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  • 2 CD Classique - SBT1425
  • Ludwig van Beethoven - Johannes Brahms

5 de Diapason
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Référence : SBT1425 0749677142520 - 2 CD 48:11 - 43:21 - ADD Mono - Enregistré au Royal Festival Hall à Londres le 26 septembre 1971 - Notes en anglais, français et allemand
En vente sur ce site depuis le 28 août 2008
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Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Le Roi Etienne, ouverture en mi bémol majeur, op. 117
Concerto pour piano & orchestre n° 4 en sol majeur, op. 58 *

Johannes Brahms (1833-1897)
Symphonie n° 3 en fa majeur, op. 90

* Daniel Adni, piano
New Philharmonia Orchestra
Direction Otto Klemperer (1885-1973)

n septembre 1971, Otto Klemperer, âgé alors de 87 ans, dirigea avec un magnétisme inégalable ce qui devait être son dernier concert, présentant des œuvres de deux compositeurs essentiels dans sa carrière.
    Une occasion d’entendre également le trop rare pianiste israélien, Daniel Adni (né en 1951), élève de Vlado Perlemuter et de Geza Anda et qui débutait ici sa brillante carrière européenne.

 
 Cliquez pour écouter le podcast lié :
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Allemagne

Le dernier concert



    [...] Parlez à n’importe quel instrumentiste du Philharmonia [...] ayant travaillé avec Otto Klemperer, et vous aurez une foule de témoignages d’affection pour un musicien qui, lorsque les instrumentistes entraient dans le studio le matin pour enregistrer les Symphonies de Beethoven avec lui, était « déjà là, scrutant une partition qu’il avait dirigée toute sa vie ». Des commentaires comme « Je l’adorais – c’était un très grand homme », « Il était d’une grande intelligence, avec le sens de l’humour ; c’était un grand défenseur des personnes à titre individuel » [...] sont légion. [...]

    « Il vous laissait jouer de votre instrument et produire des sons – il vous donnait le temps de jouer », expliquait la violoniste Gillian Eastwood, se remémorant une conversation avec son collègue de pupitre : ils venaient juste de répéter Don Juan de Strauss, œuvre notoirement difficile, et avaient alors eu le sentiment que « c’était facile. J’ai pu jouer chaque note. » Même dans son grand âge, et après plusieurs accidents l’ayant affaibli, « chaque fois que Klemperer montait sur l’estrade et qu’il levait ses mains, la musique prenait vie ». [...]

    Jamais le concert du 26 septembre 1971 ne fut pensé tel un concert d’adieu de Klemperer à la musique « sur le vif ». Alors dans sa 87e année, le musicien avait bien l’intention de rester en activité. Il venait juste, contre l’avis d’EMI, d’avoir le dernier mot quant à l’interprète de Fiordiligi pour sa nouvelle intégrale de Così fan tutte (il voulait et obtint Margaret Price), avait approuvé le choix de Lorin Maazel comme chef invité du New Philharmonia, de même qu’il tenait à être présent pour les auditions d’instrumentistes.
    Pour 1971-1972, il avait programmé ses toutes premières interprétations en concert de la Huitième de Mahler et de Die erste Walpurgisnacht de Mendelssohn, tout en faisant part à EMI de son désir d’enregistrer le Requiem de Verdi, Euryanthe de Weber, la Quatrième de Sibelius et Orphée aux enfers d’Offenbach. Après bien des négociations (et un peu de surenchère avec Deutsche Grammophon), les parties se mirent d’accord sur un calendrier d’enregistrement portant sur la Große Fuge de Beethoven, la Serenata Notturna de Mozart, les Variations sur un thème de Haydn (« Choral de saint Antoine ») de Brahms et une intégrale de Die Entführung aus dem Serail de Mozart. Pourtant, selon Otto Freudenthal, pianiste et compositeur suédois ayant intensément assisté Klemperer (et joué pour lui) dans ses activités musicales, « les enregistrements de l’intéressaient pas ; il n’avait pas du tout la fibre pour cela. Les séances d’enregistrement n’étaient pour lui que des répétitions en vue des concerts ».

    1971 fut une année très active. Così fut enregistré puis aussitôt donné en version de concert. Klemperer commença d’apprendre l’hébreu, conseilla à Rafael Kubelík de ne pas devenir directeur musical du Metropolitan Opera (ce qu’il fit néanmoins, mais pour six mois seulement), dirigea Mahler à Londres (la Symphonie « Résurrection » pour le 60e anniversaire de la mort du compositeur) mais aussi Bach et Mozart à Jérusalem, et (selon Freudenthal) « continuait de travailler à son opéra Das Ziel ». (Le projet de l’enregistrer fut finalement abandonné à la propre demande de Klemperer.) Il revint à Londres en septembre et enregistra la Symphonie « Oxford » de Haydn – il était assez tendu, n’ayant jamais dirigé cette oeuvre en public, mais les séances se déroulèrent sans incident – et la Sérénade K.375 de Mozart. Un ensemble de jeunes instrumentistes du New Philharmonia interpréta son Quatuor à cordes n°7.

