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  • 1 CD Classique - SBT1444
  • Jean Sibelius - Edward Elgar

    Concertos pour violon

5 de Diapason
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Référence : SBT1444 0749677144425 - 1 CD 79:40 - ADD Stéréo - Enregistré le 7 septembre 1993 au Royal Albert Hall à Londres (Sibelius) et le 22 février 1984 au Royal Festival Hall à Londres (Elgar) - Notes en français, anglais et allemand
En vente sur ce site depuis le 27 août 2009
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Jean Sibelius (1865-1957)
Concerto pour violon & orchestre en ré mineur, op. 47

Edward Elgar (1857-1934)
Concerto pour violon & orchestre en si mineur, op. 61

Ida Haendel, violon
Orchestre Symphonique de la ville de Birmingham
Direction Simon Rattle


da Haendel, née à la fin des années 1920, est une violoniste anglaise d'origine polonaise qui mena une carrière principalement dans les pays anglo-saxons mais figure parmi les plus grands artistes du 20e siècle. Une humilité devant la partition et un legato de diva rendent ses interprétations essentielles et ces deux concerts publiés pour la première fois confirment l'intensité émotionnelle de son jeu.

    Un témoignage également de son travail avec un orchestre et un chef qui allaient faire parler d'eux : le City of Birmingham Symphony Orchestra et son tout jeune chef Simon Rattle.

 

Jean Sibelius - Edward Elgar : Concertos pour violon



    Le 7 septembre 1993, Ida Haendel, Simon Rattle et le City of Birmingham Symphony Orchestra étaient réunis aux Promenade Concerts de Londres dans le Concerto pour violon de Sibelius. La presse souligna l’expérience particulière de la soliste dans cette œuvre. « La soirée de mardi nous a permis d’entrer émotionnellement en contact avec le passé », écrivit Edward Seckerson dans The Independent. « La ligne reliant directement Haendel à Sibelius couvre plus de cinquante années de prestations aux Proms. Elle a encore dans son coup d’archet le feu et la glace que requiert son Concerto, la sonorité couve toujours avec la même provocante intensité, temps et espace étant désormais de son côté. » Et dans The Guardian, Andrew Clements de préciser : « le concert de mardi s’est ouvert sur un Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy comme si Rattle avait tenté de suggérer un symbolisme à l’ardeur alanguie, de manière à produire un contraste aussi puissant que possible avec le robuste bon sens (très beethovénien, à ce qu’il sembla) d’Ida Haendel dans le Concerto pour violon de Sibelius ».

    Pour Barry Millington, dans The Times, Haendel « fit un retour ovationné aux Proms après une brève absence dans le concerto auquel son nom est inextricablement associé : celui de Sibelius. Cela fait maintenant un demi-siècle qu’elle joue cette œuvre, elle qui peut se flatter d’avoir reçu pour son interprétation l’approbation du compositeur. […] Bien que l’approche d’Ida Haendel nous soit familière, elle continue de forcer l’admiration par sa puissance et une maîtrise technique demeurée inentamée.  »

    Dans le Financial Times, Richard Freeman fit allusion à la position de l’Orchestre et de Rattle en ce début des années 1990 : « L’accueil réservé au City of Birmingham Symphony Orchestra fut manifestement en adéquation avec la célébrité qui est aujourd’hui la sienne, conquise à la force du poignet. Alors que les orchestres autrichiens et allemands entendent jouer la musique pour laquelle des siècles de tradition ont fait d’eux les meilleurs interprètes au monde, les orchestres britanniques ne prétendent à aucune exclusivité territoriale. Leur spécialité, c’est la diversité – la musique de toutes les époques, de toutes les nations.  »

    Ida Haendel entretient de longue date des liens étroits avec la Grande-Bretagne. Enfant prodige, elle commença sa carrière professionnelle au Queen’s Hall de Londres sous la baguette de Sir Henry Wood dans le Concerto pour violon de Brahms – son agent avait alors dû ajouter quelques années à son âge réel (prétendant qu’elle avait quatorze ans) avant qu’elle ne soit autorisée à jouer. Son nouveau pays d’adoption lui offrit la possibilité de se produire régulièrement aux Proms à partir de 1937, et notamment, en 1941, lors d’un concert donné en l’honneur du centenaire de la naissance de Dvořák.

