Frédéric Chopin (1810-1849)
Études, op. 10 (À son ami Franz Liszt - 1833)
N° 1 en ut majeur - N° 2 en la mineur - N° 3 en mi majeur "Tristesse" - N° 4 en ut dièse mineur - N° 5 en sol bémol majeur - N° 6 en mi bémol mineur - N° 7 en ut majeur - N° 8 en fa majeur - N° 9 en fa mineur - N° 10 en la bémol majeur - N° 11 en mi bémol majeur - N° 12 en ut mineur "Révolutionnaire"
Études, op. 25 (À Madame la Comtesse d’Agoult - 1837)
N° 1 en la bémol majeur - N° 2 en fa mineur - N° 3 en fa majeur - N° 4 en la mineur - N° 5 en mi mineur - N° 6 en sol dièse mineur - N° 7 en ut dièse mineur - N° 8 en ré bémol majeur - N° 9 en sol bémol majeur - N° 10 en si mineur - N° 11 en la mineur - N° 12 en ut mineur
Maurizio Pollini, piano

estament publie pour la première fois l'intégrale des Etudes de Chopin par Maurizio Pollini. L'enregistrement fut effectué par EMI à Abbey Road, quelques mois après que Pollini ait gagné le Concours Chopin, le pianiste ayant déjà enregistré précédemment le Concerto n°1 avec le Philharmonia sous la direction de Paul Kletzki. Peter Andry, le producteur, se souvient avoir "rarement entendu une telle perfection", et en parle comme l'une de ses "plus grandes expériences musicales". L'enregistrement capte l'immédiateté, la clarté de jeu et la sensibilité du jeune pianiste de 18 ans, bien avant les futurs enregistrements chez Deutsche Grammophon. Tous ceux qui ont entendu ces bandes ont été frappés par le génie foudroyant du pianiste, enfin rendu disponible pour toutes et tous grâce au label Testament.
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Maurizio Pollini et EMI
«
Ce garçon joue mieux que n’importe lequel d’entre
nous
», déclara à ses collègues jurés – parmi lesquels
Nadia Boulanger – Artur Rubinstein, président du jury du
6e Concours international Chopin de Varsovie, lors de
la grande finale du 13 mars 1960. Le premier prix de ce
Concours Chopin, qui se tient tous les cinq ans, des
pianistes parmi les plus remarquables d’aujourd’hui l’ont
remporté, ainsi Martha Argerich (1965), Garrick Ohlsson
(1970), Krystian Zimerman (1975), Stanislav Bunin (1985) –
Vladimir Ashkenazy et Mitsuko Uchido furent quant à eux,
en 1955 et 1970 respectivement, couronnés d’un
deuxième prix. Pollini était en 1960 le plus jeune des
soixante-dix-sept candidats en lice, sa victoire ayant
marqué l’apogée d’une formation musicale commencée à
Milan, où il vit le jour le 5 janvier 1942 dans une famille
d’artistes et de musiciens, et complétée au Conservatoire
de sa ville natale.
Aussitôt après la victoire de Pollini à Varsovie, EMI
décida d’essayer de le prendre sous contrat d’exclusivité.
Ce fut un jeune «
pianophile
» américain et découvreur de
talents qui s’en chargea, Jacques Leiser, lequel travaillait
pour la filiale française d’EMI, qui à l’époque s’appelait
encore Pathé Marconi. Pollini accepta de rejoindre EMI et
des séances d’enregistrement furent très rapidement
programmées aux Abbey Road Studios d’EMI, à Londres,
pour un enregistrement de concerto réalisé dès avril 1960,
juste un mois après le concours de Varsovie. La direction
artistique du projet avait été confiée à Peter Andry, lequel
s’en fit l’écho dans son livre
Inside the Recording Studio
(Scarecrow Press, 2008) : «
Pollini commença de travailler
en vue de l’enregistrement du Concerto n°1 en
mineur
de Chopin avec le Philharmonia placé sous la direction du
chef d’orchestre polonais Paul Kletzki. C’était un
remarquable musicien et un excellent accompagnateur,
rôle exigeant une grande capacité d’empathie et de bonne
entente, surtout avec un jeune artiste ayant besoin du
soutien d’une main expérimentée. Lui-même et Maurizio
s’entendirent magnifiquement et tant les répétitions que
l’enregistrement furent très vite menés à bien. »
La veuve de Peter Andry, qu’EMI venait d’engager
comme secrétaire d’Andry, se souvient de Pollini arrivant
par ses propres moyens à Londres pour l’enregistrement du
Concerto. Il ne parlait pas anglais, mais comme elle avait
quelques notions d’italien, elle lui tint lieu d’interprète lors
des séances. Non pas qu’il ait eu beaucoup à dire : ce
jeune homme d’apparence fragile restait pour l’essentiel
dans son propre monde, ne semblant pas encore prêt à
affronter la pression d’une grande carrière internationale –
ce qui était d’ailleurs le cas, ainsi que Pollini lui-même l’a
confirmé dans une récente interview. Lors de sa parution,
l’enregistrement fut triomphalement accueilli par la
critique. Il allait très vite acquérir le statut de classique du
disque et n’a cessé à ce jour de figurer au catalogue EMI.
[…]
Tony Locantro
Traduction : Michel Roubinet
© Testament 2011 – Reproduction interdite
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