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  • 1 CD Classique - SBT1397
  • Gustav Mahler

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Référence : SBT1397 0749677139728 - 1 CD 53:58 - ADD Mono - Enregistré en "live" au Musikverein de Vienne le 21 juin 1955 - Notes en français, anglais, allemand. Texte du dernier mouvement en langue originale allemande avec traduction anglaise
En vente sur ce site depuis le 26 janvier 2006
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Gustav Mahler (1860-1911)

Symphonie n° 4 en sol majeur, avec soprano (1899/1900)
Quatrième mouvement extrait des Knaben Wunderhorn : "Wir geniessen die himmlischen Freuden"

Teresa Stich-Randall, soprano
Orchestre Symphonique de Vienne
Direction Otto Klemperer (1885-1973)

’est Mahler en personne qui, en 1905, mit le pied de Klemperer à l’étrier, d’une simple recommandation écrite – tel était alors son pouvoir. En peu de temps, le jeune chef dirigeait les meilleurs orchestres d’alors et dès 1912, il s’attaquait à la Quatrième Symphonie qui devint une sorte d’œuvre-fétiche.
    C’est ici en public, avec l’excellente Teresa Stich-Randall – dans le séraphique dernier mouvement de cette Quatrième symphonie, la plus « légère » de Mahler –, qu’il nous livre sa lecture dont ont peut légitimement estimer qu'elle nous transmet la vision la plus fidèle à celle du compositeur lui-même. Personne, en tout cas, ne pourra imputer à l’âge du chef les tempi assez posés, un Klemperer qui était ici au sommet de sa carrière d’après-guerre. « Posé » ne signifie pas « lourd », car Klemperer sait investir chaque moment de la tension intérieure de l’œuvre qui cache, sous son aspect campagnard et presque mozartien, d’insondables déchirements.
Retrouvez Otto Klemperer chez Testament
 

Détail des pistes :

MAHLER Gustav
Symphonie n° 4 en sol majeur
1 - 1     Applaudissements    
1 - 2     Heiter, bedächtig. Nicht eilen    
1 - 3     In gemächlicher Bewegung. Ohne Hast    
1 - 4     Ruhevoll    
1 - 5     Sehr behaglich    

À découvrir autour de cet album :

Musique Post-romantique

Musique Symphonique

Autriche

Klemperer et Mahler




    Otto Klemperer, alors étudiant à Berlin, devint en 1905 accompagnateur d’Oscar Fried, chef du chœur le plus ancien de la ville, le Sterngesangverein. Lorsque Fried programma pour l’automne de cette même année la Deuxième Symphonie de Mahler, il chargea Klemperer de diriger la musique jouant en coulisse dans le dernier mouvement.
    « Le passage en question est extrêmement difficile car il renferme de constants changements de tempo qu’il convient de traiter avec le plus grand soin », se souvenait Klemperer (Minor Recollections, Dobson Books, 1964). « Mahler lui-même assista aux ultimes répétitions. M’étant rendu auprès de lui pour lui demander si la musique en coulisse avait été à sa convenance, il me répondit : “Non, c’était épouvantable – beaucoup trop fort.” Je me risquai à dire que la partition indique “sehr schmetternd” (retentissant). “Oui”, répliqua-t-il, “mais à une grande distance.” Je pris la chose à cœur et insistai auprès de mes musiciens (qui dans cette salle ne pouvaient être placés plus loin) afin qu’ils jouent le plus doucement possible lors du concert. Ce fut un formidable succès. Lorsque Mahler m’aperçut dans les loges, il vint aussitôt me serrer la main : “Très bien”. J’étais fou de joie. Je n’eus plus dès lors qu’un seul rêve, travailler avec Mahler. Lorsque je demandai à Fried quel serait, selon lui, le moyen d’attirer son attention, il me dit : “Il n’y a qu’une chose au monde qui intéresse Mahler, c’est sa propre musique.” Je me mis aussitôt au travail et commençai un arrangement pour piano à deux mains de sa Deuxième Symphonie. » Très impressionné d’entendre le jeune homme jouer par cœur le Scherzo de sa Symphonie, Mahler lui donna une recommandation notée sur une carte de visite : « Gustav Mahler recommande Herr Klemperer, un remarquable musicien qui, en dépit de son jeune âge, est déjà riche d’expérience et se trouve prédestiné à une carrière de chef d’orchestre. Il répond de l’issue satisfaisante de tout engagement à titre d’essai et s’engage avec plaisir à fournir personnellement toute information complémentaire. » Cette recommandation, écrivit Klemperer, « m’ouvrit toutes les portes. Mahler fut en définitive mon Creator Spiritus. » Elle devait lui assurer ses premiers engagements comme chef d’orchestre à Prague et à Hambourg.

