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  • 1 CD Classique - SBT1421
  • Antonin Dvorak - Bohuslav Martinů - Ludwig van Beethoven

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Référence : SBT1421 0749677142124 - 1 CD 71:47 - ADD mono - Live : retransmission de la BBC lors du Festival d'Edimbourg le 30 août 1957 - Notes en français, anglais & allemand
En vente sur ce site depuis le 29 mai 2008
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Antonin Dvorak (1841-1904)
Variations symphoniques, op. 78

Bohuslav Martinů (1890-1959)
Incantation (Concerto pour piano & orchestre n° 4)

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Symphonie n° 5 en ut mineur, op. 67


Rudolf Firkušný (1912-1994), piano
Philharmonia Orchestra
Direction Rafael Kubelík
(1914-1996)

afael Kubelik quitta la Tchécoslovaquie pour l’Ouest en 1948 et s’installa en Angleterre où il dirigea souvent l’Orchestre du Covent Garden et le Philharmonia Orchestra pour des enregistrements EMI.
Ce disque propose le concert que le chef et l’orchestre donnèrent à Edimbourg avec la création européenne du Concerto pour piano n°4 de Bohuslav Martinů, dans une version exceptionnelle du bouillant Rudolf Firkušný.
Un concert au programme contrasté, capté dans de parfaites conditions et d’une rare perfection musicale.
 
À découvrir autour de cet album :

Musique Symphonique

Rafael Kubelík




    Pour le Philharmonia Orchestra, juillet et août 1957 furent avant tout une période d’activité réduite, ses membres disposant de beaucoup de temps libre pour partir en vacances ou honorer des engagements extérieurs, à titre individuel. La fin du mois d’août s’accompagna d’un retour à un travail concentré. Après deux jours de répétition au St. Pancras Town Hall de Londres, le Philharmonia se rendit à Édimbourg, au soir du 27 août, pour y poursuivre la préparation de trois concerts en trois jours sous la baguette de trois chefs différents.
    Otto Klemperer dirigea le premier concert, le 29 août, avec un programme réunissant des œuvres parmi ses préférées : la Symphonie n° 29 de Mozart et Das Lied von der Erde de Mahler, cycle faisant alors son entrée au répertoire du Philharmonia. Klemperer avait opté, suscitant la controverse, pour deux solistes masculins, le ténor Anton Dermota et le baryton Dietrich Fischer-Dieskau, cependant que son approche objective de la partition ne fut que moyennement goûtée des critiques.
    Rafael Kubelík (1914-1996) dirigea le deuxième concert, puis Eugene Ormandy referma ce bref passage du Philharmonia à Édimbourg avec un programme d’œuvres populaires de Tchaïkovski.

    Le concert de Kubelík, reproduit sur ce disque, proposait la première audition européenne du Quatrième Concerto pour piano de Martinů avec Rudolf Firkušný (1912-1994) en soliste, œuvre dont Firkušný avait assuré la création à New York en octobre 1956. Ami du compositeur, il avait également créé ses Deuxième et Troisième Concertos, les trois Concertos ayant été écrits à son intention – il reçut la dédicace du Troisième. Firkušný était un défenseur notoire de la musique pour piano d’un autre compositeur, Janáček, et avait été élève de composition du grand homme durant une dizaine d’années à partir de l’âge de cinq ans. Le pianiste devait écrire par la suite que Janáček, voyant en lui un intéressant « projet », s’était montré impatient de savoir ce qu’il pourrait obtenir comme professeur d’un petit garçon doué d’un talent musical.

    Rafael Kubelík avait quitté la Tchécoslovaquie communiste pour l’Ouest en septembre 1948, et sa réputation au Royaume-Uni s’était initialement et en grande partie construite sur de nombreux concerts et enregistrements sous label HMV avec le Philharmonia Orchestra. Son contrat avec EMI ayant expiré en septembre 1952, il était devenu artiste exclusif Decca : presque toutes ses gravures pour cette compagnie furent réalisées avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne, avec lequel il était justement en train de réaliser un cycle des Symphonies de Brahms. Il se produisait alors assez rarement avec le Philharmonia, qu’il n’avait plus dirigé depuis mars 1955.
    Le cœur de l’activité musicale de Kubelík ne s’en trouvait pas moins à Londres, le chef étant alors au milieu de cette période de trois ans où il fut directeur musical du Royal Opera House. Quatre saisons durant, après le départ de Karl Rankl en 1951, Covent Garden n’avait pas eu de directeur musical – Kubelík fut nommé en octobre 1954, avec prise de fonction à partir de la saison 1955-1956. Il y fit ses débuts en mai 1955 en dirigeant La fiancée vendue de Smetana, sa première prestation en tant que directeur musical ayant suivi en octobre de cette même année avec l’Otello de Verdi. Cependant sa tâche fut d’emblée rendue difficile. Sir Thomas Beecham s’était puissamment opposé à la nomination de Kubelík par le biais de lettres au Times, arguant que c’était un étranger – sur quoi survint une période d’instabilité financière qui pendant quelques temps menaça l’avenir même de la compagnie lyrique. À cette même époque, un autre chef fit de l’ombre à l’activité artistique de Kubelík : Rudolf Kempe, plein d’avenir à Covent Garden et qui avait connu au cours des deux années précédentes un immense succès critique et public dans le répertoire germanique, notamment dans une production du Ring de Wagner en 1954-1955. À tout cela s’ajouta le fait que Kubelík, victime d’un accident de voiture, dut suspendre ses activités durant plusieurs semaines au printemps 1956.

