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Référence : KML1119 8033712871196 - 1 CD Digipack : 60:39 - DDD - Enregistré à Dobbiaco (Italie) en juillet 2007 - Notes en espagnol, anglais, français et allemand avec les textes chantés en espagnol et traduction anglaise, française et allemande (tous sauf le poème de Lorca) En vente sur ce site depuis le 25 septembre 2008 Date parution numérique : 11 septembre 2008
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Joan Albert Amargós (né en 1950) Capricho por bulerías (Caprice sur des bulerías) Texte traditionnel Las Morillas que me enamoran (Les petites Maures qui me séduisent) Texte traditionnel Variaciónes sobre un zorongo (Variations sur un zorongo) Texte traditionnel
Mayte Martín (née en 1965) Soneto de Amor (Sonnet d'amour, arr. Joan Albert Amargós) Texte Rafael de León (1908-1982) Acaríciame por dentro (Caresse mon âme, arr. Joan Albert Amargós) Gacela del amor imprevisto (Gacela de l'amour imprévu, arr. Joan Albert Amargós) Texte Federico García Lorca (1898-1936)
José Luis Montón (né en 1962) Inténtalo encontrar (Essaie de le trouver, arr. Joan Albert Amargós) Texte Mayte Martín
Paco de Lucia (né en 1947) - Joan Albert Amargós Canción de amor pour deux pianos
Joaquin Rodrigo (1901-1999) Adela, tiré de Canciones españolas Texte traditionnel, adapté par Victoria Kamhi de Rodrigo (1905-1997) Pastorcito Santo (Saint petit pâtre), tiré de Retablo de Navidad Texte Lope Felix de Vega Carpio (1562-1635)
Enrique Granados (1867-1916) La Maja Dolorosa (La douloureuse maja), tirée de Colección de tonadillas Texte Fernando Periquet (1873-1940)
Manuel de Falla (1876-1946) Nana (Berceuse) Texte traditionnel
Carlos Gardel (1890-1935) Sus ojos se cerraron (Ses yeux se fermèrent, arr. Joan Albert Amargós) Texte Alfredo Le Pera (1900-1935)
Juan Valderrama (1916-2004) Vidalita (arr. Luis Vidal) Texte Mayte Martín
Mayte Martín, voix Katia Labèque & Marielle Labèque, duo de piano
a célèbre chanteuse de Flamenco Mayte Martin mêle la chaleur et la sensualité de sa voix au jeu fougueux des sœurs Labèque. Entre ombre et lumière, c'est un enregistrement où se retrouve toute l’âme espagnole de Federico Garcia Lorca à Paco de Lucia.
Un disque original, captivant et chaleureux.
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Je crois que ce fut en avril 2005 quand je reçus la nouvelle que Katia et Marielle Labèque me recherchaient pour réaliser un projet de musique espagnole.
Mon cœur se souleva de bonheur quand je me rendis compte que parmi toutes les voix que Katia et Marielle auraient pu choisir pour mettre en pratique leur idée, elles avaient choisi la mienne. J’ai rencontré deux femmes absolument merveilleuses, généreuses et honnêtes, d’une qualité et d’une chaleur humaine hors du commun.
Joan Albert Amargos nous ecrivit de merveilleux arrangements et nous avons expérimenté l’approche telle qu’elle se pratiquait autrefois : lentement, avec respect et subtilité, nous avons créé le répertoire et l’esthétique du spectacle sans jamais avoir l’ombre d’un problème de compréhension ni d’intérêt. Nous désirions toutes les trois la même chose et nous l’avons trouvée peu à peu, profitant de chaque instant où nous pouvions voir croître et embellir notre projet.
Chaque idée, chaque proposition, chaque répétition était un grand événement pour moi. Chaque minute que je partageais avec elles, j’avais conscience de ma chance, du fait que toute ma vie j’avais désiré qu’une pareille chose m’arrive. En effet, je me suis toujours sentie proche du classique, du lyrique. De fait, Katia et Marielle m’avaient entendue chanter mes propres musiques sur une compilation de disques et elles me demandèrent d’en chanter quelques-unes, mais je leur ai offert des thèmes inédits que j’avais composés avec des arrangements totalement et intentionnellement classiques. Elles en ont choisi trois qui sont enregistrés sur notre disque.
J’espère que, sur cet enregistrement, se trouve reflété ne serait-ce que le centième de tout l’amour et toute la joie dont s’est nourri ce travail. Parce que s’il en est ainsi, je suis sûre que vous allez l’apprécier presque autant que moi.
Mayte Martín
De feu et d’eau, de sentiment, de passion et de duende
Sentiment.
Ce seul mot pourrait décrire ce travail. Il n’en existe pas de meilleur.
Un sentiment profond, qui vient du for intérieur, du plus profond, du tréfonds des entrailles. De cette région intangible
d’où naissent les songes et les espérances, dans laquelle le feu et l’eau sont une même chose. Des désirs, des passions, des
demandes qui arrivent à fleur de peau et éclatent en mille couleurs sans arracher leurs racines du sol.
Sentiment qui naît de la terre et, dans ce cas, de la lumineuse terre ibérique baignée par les eaux plus lumineuses encore
de la Méditerranée. Un sentiment qui grandit et atteint à partir de la sagesse populaire jusqu’à l’universel et qui, grâce au
savoir faire de Mayte, Katia et Marielle peut être partagé par tous ceux qui voient au-delà et dépassent la ligne d’horizon.
