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Référence : KML1120 8033712871202 - 1 CD Digipack : 61:36 - DDD - Enregistré le 9 juin 2009 au Studio K - Notes en français et anglais En vente sur ce site depuis le 24 septembre 2009 Date parution numérique : 22 septembre 2009
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Trois Gymnopédies (1888)
Première Gymnopédie (Katia) - Deuxième Gymnopédie (Marielle) - Troisième Gymnopédie (Katia)
Trois morceaux en forme de poire pour piano à quatre mains (1903)
Manière de commencement - Prolongation du même. Au pas - I. Lentement - II. Enlevé - III. Brutal - En plus - Redite
Trois Petites Pièces montées pour piano à quatre mains (1920)
I. De l'enfance de Pantagruel (rêverie) - II. Marche de Cocagne (démarche) - III. Jeux de Gargantua (coin de polka)
Embryons desséchés : II. d'Édriophtalma (1913 / Katia) Avant-dernières Pensées : I. Idylle, à Debussy (1915 / Marielle)
Sports et divertissements (1914 / Marielle)
Choral inappétissant - La Balançoire - La Chasse - La Comédie italienne - Le Réveil de la mariée - Colin-Maillard - La Pêche - Le Yachting - Le Bain de mer - Le Carnaval - Le Golf - La Pieuvre - Les Courses - Les Quatre-Coins - Le Pique-Nique - Le Water-Chute - Le Tango perpétuel - Le Traîneau - Le Flirt - Le Feu d'artifice - Le Tennis
Véritables Préludes flasques pour un chien : N° 1. Sévère réprimande (1912 / Marielle)
Katia Labèque & Marielle Labèque, piano
rtistes hors du commun, Katia et Marielle Labèque proposent ici un programme Erik Satie faisant alterner pièces pour piano seul et morceaux à 4 mains. Un parfait dosage entre humour, sensibilité et mystère qui permet d'entrevoir le vrai visage d'une personnalité musicale complexe et fantasque.
C'est une rarissime occasion d'entendre les deux sœurs jouer séparément, et, pourquoi pas?, de s'amuser à les reconnaître.
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SATIE Erik 3 Gymnopédies 1 - 1 Première Gymnopédie (3mn 33s )
1 - 2 Deuxième Gymnopédie (3mn 17s )
1 - 3 Troisième Gymnopédie (2mn 50s )
Trois morceaux en forme de poire 1 - 4 Manière de commencement (3mn 34s )
1 - 5 Prolongation du même. Au pas (47s )
1 - 6 I. Lentement (1mn 13s )
1 - 7 II. Enlevé (2mn 16s )
1 - 8 III. Brutal (2mn 52s )
1 - 9 En plus (2mn 36s )
1 - 10 Redite (1mn 11s )
Trois Petites Pièces montées 1 - 17 I. De l'Enfance de Pantagruel (rêverie) (16s )
1 - 18 II. Marche de Cocagne (démarche) (35s )
1 - 19 III. Jeux de Gargantua (coin de polka) (26s )
Embryons desséchés 1 - 20 II. d'Édriophtalma (50s )
Avant-dernières pensées 1 - 21 I. Idylle, à Debussy (49s )
Sports et divertissements 1 - 22 Choral inappétissant (34s )
1 - 23 La Balançoire (32s )
1 - 24 La Chasse (37s )
1 - 25 La Comédie italienne (30s )
1 - 26 Le Réveil de la mariée (29s )
1 - 27 Colin-Maillard (20s )
1 - 28 La Pêche (46s )
1 - 29 Le Yachting (25s )
1 - 30 Le Bain de mer (36s )
1 - 31 Le Carnaval (1mn 13s )
1 - 32 Le Golf (22s )
1 - 33 La Pieuvre (38s )
1 - 34 Les Courses (27s )
1 - 35 Les Quatre-Coins (41s )
1 - 36 Le Pique-Nique (2mn 03s )
1 - 37 Le Water-Chute (3mn 03s )
1 - 38 Le Tango perpétuel (1mn 36s )
1 - 39 Le Traîneau (1mn 14s )
1 - 40 Le Flirt (57s )
1 - 41 Le Feu d'artifice (1mn 44s )
1 - 42 Le Tennis (2mn 25s )
Véritables Préludes flasques pour un chien 1 - 43 N° 1. Sévère réprimande (1mn 03s )
Erik Satie par Katia et Marielle Labèque
Pour le commun des auditeurs, accoutumé à envisager Katia et Marielle Labèque comme une unique figure mythologique bicéphale, dispensatrice de sonorités exquises, ce sera sans doute une surprise de constater, ici, que cette figure peut aussi par moments se dissocier tel un cours d’eau qui, entre sa source et son embouchure, bifurquerait, puis retrouverait son unité primitive, plusieurs fois de suite, sans aucune déperdition pour autant des qualités qui le caractérisent. Tout au contraire, cette alternance de solos et de duos lui redoublera le plaisir de l’écoute, lui permettant de cerner les particularités de chacune des deux interprètes, si heureusement complémentaires.