    Durant les années de guerre, on put fréquemment l’entendre lors des concerts donnés à la National Gallery, à l’heure du déjeuner, pour soutenir le moral de la population – ce qui lui valut d’entrer pour la première fois en contact avec des artistes comme Myra Hess, laquelle avait initié cette série de concerts dès octobre 1939 en association avec Kenneth Clark, alors directeur de la Gallery. (Ces concerts, qui débutaient à 13 heures et dont le billet coûtait un shilling, se poursuivirent sans interruption jusqu’en avril 1946.)

    Ida Haendel se produisit également à travers les Îles britanniques dans le cadre des concerts de l’ENSA (Entertainments National Service Association) à destination des troupes (concerts organisés par Walter Legge qui, très vite, allait devenir l’un de ses directeurs artistiques), dans des conditions particulièrement difficiles et souvent sans orchestre ou même un piano – elle jouait alors des œuvres pour violon seul de Bach.

    Si Haendel avait commencé d’enregistrer pour Decca pendant la guerre, elle passa après-guerre chez EMI, enregistrant notamment les Concertos de Beethoven et de Bruch avec Rafael Kubelík et le Philharmonia (gravures reprises par Testament, SBT 1083). Elle continua de faire des disques en Grande-Bretagne pour EMI, Decca et Testament, en plus de ses prestations régulières en concert et en récital.

    La place qu’occupe Haendel dans la musique britannique lui a valu d’être promue en 1993 dans l’Ordre de l’Empire Britannique au grade de Commandeur (CBE), de même qu’en 2000 elle est devenue Membre du Royal College of Music de Londres.

    Haendel joua pour la première fois l’un des plus grands concertos pour violon du répertoire britannique, celui d’Elgar, « alors que j’entrai dans l’adolescence, lors d’un Prom concert sous la direction de Sir Adrian Boult [tous deux devaient réaliser par la suite, pour EMI, une gravure réputée de l’œuvre qui fut aussi l’une des dernières apparitions du chef dans un studio d’enregistrement – SBT 1146]. Il témoigne de tout ce qui fait l’originalité anglaise. Je ne connais aucun autre concerto qui lui ressemble – la cadence survient au moment précis où la plupart des compositeurs songeraient plutôt à conclure. Il faut alors être au meilleur de sa forme et rassembler toute son énergie – c’est ce que j’ai essayé de faire ! »

    Le Concerto de Sibelius est souvent présenté telle la « carte de visite » d’Ida Haendel – cliché journalistique que l’artiste elle-même réfute. Haendel apprit l’œuvre par elle-même dans les années 1940. « C’est l’un des plus grands défis de tout le répertoire ; il faut avoir la situation parfaitement en main. Ce n’est pas une œuvre pour les médiocres. Je le joue très lentement – chaque note ayant sa propre valeur. Maintenir le tempo et ne pas se précipiter est beaucoup plus difficile que courir d’un bout à l’autre. Il n’y a nulle part où se cacher si vous jouez chaque note. »

     L’une de ses premières interprétations eut lieu en 1949 à Helsinki avec l’Orchestre de la Radio Finlandaise – un engagement, selon le premier tome de son autobiographie Woman with Violin (Victor Gollancz, 1970), « accepté un peu à contrecœur, compte tenu d’un cachet très modeste et d’un voyage compliqué ».

    Néanmoins, cette interprétation d’« une œuvre dont je me sens très proche » fut radiodiffusée et entendue, grâce à une liaison radio spécialement aménagée à cet effet, par Sibelius lui-même. Avec pour résultat la lettre ici même reproduite.