Ceci nous amène à Federico García Lorca. L’une des meilleures choses de cette musique est qu’elle réveille en nous la
nécessité de lire à nouveau Federico, et rien que pour cela, elle serait indispensable.
Federico écrivait en 1918 : Poesía es Amargura,
Miel celeste que mana
De un panal invisible
Que fabrican las almas.
Poesía es lo imposible
Hecho posible. Arpa
Que tiene en vez de cuerdas
Corazones y llamas.
Poesía es la vida
Que cruzamos con ansia
Esperando al que lleve
Sin rumbo nuestra barca.
Comme il est facile de voir dans le mot poésie la musique de Mayte, Katia et Marielle!
Au fond, «De feu et d’eau» n’est rien d’autre qu’une longue, tortueuse et oscillante poésie, de celles qui te prennent et te
pénètrent par tous les pores de la peau.
Sensations réconfortantes qui te bercent.
Certains appellent cela charme ou «duende».
Ne quittons pas Federico : Así pues, el duende es un poder y no un obrar, es un luchar y no un pensar. Yo he oído decir a un viejo maestro guitarrista:
“El duende no está en la garganta; el duende sube por dentro desde la planta de los pies”. Es decir, no es cuestión de
facultad, sino de verdadero estilo vivo; es decir, de sangre; de viejísima cultura, y, de creación en acto.
Este “poder misterioso que todos sienten y que ningún filósofo explica” es, en suma, el espíritu de la Tierra, el mismo
duende que abrasó el corazón de Nietzsche, que lo buscaba en sus formas exteriores sobre el puente Rialto o en la música
de Bizet, sin encontrarlo y sin saber que el duende que él perseguía había saltado de los misteriosos griegos a las bailarinas
de Cádiz o al dionisíaco grito degollado de la siguiriya de Silverio. [...]
La llegada del duende presupone siempre un cambio radical en todas las Formas. Sobre planos viejos, da sensaciones de
frescura totalmente inéditas, con una calidad de cosa recién creada, de milagro, que llega a producir un entusiasmo casi
religioso.
Le chant presque religieux de Silverio et de Pastora, de Mairena, de Caracol, de Camarón et de Carlos Gardel unis en un
rêve devenu réalité. La guitare de Paco de Lucía, les pianos de Falla et Granados, la vision profonde de Rodrigo, les paroles
caressantes et douloureuses de Federico et Rafael de León . . . et la sensuelle magie de Joan Albert Amargós qui a su
apporter cette sensation de fraîcheur, cette qualité de rose tout juste créée afin que la voix de Mayte, les pianos de Katia et
Marielle accomplissent le miracle.
Voilà une musique populaire au sens le plus littéral du terme, du peuple pour le peuple. Musique profonde et en même
temps accessible, blessante et cicatrisante, née de la terre et qui, sans le savoir, s’est transformée en fêtes et en processions,
aiguisée au fil de ses amourettes et de ses déceptions, passée de sécheresses en averses, de la faim à l’abondance, arrosée
d’effluves aromatiques : la voilà arrivée aux mains de compositeurs ouverts au monde qui en ont recueilli dans leur œuvre
toutes les bontés...
Mayte, Katia et Marielle ont parcouru bien des portées, elles ont déambulé par les chemins les plus inaccessibles avec un
brio réconfortant. Elles ont su trouver ce sentiment, ce duende, cette passion dans des domaines qui vont du baroque au
tango, du classique au jazz, au flamenco, au rock, au boléro, au blues . . . Elles ont su libérer chacune de ces musiques de
leurs liens, des corsets que la société leur avait imposés. Elles ont repoussé les frontières, en réalité elles ont démontré qu’il
n’y en avait pas et que seul existe ce qui touche le cœur, quelle qu’en soit la norme.
Katia et Marielle, Mayte et Joan Albert ne se connaissaient pas avant de démarrer ensemble cette aventure, mais il était
logique que sur leur chemin guidé par la passion, ils finissent par coïncider. Ce n’est pas un hasard, cela devait être ainsi. Et
il est beau que cela se soit fait autour d’une poignée de musiques qui vont directement au coeur de tous ceux qui ont (aussi)
les pieds ancrés dans cette terre, celle de nous tous. Cette terre dans laquelle poussent les arbres dont on fait les pianos et
les guitares.
La guitare qui n’est pas présente ici, mais habite pourtant ce travail.
La guitarra
hace llorar a los sueños.
El sollozo de las almas
perdidas,
se escapa por su boca
redonda.
Y como la tarántula
teje una gran estrella
para cazar suspiros,
que flotan en su negro
aljibe de madera
La rosace est aujourd’hui dans la gorge et dans les mains de ces trois femmes.
Et Federico sourit.
Jess Thomas (Parsifal) - Irene Dalis (Kundry) - George London (Amfortas) - Ludwig Weber (Titurel) - Hans Hotter (Gurnemanz)... Chor und Orchester der Bayreuther Festspiele - Hans Knappertsbusch, direction
Tronqué - Tobrud - "… pour violon et piano" - "… pour deux violoncelles et piano" (version 2) - Prosthesis - Pièce / Signe Asmussen, mezzo-soprano Erik Kaltoft, piano - Signe Madsen & Balk-Møller, violons...