C’est à Erik Satie que l’on doit ce plaisir. Ce compositeur de musiques «intimes et secrètes» (qu’elles appréciaient depuis toujours, sans l’avoir encore, jusqu’ici, complètement exploré) a inspiré en effet à Katia et à Marielle le besoin de commencer par l’approcher individuellement, stimulées sans doute, aussi, par les indications de jeu «personnalisées» dont il a agrémenté de préférence ses partitions pour les deux mains.
Ces indications de jeu si particulières, et qui ont tant intrigué («Du bout de la pensée», «Ouvrez la tête», «Postulez en vous mêmes»…), s’expliquent par le fait que ce compositeur n’a eu que tardivement accès aux salles de concert, et que, composant, pendant très longtemps, en pleine solitude, il avait pris l’habitude de noter - comme pour se les rappeler à lui-même – les sentiments et humeurs éprouvés au fur et a mesure.
Lorsqu’au début des années 1910, il a enfin rencontré un interlocuteur idéal en le pianiste et poète catalan Ricardo Vines, ces indications ont pris la forme d’un dialogue spirituel et complice qui devait même, dans son esprit, demeurer un «secret» entre son interprète et lui, avec interdiction de le communiquer aux simples auditeurs, considérés presque comme des intrus gênants.
En fait Satie n’a jamais écrit pour les salles de concert, où il est, d’ailleurs, encore aujourd’hui, rarement programmé. Enviant le sort des peintres et des écrivains dont les œuvres, contrairement à la musique, n’ont pas besoin d’intermédiaires pour être accessibles à tout un chacun, il ne destinait ses compositions pour piano qu’aux pianistes, fussent-ils ces modestes amateurs qui – à une époque où les enregistrements n’étaient pas encore dans les mœurs - lorsqu’ils voulaient entendre une musique, se la jouaient eux-mêmes.
Paradoxalement, la notoriété de ce compositeur hors normes, a énormément augmenté depuis que les pianos à domicile se sont fait rares, la pratique du disque, qui permet une écoute individuelle, s’étant révélé le moyen le plus approprié à multiplier le nombre de ses auditeurs.
Pour leur premier enregistrement de la musique d’Erik Satie, Katia et Marielle ont choisi à dessein les pièces les plus connues : celles qui, après avoir été décriées lors de leurs premières apparitions, continuent, plus d’un siècle après, d’être inlassablement jouées.
Après s’être alternées dans l’interprétation de cette œuvre fondatrice que se voulaient les Gymnopédies «danses antiques d’enfants nus», reconstituées, à défaut de toute trace, par le rêve, elles se sont réparties d’autres morceaux en fonction de leurs penchants respectifs.
Pour Marielle, à l’esprit clair et à la note bien frappée, les étonnants instantanés musicaux de Sports et divertissements, et la tâche de montrer que les Véritables préludes flasques ( pour un chien ) ne sont pas flasques du tout pour celui qui – tel le chien, donné en exemple par Rabelais – au lieu de se laisser rebuter par l’aspect peu engageant d’un os, ne cesse de le fouiller tant qu’il n’en a pas extrait la «sustantificque mouelle».
Quant à Katia, son tempérament rêveur l’a poussée à s’immerger dans les profondeurs hypnotiques des Gnossiennes, où – comme dans tout labyrinthe issu du mythe de Gnosse, ou Knossos – des tournants qui sembleraient vous conduire vers la sortie, vous ramènent en revanche toujours au même point.
Elle ne s’est pas privée pour autant d’un clin d’œil humoristique, en s’attaquant ensuite aux Embryons desséchés d’Edriophthalma, où la référence dans le titre à une espèce de crustacés connues des seuls spécialistes recouvre en fait une citation - «embryonnaire» - d’une des musiques classiques les plus populaires qui soient : la Marche funèbre de Chopin, troisième mouvement de la Sonate en si bémol mineur,transposé toutefois en do majeur, tonalité lumineuse s’il en fût.
Pour leurs retrouvailles en duo, enfin, Katia et Marielle se sont accordées sur le tout premier et le tout dernier recueil pour quatre mains de Satie, dont on peut trouver accessoirement quelques clés dans leurs titres à double entente.
Tout en raillant les vieilles «poires» enfermées dans des formes académiques écoulées, celui du premier recueil, Trois morceaux en forme de poire, renvoie aussi à la toupie, ce jouet «en forme de poire» qui tourne sur lui-même comme la musique de ces morceaux.
Le titre du dernier recueil pour quatre mains – Trois petites pièces montées, inspirées par l’enfance des géants Gargantua et Pantagruel - fait, lui, référence à la fois à des ouvrages de pâtisserie, dignes des mémorables goûters de ces bambins, et au délicat mécanisme, agencé en l’occurrence par le compositeur.