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Référence : ONYX4040 0880040404026 - 2 CD Digipack : 64:50 - 67:32 - DDD - Enregistré les 18 et 19 mars et du 20 au 22 octobre 2008 à Bolzano en Italie - Notes en français, anglais, allemand et italien En vente sur ce site depuis le 26 mars 2009 Date parution numérique : 24 mars 2009
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Sonates et Partitas pour violon seul, BWV 1001 à 1006 (Intégrale)
Sonates N° 1 en sol mineur, BWV 1001 - N° 2 en la mineur, BWV 1003 - N° 3 en ut majeur, BWV 1005
Partitas N° 1 en si mineur, BWV 1002 - N° 2 en ré mineur, BWV1004 - N° 3 en mi majeur, BWV 1006
Viktoria Mullova, violon G.B.Guadagnini, 1750
a violoniste-star russe Viktoria Mullova (de sa vraie orthographie Виктория Муллова) a attendu d’être âgée presque d’un demi-siècle pour se lancer dans cette entreprise qui semble être une sorte de Graal pour tout violoniste : l’intégrale des Partitas et Sonates de Bach pour violon solo. Certains découvrent le calice très tôt (même si pour Bach, comme le Saint-Calice, le chemin est le but véritable, la quête est elle-même l’aboutissement toujours renouvelé), d’autres plus tard, d’aucuns cherchent, mais que ce soit tôt ou tard, beaucoup ne s’en approchent jamais. Mullova aurait-elle découvert la voie ?
Lorsque Mullova étudiait au Conservatoire de Moscou, ses professeurs, élevés au biberon de la tradition autoproclamée, exigeaient d’elle qu’elle produisît une sonorité qu’elle qualifie elle même de « orgue imaginaire » : un son constant, large, uniforme, vibrato régulier sur chaque note, pour un résultat raide et monotone. De nos jours, de telles remarquent font sourire certains, grincer des dents d’aucuns, mais force est de constater que Mullova a su se débarrasser de ces curieux standards artificiels et figés ; elle préfère maintenant se laisser guider par le discours musical, par les tensions et détentes harmoniques qui créent l’équilibre, avec un vibrato raisonné, de manière à atteindre une élocution naturelle, simple, évidente, qui n’a plus rien de stationnaire.
Il est à noter que pour ce répertoire, elle a fini par passer aux cordes en boyau et aux archets représentatifs de l’ère baroque…
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1 - 2 II. Fuga: Allegro (4mn 58s )
1 - 3 III. Siciliana (2mn 42s )
1 - 4 IV. Presto (3mn 31s )
Partita for Violin Solo No.1 in B minor, BWV 1002 1 - 5 I. Allemanda (4mn 30s )
1 - 6 II. Double (4mn 03s )
1 - 7 III. Corrente (3mn 36s )
1 - 8 IV. Double: Presto (3mn 26s )
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1 - 16 IV. Allegro (5mn 45s )
Partita for Violin solo No.2 in D minor, BWV 1004 2 - 1 I. Allemanda (4mn 20s )
2 - 2 II. Corrente (2mn 37s )
2 - 3 III. Sarabanda (4mn )
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2 - 7 II. Fuga (9mn 18s )
2 - 8 III. Largo (2mn 52s )
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2 - 11 II. Loure (3mn 39s )
2 - 12 III. Gavotte en rondo (3mn 04s )
2 - 13 IV. Menuet I (1mn 45s )
2 - 14 V. Menuet II (2mn 43s )
2 - 15 VI. Bourrée (1mn 33s )
2 - 16 VII. Gigue (1mn 49s )
Johann Sebastian Bach : Sonates et Partitas pour violon seul
Cet enregistrement des Sonates et Partitas est la réalisation d’un désir qui me tenait particulièrement à cœur. Depuis mon enfance, j’ai toujours eu un rapport très intense à la musique de Bach et j’ai su dès le départ qu’elle occuperait une place centrale dans ma vie. Pourtant, comprendre son univers n’a pas été facile et j’ai traversé plusieurs moments de découragement. Pendant très longtemps, tout en jouant et étudiant très régulièrement ces morceaux, je ne parvenais pas à trouver le moyen d’exprimer sur l’instrument ce que je ressentais dans mon cœur.
Quand j’étais au conservatoire de Moscou, mes professeurs m’ont enseigné des règles sévères concernant l’exécution de la musique de Bach : ces règles correspondaient au goût de l’époque, selon lequel il fallait avant tout produire une belle sonorité, utiliser une articulation large et uniforme, créer des phrases très longues et vibrer en permanence et avec régularité sur chaque note. Il s’agissait, me disait-on, d’imiter le son de l’orgue. Je me rends compte que ces règles peuvent faire sourire aujourd’hui, mais elles représentent bien l’esthétique dans laquelle j’étais plongée.
