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près avoir trempé un doigt ou deux dans le langage avant-gardiste de l’Ecole polonaise des années 60, Krzysztof Meyer (*1943) s’est écarté de cette voie – ainsi que la grande majorité des protagonistes principaux, il faut bien l’avouer – pour se tourner vers des idiomes moins dogmatiques et, par conséquent, plus purement musicaux. Ses œuvres les plus récentes s’appellent d’ailleurs tout bêtement Sonate, Symphonie, Quatuor, plutôt que Thréno-mégalomano-mélopée XXV,3 ou …auF deR deN diE daS a rose is a rose is a ro$e… ou autres titres ronflants, voire fumants. Conséquence, il est maintenant l’un des tout premiers compositeurs polonais, européens, mondiaux, ses œuvres sont commandées et jouées par les musiciens les plus prestigieux tels que Peter Pears, Heinz Holliger, Igor Markevitch, Dimitri Sikoïevski, Aurèle Nicolet, Boris Pergamentchikov et tant d’autres. Parmi les trois pièces de cette intégrale de musique pour violoncelle, deux furent d’ailleurs écrites pour David Geringas : la Canzona de 1981 et la Première sonate de 1983.
Meyer développe un langage dans lequel la mélodie occupe une place prépondérante, non pas la cantilène postromantique, mais une conduite contemporaine, moins orientée par l’harmonie que par la continuité du discours et l’émotion qui se dégage de tel ou tel enchaînement d’intervalles. Ni tonale, ni purement atonale, cette musique baigne dans une atmosphère de beauté pure. Notez que dans la Canzona, Meyer se sert du motif final de la symphonie Jupiter de Mozart : do ré fa mi. Ici encore, c’est la ligne qui prédomine au violoncelle, tandis que le piano se charge plutôt de la partie plus verticale, l’accompagnement – comme dans la Première sonate.
Plus proche encore de nous, la Seconde sonate date de 2004 : les deux instruments y sont traités en égaux. Là où la Première sonate explosait de vitalité entre furioso et con moto, la Seconde semble se replier dans des méandres plus contemplatifs, et même le feroce final reste férocement contemplatif. En tous les cas, Meyer est sans doute le compositeur contemporain polonais à suivre, dans la lignée de ses maîtres Penderecki et Lutosławski.
Détail des pistes :
MEYER Krzysztof
Sonata No. 1 for cello and piano, Op. 62
1 - 1 Misterioso (8mn 10s )
1 - 2 Furioso (5mn 20s )
1 - 3 Con moto (15mn 02s )
1 - 4 Canzona for cello and piano, Op. 56 (11mn 04s )
Sonata No. 2 for cello and piano, Op. 99
1 - 5 Mesto (7mn 22s )
1 - 6 Delicato (4mn 49s )
1 - 7 Grave (2mn 14s )
1 - 8 Feroce (10mn 14s )
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