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  • Charles Gounod

    Mireille (Intégrale)

Exclusivement disponible en numérique
Référence : VEL3098 7619930309812 - 2 CD 67:48 - 78:43 - DDD - Enregistré en "live" en novembre 1993 à l'Espace 2 au TML Opéra Lausanne - Notes en français, anglais et allemand, argument dans les 3 langues et texte intégral de l'opéra en français
En vente sur ce site depuis le 17 février 2009
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Charles Gounod (1818-1893)

Mireille, opéra en cinq actes et sept tableaux (1864)
Livret de Michel Carré d'après le poème provençal Mirèio de Frédéric Mistral
Première représentation au Théâtre Lyrique à Paris le 19 mars 1864

Danielle Borst, soprano (Mireille)
Bernadette Antoine, mezzo-soprano (Taven)
Hiroko Kawamichi, soprano (Vincenette)
Valentine Deschenaux, soprano (Clémence)
Christian Papis, ténor (Vincent)
Marcel Vanaud, baryton (Ourrias)
Jean-Philippe Courtis, basse (Maître Ramon)
Chris de Moor, basse (Maître Ambroise / Le passeur)
Yves Coudray, ténor (Andreloun)
Jean-Jacques Berger, baryton (L’écho)
Marie-Christine Clément, soprano (Une voix d’En-haut)
Chœur du TML Opéra Lausanne
Chœur d’enfants d’Epalinges
Orchestre des Rencontres musicales, Lausanne
Direction Cyril Diederich

Détail des pistes :

GOUNOD Charles
Mireille
1 - 1     Ouverture (6mn 14s )    
1 - 2     Act I : La cueillette (8mn 54s )    
1 - 3     Act I : Récit (2mn 09s )    
1 - 4     Act I : Récit (1mn 28s )    
1 - 5     Act I : Duo (8mn 14s )    
1 - 6     Act II : Farandole et chœur (3mn 34s )    
1 - 7     Act II : Chanson de Magali (4mn 25s )    
1 - 8     Act II : Farandole (1mn 19s )    
1 - 9     Act II : Récit (37s )    
1 - 10     Act II : Chanson (4mn 37s )    
1 - 11     Act II : Récit (50s )    
1 - 12     Act II : Air (5mn 55s )    
1 - 13     Act II : Récit (46s )    
1 - 14     Act II : Couplets (3mn 28s )    
1 - 15     Act II : Récit (3mn 30s )    
1 - 16     Act II : Final (11mn 39s )    
2 - 1     Act III : Le Val d’Enfer (4mn 54s )    
2 - 2     Act III : Chœur et duo (8mn 49s )    
2 - 3     Act III : Le Rhône (10mn 49s )    
2 - 4     Act IV : La Ferme de Ramon (10mn 02s )    
2 - 5     Act IV : Chanson d’Andreloun (3mn 10s )    
2 - 6     Act IV : Cavatine (2mn 28s )    
2 - 7     Act IV : Récit (59s )    
2 - 8     Act IV : Duo (8mn )    
2 - 9     Act IV : Le désert de Crau - Introduction et air (10mn 22s )    
2 - 10     Act V : L’Eglise des Saintes-Marie - Marche et chœur (3mn 09s )    
2 - 11     Act V : L’Eglise des Saintes-Marie - Cavatine (3mn 59s )    
2 - 12     Act V : L’Eglise des Saintes-Marie - Final (11mn 55s )    

Charles Gounod : Mireille



    Ce 19 mars 1864, l’affiche du Théâtre Lyrique annonce la création de Mireille, un opéra du Prix de Rome, Charles-François Gounod. Le public populaire de cette salle, peu habitué aux conventions des spectacles d’opéra, accueillera l’œuvre d’une façon plus que mitigée, appréciant fort le premier acte mais trouvant les tableaux suivants peu à peu à son goût, déconcentré qu’il était par l’absence de dialogues parlés et par le réalisme d’un livret qui tenait plus du fait-divers que de l’opérette d’Offenbach. Et, pour couronner le tout, l’héroïne, charmante et solaire, mourait à la fin…

    Dix représentations suivirent cette « Première » chaotique durant lesquelles Mireille, abîmée par les moyens vocaux défaillants de la femme du Directeur, Madame Carvalho, sembla vouée à une disparition probable du Répertoire.

    Malgré tout l’œuvre fut fréquemment reprise apportant, chaque fois, des modifications significatives destinées à la rendre plus accessible et moins « frustrante » pour un public charmé par le côté léger, frivole et ô combien agréable de l’opérette, genre très en vogue durant le Second Empire.

