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Référence : ORR229 0792938022925 - 1 CD 78:27 - DDD - Enregistrements de 1979 à 1998 - Textes en anglais, dont une partie en français, anglais, allemand, italien En vente sur ce site depuis le 15 octobre 2004
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L'Ajo nell'imbarazzo (Le Précepteur dans l'embarras / 1824)
(Mélodrame joyeux en deux actes sur un livret de Jacopo Ferretti)
Ouverture Alfredo il Grande (1823) (1)
(Drame [opera seria] en deux actes sur un livret de Andrea Leone Tottola)
Acte I : Cavatine "Non è di morte il fulmine" Pietro il Grande, Kzar delle Russie (Pierre le Grand, tsar de Russie / 1819) (2)
(Mélodrame burlesque en deux actes sur un livret de Marchese Gherardo Bevilacqua-Aldovrandini)
Acte II : Sextuor "Ah qual colpo, oh ciel, qual fremito" Enrico di Borgogna (1818) (3)
(Mélodrame en deux actes sur un livret de Bartolomeo Merelli)
Acte I : Récitatif & Cavatine "Elisa ! Elisa ! Oh ! me infelice... Care aurette che spiegate" Zoraida di Granata (Zoraïde de Grenade / 1822) (4) (Intégrale : ORC17)
(Mélodrame héroïque en deux actes sur un livret de Bartolomeo Merelli)
Acte I : Finale "Qual tradimento è questo !... Ah ! ch'io provo di smanie, d'affetti" Chiara e Serafina ossia I Pirati (Chiara et Serafina ou Les Pirates / 1822) (5)
(Mélodrame semiserio en deux actes sur un livret de Felice Romani)
Acte II : Trio "Tremante, smarrito !" Zoraida di Granata : Version révisée (1824) (6) (Intégrale : ORC17)
Acte I : Cavatine "Era mia... mi amò... l'amai"... "Che mi giovò l'alloro" Le Nozze in villa (Les Noces de campagne / 1821) (7)
(Opéra-bouffe en deux actes sur un livret de Bartolomeo Merelli)
Acte II : Trio "In lei vegg'io l'oggetto" Gabriella di Vergy (1826) * (8) (Intégrale : ORC3)
(Action tragique en deux actes sur un livret de Andrea Leone Tottola)
Acte II : Air "Perchè non chiusi al di ?" Elvida (1826) ** (9)
(Drame en un acte sur un livret de Giovanni Schmidt)
Duo "Se geme a' tuoi lai" (Intégrale : ORC29) La Zingara (1822) (10)
(Drame [opera semiseria] en deux actes sur un livret de Andrea Leone Tottola)
Acte I : Cavatine "A te nell'appressarmi" L'Eremitaggio di Liwerpool (2e Version de 1828 de Emilia di Liverpool, 1824) (11) (Intégrale : ORC8)
(Mélodramme semiserio en deux actes sur un livret de Giuseppe Checcherini)
Acte II : Rondo final "Confusa è l'alma mia... Non intende il mio contento"
(1) Bruce Ford (Alfredo)
(2) Russell Smythe (Pietro) - Susan Bickley (Caterina) - Marilyn Hill Smith (Madame Fritz) - Kevin John (Carlo Scavronski) - Myrna Moreno (Annetta Mazeppa) - Jonathan Best (Cuccupis)
(3) Della Jones (Enrico)
(4) Bruce Ford (Almuzir) - Majella Cullagh (Zoraida) - Paul Austin Kelly (Abenamet) - Cristina Pastorello (Ines) - Dominic Natoli (Almanzor) - Matthew Hargreaves (Ali)
(5) Yvonne Kenny (Serafina) - Lynne Davies (Chiara) - Della Jones (Lisetta)
(6) Diana Montague (Abenamet)
(7) Diana Montague (Sabina) - Jonathan Viera (Don Petronio) - Paul Nilon (Claudio)
(8) Eiddwen Harrhy (Gabriella)
(9) Annick Massis (Elvida) - Jennifer Larmore (Zeidar)
(10) Bruce Ford (Fernando)
(11) Yvonne Kenny (Emilia) Philharmonia Orchestra Academy of St Martin in the Fields Royal Philharmonic Orchestra London Philharmonic Orchestra
Direction David Parry, *Alun Francis & **Antonello Allemandi
omme Verdi, le jeune Donizetti connut des années de galère avant la gloire. Il lui arrivait d’avoir à pondre jusqu’à quatre opéras alimentaires par an. Considérez même que Gabriella di Vergy, composé en 1826, l’un des opéras dont sont ici offerts des extraits (mais l'intégrale existe : cf. lien ci-dessus), ne fut jamais représenté ! Les autres datent de 1818 – Donizetti avait donc à peine vingt ans – à 1928, et il lui fallut encore attendre deux ans avant le succès de Anna Bolena.
