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es Cinq symphonies de Martinů, œuvres de la grande maturité, furent écrites à la suite, sur une période de cinq ans, de 1942 à 46, au cours de son exil états-unien. Exil assez confortable quand même, puisque l’encre de ses œuvres n’était pas encore sèche qu’elles étaient déjà créées, par les orchestres de Boston ou Philadelphie ou Cleveland, excusez du peu. Cinq symphonies, cinq triomphes.
- Comment ça, mon cher monsieur, cinq symphonies ? Mais il en a écrit six !Et, ajouterais-je pour sauver votre serviteur de l’accusation d’enfiolage, les cinq symphonies forment réellement un tout stylistique ; Martinů les a toutes écrites d’un jet, dans un geste ample et rapide. Puis, en 1946, il se casse la bobine en tombant du balcon, ce après quoi il n’écrira plus de musique purement symphonique pendant six ans, préférant la musique de chambre, les œuvres concertantes, les opéras de poche. Et toc. La Cinquième ici présentée, summum de la forme « classique » chez Martinů (qui n’est pas très orthodoxe quand même, avouons-le), semble plus nostalgique que les quatre précédentes ; d’aucuns y voient la tristesse du compositeur obligé de rester aux Etats-Unis malgré la fin de la guerre, Prague ne lui offrant apparemment aucun poste… La Sixième, donc, Fantaisies symphoniques, transgresse allègrement le propre langage de Martinů lui-même, dans un modernisme ébouriffant, une coloration orchestrale chatoyante faite de clairs-obscurs phénoménaux, coloration que l’on retrouvera dans ses Fresques de Piero dalla Francesca de 1955. On pourrait même avancer qu’à certains moment, la couleur elle-même est l’objectif du compositeur, plutôt que la forme qui ne semble plus réellement son propos. Oui, vraiment, cette Sixième n’est déjà plus une symphonie, mais plutôt un ouvrage majeur de la modernité de l’après-guerre.
- Moui, moui… mais la Sixième ne porte pas exactement le nom de symphonie, puisque le compositeur l’a appelée Fantaisies symphoniques, et en plus, elle date de 1953, alors mon bel arrangement « une symphonie par année » tomberait à l’eau.
- Vous vous payez ma fiole ?
- Je n’oserais…
Détail des pistes :
MARTINU Bohuslav
Symphony No. 5, H 310
1 - 1 I. Adagio – Allegro (8mn 36s )
1 - 2 II. Larghetto (9mn 24s )
1 - 3 III. Lento – Allegro (11mn 48s )
Symphony No. 6 (Fantaisies symphoniques), H. 343
1 - 4 I. Lento – Allegro (9mn 31s )
1 - 5 II. Poco allegro (8mn 13s )
1 - 6 III. Lento (10mn 52s )
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