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on, alors si je comprends bien les termes du texte d’accompagnement de Naldjorlak, ce n’est pas ici de la « musique » mais de la « sculpture sonore ». Soit. Au marteau et au burin, voici donc la sculptrice française Eliane Radigue, jusqu’ici réputée dans le domaine de la musique minimaliste électroacoustique ; elle s’est saisi d’un violoncelle auquel elle fait gronder, au début du CD, un mi à mi-meuh, délibérément évocateur de grognements un peu animaux, sans recherche de justesse ou de sonorité « musicale ». Cela dit, après presque six minutes, se dégagent quand même des harmoniques naturels (six minutes de mi, c’est long, mais la note n’est pas bêtement tenue, elle est modulée, variée dans les grognements, de sorte qu’on assiste à une sorte de Klangfarbenmelodie sur une note unique…) Après sept minutes, c’est le mi de l’octave supérieure qui prend le dessus et là commence à s’opérer l’effet hypnotique ; à 9 minutes, le mi a lentement, lentement glissé vers un mi bémol qui s’amuse à évoluer, dans des grondements, des battements, des hoquets, jusqu’à la quatorzième minute où l’on retrouve le bon vieux mi initial. La transe s’installe, les harmoniques se dégagent à nouveau, l’ancien mi de base revient et s’évanouit dans le silence après 17 minutes… pour revenir et continuer de ne pas changer tout en changeant, chatouillant le fa, effleurant le mi bémol… Silences, glissades lentes, tellement lentes que l’on ne les reconnaît guère sauf en accordant une attention soutenue, envoûtés que l’on est – si l’on souhaite participer du principe – parce que là, votre serviteur en est déjà à 23 minutes et il en reste 36 de cette même et unique plage du disque. Mais vers la 36e minute, la sonorité s’élève, des crécelles ténues, ténues, oh si ténues, semblent résonner, jeu sur les harmoniques les plus éloignées, jusqu’à ce que, vers la toute fin du disque, ne subsistent plus que les frottements les plus transparents, fréquences suraiguës que ne perçoit presque plus l’oreilles humaine – l’instrumentiste joue alors derrière le chevalet, sur les deux fils métalliques qui retiennent le cordier sur l’éclisse, diaphane sifflement de fin du monde.
Détail des pistes :
RADIGUE Eliane
1 - 1 Naldjorlak (58mn 54s )

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Prokofiev : Alexandre Nevski, op.78 - Rachmaninov : Les Cloches, op.35 / Alfreda Hodgson, mezzo-soprano - Daniil Shtoda, ténor - Elena Prokina, soprano - Sergei Leiferkus, baryton - Philharmonia Ch. & Orch. - BBC Symphony Ch. & Orch. - E. Svetlanov, dir.
Boston Symphony Orchestra - William Steinberg, direction
ICAD5071 - Ica Classics
1 DVD vidéo Classique
Paru le 03/05/2012
Sonate pour piano n°2 - Berceuse - Nocturne - Variations / Katia Skanavi, piano