    Si l’admiration de Klemperer pour Mahler dirigeant la musique d’autres compositeurs était presque sans limites, il se montra sélectif quant à la musique de Mahler que lui-même dirigeait. « Je ne suis pas du genre à déborder naïvement d’enthousiasme », expliquait-il à son biographe, Peter Heyworth . « Je n’aime pas tout ce qu’il a écrit ». Il ne tenait pas en haute estime la Troisième Symphonie ainsi que le Scherzo et l’Adagietto (« très joli, mais proche de la musique de salon ») de la Cinquième, de même qu’il renonça à la Première après l’avoir dirigée juste une fois (« je n’aime pas du tout le dernier mouvement ») et ne put jamais se résoudre à diriger la Sixième (« je dois dire honnêtement que je ne la comprends pas »). Quant à la Huitième, ce n’est que vers la fin de sa vie qu’il envisagea de la diriger, mais il était déjà trop tard.
    Tout comme l’"Héroïque" et la Cinquième de Beethoven, la Deuxième de Mahler devint l’un de ses talismans, cependant qu’il dirigea régulièrement, tout au long de sa carrière, la Neuvième, Das Lied von der Erde et la Quatrième Symphonie.
    Cette Quatrième Symphonie avait été la pièce maîtresse du tout premier programme dirigé par Klemperer dans une salle de concert, le 30 janvier 1912 à Hambourg. Louer une grande salle et engager des cordes supplémentaires ainsi qu’un premier violon invité constituait une coûteuse prise de risque, mais Klemperer en fut récompensé par un long commentaire détaillé et élogieux du principal critique musical de la ville. Lui-même écrivit par la suite à la veuve de Mahler, Alma : « Je n’étais pas véritablement content de moi durant les répétitions. Bien répéter est la chose la plus difficile qui soit. Nous savons tous deux qui s’y entendait. » Klemperer continua de se faire régulièrement le champion de Mahler. Si pendant tout le temps où il y fut Kapellmeister, au début des années 1920, il dirigea à Cologne au moins une partition importante de Mahler chaque saison, la Quatrième, pour quelque raison, demeura absente de ses concerts durant des années après 1930 – peut-être parce que, comme il l’expliqua au Philharmonique d’Israël lorsqu’il déclina l’invitation à la donner avec eux, « je veux, chez Mahler, faire quelque chose de plus difficile ».
    Klemperer renoua toutefois avec cette Symphonie après son retour en Europe, au lendemain de la guerre. Il la dirigea en effet au Festival de Salzbourg 1947 avec la Philharmonie de Vienne, lors d’un concert au programme assez étrange comprenant également une suite de The Fairy Queen de Purcell et la Troisième Symphonie de Roy Harris (partition découverte durant ses années américaines). Pour Mahler, la soliste était la soprano Hilde Gueden. Klemperer avait demandé une partition comportant les ultimes modifications apportées par Mahler à sa Symphonie en 1910-1911. Il ne l’obtint pas, mais plusieurs des critiques les plus sévères de Vienne virent dans son interprétation – bien que Klemperer, selon son biographe, fût dans un état plutôt dépressif – l’apogée du Festival.
    Ce succès raviva l’intérêt du chef pour cette musique et lui fit prédire, tout comme Mahler lui-même l’avait fait, que le temps de la reconnaissance viendrait pour le compositeur. Cette Symphonie, il l’avait également dans ses bagages lors de son retour à la Philharmonie de Berlin, en 1948 (le Berliner Zeitung s’était déclaré « captivé ») puis de sa tournée en Australie, en 1949, où ses incessantes critiques à l’égard de sa soliste (Elisabeth Schwarzkopf, avec laquelle il devait graver en 1961 son unique enregistrement commercial de la partition) ne l’empêchèrent pas de l’inviter à danser lors de la réception ayant fait suite au concert. Enclin à faire connaître, grâce à la radio, la musique de Mahler là où il n’avait que trop récemment été interdit, Klemperer programma également l’œuvre lors de concerts retransmis depuis Cologne (WRD, 1954), Berlin (RIAS, 1956) et Munich (Radio Bavaroise, 1956) – ces trois interprétations ont été publiées sous forme d’enregistrements pirates. En 1954, il donna également la Symphonie à Londres lors d’un rare concert (pour lui) avec le London Symphony Orchestra.

