Ansermet en
1960.
Une solide amitié liait Martinù et Ansermet. « Une chose s’impose, [chez Martinù] c’est
le caractère expressif de son œuvre – conforme par là à la tradition la plus constante de notre
art et qu’il a atteint par des moyens qui ne sont qu’à lui. » (Ernest Ansermet, 1945). Fidèle
au compositeur tchèque, le chef d’orchestre donnera de nombreuses œuvres de son
ami en Suisse comme ailleurs, répondant ainsi à cette lettre pathétique reçue de Martinù
en 1939 : « En ce moment, j’aurais bien besoin de votre aide, pour la propagande et pour
la Tchécoslovaquie ; c’est pour moi le seul moyen d’affirmer la volonté de vivre et la volonté de
liberté que d’être représenté par mes œuvres qui sont une partie de mon malheureux pays »
Ansermet jouera les œuvres de Martinù avec constance et conviction dans le monde
entier. La Cinquième Symphonie fut, par exemple, présentée en première audition américaine,
en 1948, avec l’Orchestre de la N.B.C. « prêté » pour l’occasion par Arturo Toscanini.
Quant à la Quatrième Symphonie objet du présent CD : « elle nous fait bien vivre
les quatre états d’âme typiques de l’homme, qui se sont incarnés dans les quatre mouvements
classiques de la symphonie, mais dans leur teneur concrète très particulière que leur a donné ici
Martinù. » (Ernest Ansermet)