    Durant sa première année en tant que directeur musical, Kubelík, outre Verdi, ne dirigea que quatre opéras : La Bohème de Puccini, La Flûte enchantée de Mozart, La Reine de Pique de Tchaïkovski ainsi qu’une reprise de La fiancée vendue. C’est en 1956-1957 que Kubelík connut son plus grand succès à Covent Garden, avec une ambitieuse et première production au Royaume-Uni des Troyens de Berlioz. Hormis d’autres représentations de La Bohème, de La Flûte enchantée et d’Otello, il dirigea également Carmen de Bizet, Les Maîtres Chanteurs de Wagner et une autre première audition en Grande-Bretagne : Jenůfa de Janáček.

    Le concert de Kubelík au Festival d’Édimbourg eut lieu durant la suspension estivale de l’Opera House. Il s’était souvent produit avec Firkušný au fil des ans, ayant entre autres donné le Deuxième Concerto pour piano (1935) de Martinů à Londres avant la guerre, et lui aussi était un ami du compositeur. Il dirigea notamment la création de sa Cinquième Symphonie (1946) et du triptyque intitulé Les fresques de Piero della Francesca (1955), les premières auditions à Prague de la Deuxième symphonie (1943), de la Messe militaire (1939) et du Mémorial pour Lidice (1943) – village tchèque rayé de la carte le 10 juin 1942, de même qu’il réalisa les premiers enregistrements de la Quatrième Symphonie (1945) et du Double Concerto pour deux orchestres à cordes, piano et timbales (1938).

    Le bref Quatrième Concerto, en deux mouvements, est sous-titré « Incantation », intitulé qu’il convient de prendre, selon le compositeur, « en son sens le plus littéral, telle l’évocation de charmes magiques ». La prestation d’Édimbourg fut assez bien accueillie. Dans The Manchester Guardian, Neville Cardus écrivit que « le Concerto est trop subtilement agencé, trop virtuose sur le plan de la technique instrumentale, pour pouvoir être jugé d’importance secondaire », et d’ajouter que «Firkušný a joué Martinů comme il l’a toujours joué, avec élan, goût et spontanéité, prenant plaisir à toutes les envolées et défis techniques ». Dans The Daily Telegraph, John Warrack nota que le Concerto « séduit principalement en tant qu’ingénieux exercice de couleur – éblouissante – orchestrale et pianistique ».

    Dvořák fut toujours un compositeur intimement associé à Kubelík, et les Variations symphoniques (1877) étaient un choix judicieux pour ouvrir la première partie, tchèque, de ce concert. Au sujet de cette interprétation, Cardus eut dans son papier quelques commentaires moins amènes, regrettant « un manque inhabituel de vibrant engagement », « des attaques désordonnées et une texture terne ».
    On aurait parfaitement compris que le Philharmonia donne une interprétation quelque peu routinière de l’œuvre occupant la seconde partie : une Cinquième Symphonie de Beethoven témoignant d’un choix guère imaginatif, tant l’Orchestre l’avait récemment jouée de nombreuses fois. S’il semble que Cardus ait quitté le concert à l’entracte, le commentateur anonyme de The Scotsman écrivit que l’œuvre sonnait comme s’il s’agissait d’une première audition, tant le jeu témoignait d’enthousiasme, tandis que le correspondant de Evening Dispatch évoquait « une interprétation stimulante, nerveuse et pleine de tempérament, avec un Scherzo et un Finale radieux ».

    Le choix de la Symphonie « Pathétique » de Tchaïkovski pour refermer le troisième concert à Edimbourg sous la baguette, cette fois, d’Ormandy se révéla un funeste présage. À l’issue du concert, les musiciens du Philharmonia rentrèrent à Londres en vue d’y commencer pour Columbia, deux jours plus tard, un enregistrement de l’opéra de Strauss Capriccio. Tandis qu’il rentrait chez lui, l’incomparable et populaire corniste Dennis Brain perdit le contrôle de sa voiture et fut victime d’un accident mortel. Lors de la première séance d’enregistrement de Capriccio, l’état d’esprit des musiciens ne pouvait qu’être sombre à l’écoute de la brève confirmation par Walter Legge de nouvelles que la plupart d’entre eux avaient déjà entendues. Alan Civil reprit la partie de premier cor, puis les musiciens, sous la direction de Wolfgang Sawallisch, donnèrent le meilleur d’eux-mêmes pour cette première gravure de l’opéra de Strauss, promise à un succès retentissant.

Alan Sanders
Traduction : Michel Roubinet
© Testament 2008 – Reproduction interdite

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