    Haendel et Sibelius se parlèrent au téléphone – « il se félicitait lui-même plus qu’il ne me félicitait ! » – mais jamais ne se rencontrèrent. « Je voulais rendre visite à ce grand homme dans son sanctuaire, à Järvenpää », écrit-elle, « mais je n’étais pas maître de mes mouvements ; comme toujours, des considérations financières entrèrent en jeu et il me fallut quitter la Finlande dès que j’eus rempli mes engagements.  »

    Ida Haendel n’en continua pas moins de jouer ce Concerto. L’un des temps forts de son parcours Sibelius fut un concert donné à Milan sous la baguette de Sergiu Celibidache. « C’était comme si je voyais les plaines dénudées de Finlande. L’Adagio, abordé sur un tempo incroyablement lent, s’éleva jusqu’à une hauteur vertigineuse pour ensuite décroître et se perdre dans un silence rêveur à la toute fin -l’attaque du troisième mouvement faisant par contraste l’effet d’un coup de tonnerre.  » Elle eut de nouveau l’occasion de jouer ce Concerto en Suède avec Celibidache. En 1982, elle reçut le Prix Sibelius pour ses interprétations de l’œuvre.

    La version préférée d’Ida Haendel demeure néanmoins celle ici proposée, avec Simon Rattle, laquelle suivit de quelques semaines une autre prestation des deux artistes à Boston. À propos de ce concert « si particulier » de Londres, Haendel explique que « ce fut comme une interprétation à laquelle on aurait apporté les corrections nécessaires. À ceci près que, en l’occurrence, il n’y eut pas de corrections. Le tout d’un seul trait, en un même souffle. L’atmosphère et la température dans la salle étaient idéales. L’une de ces occasions – que l’on ne peut jamais prévoir – où tout fonctionne à merveille… ».

    En juin 2000, Ida Haendel se produisit au Wigmore Hall de Londres. Simon Rattle avait envoyé un message devant figurer dans le programme : « Jamais je n’oublierai Ida lorsque pour la première fois je l’ai entendue jouer. C’était à Liverpool – j’avais onze ans –, et je tombai en extase devant une dame petite mais extraordinairement imposante et qui semblait raconter une véritable histoire à travers les sons. Tant dans Mendelssohn que dans Chostakovitch, la virtuosité était tenue pour acquise, de sorte que toute l’attention se focalisait sur le contenu.

    «  Depuis lors, nous avons collaboré à maintes reprises, toujours avec grand plaisir. Ce qu’il y a de merveilleux, c’est que l’orchestre, invariablement, répond avec chaleur, que ce soit à Boston, Birmingham ou Berlin, attitude semblant vouloir dire, en manière de résumé : “c’est une chance qu’il y ait quelqu’un qui joue comme cela”. Parmi les souvenirs que je garde précieusement, il y a ces interprétations où elle met à nu comme personne la mélancolie de Brahms ou la douleur de Sibelius. Elle est bel et bien au nombre des quelques vraiment grands musiciens et chacun d’entre nous, nous qui avons été à ses côtés, sait la chance et le privilège que cela représente. »

Mike Ashman
Traduction : Michel Roubinet
© Testament 2009 – Reproduction interdite


Järvenpää, 31 mars 1949

    Chère Miss Händel,

    Veuillez accepter mes plus chaleureux remerciements pour votre aimable lettre et avant tout pour votre excellente interprétation de mon Concerto pour violon, que j’ai été ravi d’entendre. Vous l’avez joué à tous égards de façon magistrale.

    Je vous adresse tous mes compliments pour ce grand succès et me félicite par dessus tout que mon concerto ait ainsi trouvé une interprète d’un si rare niveau.

    Avec mes sentiments les plus sincères et mes meilleurs vœux,

    Bien à vous, Jean Sibelius

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