Référence : SISYPHE002 3760002130026 - 1 CD Digipack : 67:25 - DDD - Enregistré en février et mai 1999 en l'église de Malaucène (France) - Notes en français et anglais, et textes chantés en latin, français, anglais En vente sur ce site depuis le 3 mai 2000
Plain-chant & Faux-bourdons du XIXe siècle (Cambrai, 1840)
Cérémonie des Obsèques Levée de corps : Psalmus de profundis Procession vers l'église : Psalmus miserere Entrée dans l'église : Responsorium subvenite Messe des Morts
Ad introitum - Kyrie - Graduale - Tractus - Sequentia - Offertorium - Sanctus - Agnus Dei - Communion Absoute Autour du cercueil : Responsorium libera me Pendant qu'on emporte le cercueil : Antiphona in Paradisum En se rendant au cimetière : Canticum Benedictus
Les Paraphonistes
(Damien Poisblaud, chant, taille, dessus - Frédéric Richard, dessus, taille - Antoine Sicot, basse - Jean-Marc Vié, taille, dessus)
Direction Damien Poisblaud
e disque remet à l'honneur le chant d'église (extrait des livres de Cambrai de 1840) précédemment en usage dans les pays de vieille tradition catholique. Faire justice à un répertoire en train de disparaître et sur lequel on a prié dans les églises occidentales pendant quinze siècles, redonner au plain-chant grégorien son extraordinaire force d'évocation pour mener l'auditeur à une certaine expérience intérieure : telle est la visée des Paraphonistes, qui suppose la recherche de l'équilibre entre le souci d'exactitude historique et la prise en compte de la sensibilité actuelle.
Habitués à pratiquer les répertoires de musique ancienne et religieuse, ils partagent une même passion, celle de retrouver la saveur incomparable de ce chant étonnamment sobre et pourtant si riche.
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J'ai toujours rêvé de rentrer sur la pointe des pieds dans une église et de surprendre un chantre des siècles passés à chanter un office. Qui sait, peut-être serait-il enfin possible de goûter à la splendeur de ces chants qui arrachaient des larmes à Saint-Augustin ou qui ravissaient les assemblées ? Fascinés – et quelque peu méfiants à la fois –, nous guettons souvent la nouveauté et attendons de cette musique qu’elle nous livre enfin tous ses secrets.
Évidemment, il y a là une bonne part de rêve, car il n'est pas certain que tous les chantres aient su ravir leur public, ni même que toutes les formes musicales aient eu des effets aussi spectaculaires… Mais les limites et l'opacité de nos propres réalisations musicales nous font parfois caresser cette idée d'une musique idéalement belle, au pouvoir orphéique… Pourtant, un travail de recherche s’avère indispensable à la reconstitution de l’univers musical de nos églises d'antan, bien que, face aux pratiques vocales anciennes, nous soyons souvent assez démunis et que les résultats de la science ne suffisent pas toujours à rendre vivant le corps sonore que nous voudrions ressusciter.
Le groupe des Paraphonistes que j’ai créé en 1998 participe au travail de recherche sur les monodies liturgiques latines et propose une exécution appuyée sur les connaissances musicologiques et sémiographiques actuelles. Il s’intéresse au répertoire pré-grégorien, au répertoire dit « Grégorien » consigné dans les Graduels et les compilations de l’époque carolingienne, ainsi qu’aux formes plus modernes du plain-chant dans la France de l’Ancien Régime (comme les faux-bourdons). D’un point de vue stylistique, le travail du groupe s’organise principalement autour de trois questions :
― Comment produire le sens dans l’acte de chant lui-même ? Comment articuler l’énergie du texte avec celle de la mélodie, de façon à faire émerger le sens ?
― Quelle est la « vocalité » propre au chant d’église ? Autrement dit, avec quelle voix chanter ? Ce travail fondamental bouscule évidemment des habitudes vocales très répandues en Occident. Sur ce point les pratiques de chants traditionnels nous apprennent beaucoup sur la manière dont le corps dans sa totalité doit participer à l’émission sonore et nous aident à redéfinir une juste perception de l’espace où se déroule le chant.
― Quel genre d’intonation utiliser pour un répertoire presque totalement antérieur à l’avènement du tempérament égal en Occident ? Bien que nous n’ayons pas d’indications sur le type d’intervalles qui étaient pratiqués dans les monodies de l’octo échos, rechercher les sons naturels purs paraît le minimum que l’on doive faire pour s’approcher de l’esthétique du chant traditionnel d’église, aussi bien pour les monodies que pour les harmonies des faux-bourdons.
Cet enregistrement de la Messe des Morts est le fruit de plus d’un an de ce travail lent et minutieux de transformation progressive et d’apprentissage de l’art que nos chantres d’église apprenaient autrefois dès le plus jeune âge.