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  • 1 CD Classique - SHIIIN2
  • Charlemagne Palestine

    The golden mean

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Référence : SHIIIN2 3760180730025 - 1 CD Slipcase : 58:53 - Enregistré le 2 novembre 1979 à la Chapelle de la Sorbonne - Notes en français et anglais
En vente sur ce site depuis le 12 février 2009
Date parution numérique : 10 février 2009
  • Pour commander par téléphone :
  • 0892 259 770 (0,34 €/mn)
  • From Outside France (only) please dial +331 49269770
    English spoken
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Charlemagne Palestine (né en 1947)

The Golden Mean pour deux pianos

Charlemagne Palestine, piano

Détail des pistes :

PALESTINE Charlemagne
The Golden Mean
1 - 1     Part 1 (26mn 12s )    
1 - 2     Part 2 (14mn 25s )    

Charlemagne Palestine - The Golden Mean



    À la Chapelle de la Sorbonne, le pianiste aux cheveux bouclés et à la silhouette bien reconnaissable s’est assis, face au public, entre les claviers de deux grands pianos à queue Bösendorfer Imperial dont il a pris soin, auparavant, de bloquer la pédale forte pour relever les étouffoirs. Son nom est Charlemagne Palestine. Après s’être concentré quelques instants, il écarte les avant-bras et avance ses mains, l’une au-dessus du clavier de droite et l’autre au-dessus de celui de gauche. Lorsque, pour commencer, une seule et même note égrenée ne s’élève que peu à peu au-dessus du silence et que seulement au bout d’un long moment affleurent enfin les premiers accords, une image fantasmatique s’impose irrésistiblement dans notre esprit conduit à la méditation : celle de la naissance, à l’aube de l’humanité, de l’assemblage harmonieux de sons auquel certaines civilisations donneront plus tard le nom de musique…

    Les longues résonances provoquées par la frappe de plus en plus insistante d’octaves et d’accords précisément choisis sur les claviers des deux pianos vont entretenir un continuum sonore ininterrompu duquel vont émerger, d’un instrument à l’autre et dans un registre élevé, d’étranges fréquences appelées harmoniques au fort pouvoir hypnotique. Il est saisissant de constater de quelle façon nous sommes vite amenés, dans notre écoute, à mettre au second plan la frappe des doigts sur les touches pour mieux nous concentrer sur le jeu dans l’espace des ondes sonores que celle-ci engendre.

    Répétitive mais d’un rien irrégulière et avec même parfois un zeste d’asymétrie, cette frappe particulière, qui est un des apanages de l’art pianistique de Charlemagne Palestine, se détourne de toute notion de quadrillage rythmique qui sectionnerait le temps de fâcheuse façon et empêcherait l’auditeur de s’abandonner entièrement à la magie des longues résonances. On ne s’étonnera pas qu'après avoir chanté à la synagogue, Charlemagne Palestine, né en 1947 à Brooklyn, ait été durant six ans, parallèlement à ses études musicales et artistiques, carillonneur à l’église épiscopale Saint Thomas à New York : une expérience qui l’a beaucoup marqué. On pourra être surpris, en revanche, que son goût pour la transparence et la fluidité des ondes sonores se conjugue avec celui qu’il garde, d’une façon tout aussi vive, pour les « nounours » dont il aime s’entourer. « Lorsque j’étais enfant, explique-t-il, ces peluches me rassuraient, me protégeaient du monde extérieur. C’est la raison pour laquelle je les armais parfois de fourchettes et de couteaux… »

    Alchimiste minimaliste des résonances sonores, Charlemagne Palestine est aussi un des plus importants artistes de la performance new-yorkaise. Il y a, à cet égard, quelque chose d’héroïque et même de shakespearien dans la mise en représentation du personnage qu’il s’est choisi. Ainsi, peut-on le voir s’avancer à petits pas vers la scène, un éternel verre de cognac à la main et le dos voûté. « Pour ressembler à Quasimodo, le sonneur de cloches de Notre-Dame », s’amusera-t-il à nous confier… Mais qu’importe : dès que ses doigts se posent sur les touches d’ivoire, c’est très vite qu’il nous emporte avec lui dans son désir sans cesse relancé de s’accorder à la vibration fondamentale de l’univers.

Daniel Caux
© Shiiin 2009 – Reproduction interdite

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