    La présente interprétation, concert d’après-saison au Musikverein avec l’Orchestre Symphonique de Vienne, date de cette époque où Klemperer donnait de nouveau régulièrement cette Quatrième. (Il y avait eu en première partie de programme la Symphonie « Jupiter » de Mozart.) Tout comme à Berlin, où Klemperer avait souvent des relations plus aisées avec l’« autre » orchestre de la ville, celui du RIAS, de même apprécia-t-il toujours, entre 1920 et 1963, ses concerts et ses enregistrements – également une tournée en Grèce – avec l’Orchestre Symphonique de Vienne. Après la guerre, il renoua avec l’Orchestre Symphonique de Vienne dès qu’il put obtenir l’autorisation de se produire à nouveau en Autriche, avec au programme la Septième de Bruckner et la Passion selon saint Jean de Bach (1947). Désireux d’utiliser au mieux le temps précieux qu’il passait en Europe, il accepta même de paraître à la tête de l’Orchestre Municipal [Städtisches Orchester] de Graz en juillet de la même année, avec de nouveau la Septième de Bruckner. C’est à cette occasion, à l’issue du concert et tandis que Herbert von Karajan le raccompagnait à Vienne en voiture, que Klemperer aurait gardé un silence renfrogné si ce n’est même dormi durant l’essentiel du trajet.

    Quatre ans plus tard, George de Mendelssohn-Bartholdy invitait Klemperer à réaliser pour Vox, avec le Symphonique de Vienne, des gravures destinées à ce nouveau support qu’était le microsillon. En seulement sept jours de mars 1951, Klemperer enregistra la Symphonie « Pastorale » (en cinq heures !) et la Missa solemnis de Beethoven, la Quatrième de Bruckner et Das Lied von der Erde de Mahler. D’autres séances monstres eurent lieu en avril et mai – trois concertos pour piano, le propre Psaume 23 de Klemperer, la Cinquième de Beethoven, la Deuxième de Mahler, « l’Italienne » et « l’Écossaise » de Mendelssohn. Ce fut cette dernière qui provoqua la rupture, le directeur artistique, en l’absence de Klemperer, ayant décidé de recourir à un autre chef pour les deux derniers mouvements et de publier le tout sous le nom de Klemperer. Bien que ces disques n’aient pas valu à Klemperer les dollars que Mendelssohn-Bartholdy avait promis, ils n’en furent pas moins les premières contributions de qualité à rendre compte de son art – ce fut aussi leur succès qui, en 1954, incita Walter Legge à proposer à Klemperer un contrat d’enregistrement avec la Columbia et le Philharmonia.

    Après Mahler, Klemperer revint diriger le Symphonique de Vienne à trois reprises dans ses compositeurs préférés : Bach (Suite n°3), Mozart (Symphonie n°29), Brahms, Beethoven et Bruckner (Septième). En 1963, le concert qui devait se révéler son dernier à la tête de l’Orchestre prit la forme, peut-être consciemment, d’une réponse au tout premier, en 1920 – un programme entièrement Beethoven, avec pour commencer la Symphonie n°2, puis une Ouverture (ici Coriolan, à l’époque Leonore III) suivie de l’une de ses deux Symphonies fétiches, l’« Héroïque » se substituant en 1963 à la Cinquième de 1920.

Mike Ashman (2005)
Traduction : Michel Roubinet
© Testament 2006 – Reproduction interdite

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