Au cours de ces années, mes Sonates et Partitas devinrent rigides, monotones et encore plus difficiles à jouer, parce que cet enseignement m’avait privée des bases essentielles pour comprendre les partitions baroques. Je jouais presque sans articulation, sans relations entre les temps forts et les temps faibles qui sont naturellement liés aux coups d’archet. Et surtout, je ne comprenais pas les relations harmoniques, alors qu’il est indispensable d’en avoir conscience pour évoluer librement à travers le discours musical. Je tentais de compenser ces gros problèmes par une énorme quantité de travail, mais tout me paraissait incroyablement difficile et physiquement impossible à soutenir.
Ensuite, j’ai quitté mon pays, j’ai commencé à voyager et à donner beaucoup de concerts. Il me fallait toujours répéter les mêmes morceaux, passer beaucoup de temps seule à étudier et à voyager. Je n’avais que très peu de temps pour préparer un nouveau répertoire et approfondir ce que je connaissais ou croyais connaître.
C’est pendant une période de répétitions à Paris que j’ai eu la chance inespérée de rencontrer Marco Postinghel, un jeune fagottiste et joueur de continuo qui avait traversé les mêmes incertitudes que moi par rapport à la musique baroque. Grâce à une précieuse amitié, il m’a accompagnée dans un voyage éprouvant mais magnifique qui nous a menés à cet enregistrement. Je me souviens que, dès le premier soir, en quelques heures, il m’a appris plus de choses sur la musique ancienne que tout ce que j’avais pu entendre ou imaginer jusqu’alors. Personne ne m’avait encore expliqué aussi clairement les rapports multiples qui régissent le discours musical, surtout celui de Bach : la tension harmonique, l’articulation, la polyphonie, le contrepoint, la forme etc. Et il m’expliquait tout cela avec un enthousiasme vraiment contagieux.
J’ai compris que ma préparation artistique n’était pas au niveau de mes facultés instrumentales et que cette grave lacune nécessitait une période de réflexion et d’étude. J’ai immédiatement annulé un enregistrement des sonates avec clavecin de Bach prévu pour les jours suivants et je me suis jetée à la découverte de tout ce qui concernait la musique ancienne. J’ai lu beaucoup d’œuvres de compositeurs comme Biber, Leclair, Tartini, Corelli, Vivaldi et bien d’autres encore, dont j’imaginais qu’ils pourraient m’aider à mieux comprendre la musique de Bach.
Après avoir écouté d’innombrables concerts et enregistrements d’artistes comme Harnoncourt, Gardiner, Giovanni Antonini et son excellent ensemble « Il Giardino Armonico », et Ottavio Dantone, l’un des meilleurs interprètes de Bach que je connaisse, je me suis sentie profondément fascinée par leur travail. En m’appuyant sur cette inspiration et toujours soutenue par mon ami Marco, j’ai repris le répertoire baroque à zéro, de manière entièrement nouvelle et finalement organique. Au début, j’utilisais encore l’instrument moderne, mais au fur et à mesure que je comprenais mieux l’esthétique du XVIIIe siècle, je suis passée naturellement aux cordes en boyau et aux archets baroques.
Peu à peu, les musiciens que j’admirais tant et qui, sans le savoir, m’avaient aidée dans mes recherches, ont commencé à m’inviter à jouer avec eux, ce qui m’a procuré une joie immense ! Ce témoignage de confiance de leur part m’a poussé à travailler encore plus intensivement et à placer le répertoire baroque au centre de mes préoccupations artistiques. À tel point qu’aujourd’hui Bach est devenu nécessaire à mon équilibre émotif, un véritable bien-être de l’âme. (Une expérience comparable à la méditation.)
Désormais, quand il m’arrive d’écouter mes vieux enregistrements de Bach, je suis toujours surprise de l’énorme changement qui s’est opéré dans ma manière de jouer. Je reconnais la violoniste, mais pas la musicienne. J’ai parfaitement conscience que l’interprétation d’une musique aussi géniale que celle de Bach est un voyage qui ne se terminera jamais, et que le présent enregistrement pourra un jour me surprendre et me paraître dépassé !
Mais j’espère au moins qu’il témoigne du sérieux, du respect et de l’amour avec lesquels j’ai cherché à me rapprocher de cette musique éternelle.
Préludes I & II - Images - Pour le piano - Petite Suite - En blanc et noir - Épigraphes antiques - Études - Estampes - Suite bergamasque - Children’s Corner... / Pascal & Amy Rogé, piano