    Le concert qu’il s’apprêtait à diriger devait désormais (après modification du programme) se refermer sur la Troisième de Brahms, œuvre à laquelle Klemperer s’était de plus en plus intéressé dans la dernière partie de sa carrière et dont il aimait travailler le difficile équilibre entre vents et cuivres. Les répétitions (à l’Hammersmith Odeon et au Festival Hall) puis l’interprétation de la Symphonie furent filmées (à paraître chez Testament). Impressionné par un film qu’il avait vu à Zurich traitant de la persécution des juifs hollandais pendant la guerre, Klemperer en rencontra le réalisateur, Philo Bregstein, et accepta (après quelque hésitation) le principe d’un film sur sa propre vie. « Je lui ai demandé d’être le témoin de son siècle », explique Bregstein. L’histoire voulut que Bregstein en vienne à nous laisser un document plus important encore qu’il ne l’avait imaginé – l’ultime prestation en public de Klemperer – enregistrement qui prit toute sa valeur lorsque la BBC, qui devait filmer le concert lui-même, ne se présenta pas au Festival Hall. Officiellement autorisé à ne filmer que le premier mouvement, Bregstein laissa tourner sa caméra, quand bien même des officiels vinrent le trouver « tels des policiers, menaçant d’interrompre le concert en plein milieu ».

    Ce désir de Klemperer, même tard dans sa vie, « de sans cesse tenter de nouvelles choses » et qui impressionnait Bregstein aussi bien que Freudenthal, apparaît en pleine lumière dans sa préparation de la Symphonie de Brahms. La répétition offre une fascinante comparaison avec le travail réalisé sur la « Pastorale » de Beethoven avec le Philharmonique de Berlin (cf. Testament SBT2 1217). Dans le premier mouvement, il met son point d’honneur à rendre l’écriture de Brahms pour les vents aussi claire que possible, incitant le hautbois à « chanter haut et fort », à un moment donné, tout en modérant le poids de la sonorité des cordes. Il veille également à optimiser les indications expressives des parties de cordes et à faire ressortir l’important contre-chant aux cors, demandant fréquemment que les nuances notées pp soient jouées ppp. Tout cela résulte d’une intense écoute, de discussions sereines et d’une technique dans laquelle la main gauche était alors presque devenue le guide principal de l’interprétation.

    Trait également caractéristique, selon Freudenthal et Bregstein, le choix de Klemperer pour le soliste du Quatrième Concerto de Beethoven s’était porté sur le jeune pianiste israélien Daniel Adni, pour ce qui, en fait, étaient ses débuts publics en concerto (il n’avait même pas vingt ans à l’époque). Lors d’une audition pour Klemperer, un an avant ce concert, Adni avait joué l’Opus 110 de Beethoven – il se trouve que cette même Sonate était inscrite au programme de Zurich où le chef avait entendu pour la première fois Otto Freudenthal. Le pianiste se souvient être allé au Hyde Park Hotel (le 23 septembre) pour jouer devant « ce colosse au visage si imposant, assis les jambes croisées avec la partition, mais sans diriger, et qui sembla aimer mes tempos ». [...]

    L’interprétation de la Troisième de Brahms, selon Philo Bregstein et l’essentiel de la presse, fut « magistrale ». Klemperer se leva de bonne heure le lendemain matin afin de finir, avec ses huit solistes, l’enregistrement de la Sérénade à Abbey Road. Il signa un nouveau contrat avec EMI pour l’enregistrement de Die Entführung, la Passion selon saint Jean de Bach ainsi que d’autres projets pour 1973. Il revint à Londres en janvier 1972 pour diriger la Septième de Bruckner mais, affaibli à la suite d’une attaque de cystite, se sentit trop malade pour entamer les répétitions. Suivant l’avis de son médecin, il décida alors de limiter son activité de chef aux séances d’enregistrement. Il continua de travailler avec Otto Freudenthal et Karl Anton Rickenbacher sur les partitions de Mozart et de Bach retenues pour EMI mais, finalement, dut également renoncer à ces projets pour raison de santé.
    Après avoir eu le bonheur de revoir ses petits-enfants américains, Lotte Lehmann et Hans Curjel (dramaturge et directeur adjoint de son avant-gardiste Kroll Oper de Berlin), Klemperer mourut à Zurich le 6 juillet 1973. (Extrait du texte du livret, écrit par Mike Ashman - Testament © 2008)

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