Si les observateurs de l’époque oscillaient entre indifférence bienveillante et intérêt malveillant, ils avaient bien tort. Certes, Donizetti s'est inspiré de Rossini – l’incontournable et quasi-obligatoire modèle de l’époque – ou très souvent aussi de Mozart dont il est plus proche que ses contemporains italiens, mais il fait preuve ici d’infiniment d’imagination et de talent. L’intérêt de cet enregistrement est donc de nous montrer le jeune compositeur obligé de sacrifier à la mode, mais impatient de se montrer sous son propre jour et d’expérimenter avec des genres d’expression nouveaux.
Très bien documenté, le livret dont la majeure partie est en anglais donne le texte intitulé "Le jeune Donizetti" (cf. ci-dessous) également en français, allemand et italien.
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Comme Verdi, Donizetti est un compositeur qui a connu des années de galère. Pauvre et dans l'impossibilité de se faire rapidement un nom, il lui arrive de devoir « pondre » jusqu'à quatre opéras par an. Entré dans le monde de l'opéra comme élève de Simon Mayr, c'est en tant qu'imitateur de Rossini qu'il est bientôt connu – et le plus souvent dénigré, à l'instar de nombre de ses contemporains.
Il eut, certes, dès le début un certain succès avec des opéras comme Zoraida di Granata (Rome, 1822), La Zingara (Naples, 1822), L'ajo nell'imbarazzo (Rome 1824), Otto mesi m due ore (Naples, 1827), Le convemenze ed inconvemenze teatrali (Naples, 1827) et L'esule di Roma (Naples, 1828). Mais il faudra attendre Anna Bolena (Milan, 1830) pour qu'il soit reconnu à l'échelle européenne et qu'il rejoigne, dans l'opinion publique, les plus grands compositeurs de son temps.
La manière dont ses opéras sont accueillis dans la presse lors de leur création témoigne de cette ascension progressive. Si ses premières œuvres font parfois l'objet d'un compte-rendu favorable, il faudra attendre le célèbre terzetto du finale du premier acte de L'esule di Roma pour que son talent soit largement apprécié. Les louanges toutefois s'arrêtent là. C'est avec Anna Bolena qu'il conquiert véritablement l'Italie des mélomanes, notamment le redoutable critique milanais Luigi Prividali, propriétaire et rédacteur en chef influent du Censore Universale dei Teatri. Avant Anna Bolena, Prividali traitait Donizetti avec le plus profond mépris ; après Anna Bolena, il fait preuve à son égard d'un respect démesuré et servile – revirement total, on ne peut plus soudain et étonnant.
Et pourtant, dans ses œuvres de jeunesse, Donizetti fait parfois preuve d'une grande sensibilité et d'un talent prometteur. Le présent enregistrement en témoigne : les effets de couleur instrumentale et la progression harmonique de ses premiers opéras montrent l'influence hautement bénéfique de Mayr sur son élève. Lorsque le jeune compositeur arrive à Naples en 1822, Rossini – son aîné de quelques années seulement - domine la scène musicale dont il a façonné le goût depuis Elisabetta regina d'Inghilterra (1815) ; si Donizetti succombe inévitablement à son influence, il est néanmoins capable de faire preuve, à maintes reprises, d'inspiration et d'originalité. Donizetti, Mercadante, Pacini se trouvent tous dans l'obligation de se conformer au style rossinien, alors dominant. Ils ne manquent toutefois pas de potentiel – leur originalité n'attend que le moment opportun pour se manifester – et peu à peu ils trouvent le moyen de s'exprimer dans des styles musicaux qui, sans rompre de manière radicale avec les modèles rossiniens, manifestent et développent ici et là des traits d'une originalité indéniable.
Ce qui fait l'intérêt et la valeur de cet enregistrement, c'est qu'il nous montre un jeune compositeur obligé de sacrifier à la mode de son temps, mais impatient de penser par lui-même et constamment en train d'expérimenter avec des modes d'expression reflétant à la fois les situations qu'il met en musique et sa propre sensibilité artistique.