    Jusqu’en 1939, Mireille sera régulièrement amputée, modifiée, rognée, transformée ; on en arrivera même à faire ressusciter le personnage! Grâce aux ferventes recherches de Reynaldo Hahn, on reviendra enfin à la version originale et une partie de l’orchestration, égarée, sera reconstituée pas un fidèle disciple de Gounod, Henri Busser. Dès lors, Mireille ne quittera plus l’affiche et son succès populaire ne se démentira jamais!

    En septembre 1863, l’année où Berlioz crée son Roméo et Juliette, un an après la naissance du futur compositeur François Bizet, Charles-François Gounod trace fébrilement les dernières notes de Mireille, un opéra en trois actes d’après le fameux poème provençal de Frédéric Mistral : Mirèio. Gounod en est convaincu, Mireille sera un succès au moins aussi grand que celui de Faust de 1859!

    Pour composer cette œuvre ensoleillée, il s’était volontairement exilé, durant 3 mois, à Saint-Rémy de Provence, battant la campagne à la recherche d’impressions fortes, d’odeurs de lavande et de thym, tentant de découvrir la substantifique moelle de l’esprit provençal, regardant vivre hommes et femmes, « croquant » à même une toile posée sur un chevalet de campagne, tel un peintre, les coiffes des femmes, la beauté du costume. Retenir la transparence de l’air, la chaleur du soleil, ces mille et un détails qui feront de Mireille un véritable hymne à la Provence et non pas un agréable dépliant touristique destiné à présenter la Provence aux Parisiens!

    Pourtant, le véritable père de Mireille n’est pas Gounod! Celui qui l’a modelée de ses mains et de ses mots se nomme Frédéric Mistral. L’année où Gounod, avec son consentement et son appui, traduit sa Mirèio en musique, Mistral reçoit la Légion d’Honneur bien qu’il ne soit ni un mondain ni un habitué des cercles parisiens. Non! son succès d’homme de lettres, couronné 10 ans avant sa mort par l’attribution du Prix Nobel de Littérature, il le doit à son acharnement à sauver la langue provençale, à son absence de compromission, à la vérité de ses personnages et, également, à l’appui de personnalités remarquables tel Lamartine, fervent admirateur.

    Sa Mireille est l’archétype de la Provençale. Sa « fillette », comme il la nomme, il la veut passionnée, amoureuse, entière, jusqu’au-boutiste, dorée comme le soleil, sentant bon les herbes de Provence. Il veut qu’on ne puisse parler d’elle qu’avec l’accent! Mireille sera l’ambassadrice de sa Provence, le témoin d’une région de France en transformation, se « francisant », abandonnant peu à peu son identité et sa langue pour parler pointu des gens du nord.

    Mirèio fait partie de son plan de réhabilitation ou plutôt de sauvetage de la langue de ses ancêtres. C’est un poème épique en 12 chants et 6000 vers, écrit en provençal ; un conte forgé autour des légendes et des traditions de la culture méridionale. Grâce à une traduction sous forme bilingue provençal-français, Mireille ne restera pas une agréable page de folklore ignoré de l’intelligentsia parisienne et enthousiasmera lecteurs et écrivains renommés. « C’est ce pays qui fait le poème. On peint mal ce qu’on imagine, on ne chante bien que ce que l’on respire. La Provence a passé tout entière dans l’âme de son poète (…) » (Lamartine).

    Pour cette histoire d’amour, d’amour fou et de mort entre deux jeunes gens de milieux sociaux différents, pour la figure tyrannique d’un père qui ne veut pas donner sa fille à un va-nu-pieds, Gounod saura trouver les accents mélodiques forts et puissants, colorés et passionnés, enjoués et lumineux. De ces airs qui semblent faciles parce qu’on peut les fredonner en sortant de la représentation, tout en oubliant qu’ils appartiennent à une sorte d’héritage populaire et qu’on les chantonne… depuis toujours.

    Le tempérament passionné et peu exalté de Gounod ne pouvait que s’éprendre de cette Mireille entière, si pure. Mireille a ouvert la voie à Bizet pour ces ouvrages forts et assurés que sont Carmen et L’Arlésienne. Gounod, le bourgeois mystique un peu frileux aura donc, une fois au moins dans sa vie, été un précurseur, un « moderne » et si Mireille n’est pas son œuvre la plus célèbre (Faust l’est probablement!), elle reste pourtant sa partition la plus fine, la plus émouvante et la plus élégante.


Catherine DeVincenti
© Cascavelle 2009 – Reproduction interdite

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