• boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
  • boutonGenresAlt
Recherche RECHERCHE AVANCEE
S'inscrire a nos lettres d'informations
  • Mado Robin, soprano

    1918 - 1960

Timbre de platine
En magasins : 20,33 
En direct ici : 17,99 

Soit une remise de 10%

  Indisponible ce jour :
Ajouter aux alertes

Ajouter a mes envies

 
Frais de port : 2,99 € par commande.
OFFERTS à partir de 55,00 € (en France métropolitaine).

 
Référence : IMV040 3329184684026 - 1 CD 75:20 - AAD - Enregistré entre 1946 et 1956 par la Radiodiffusion Française - Notes en français et anglais
En vente sur ce site depuis le 28 novembre 2000
  • Pour commander par téléphone :
  • 0892 259 770 (0,34 €/mn)
  • From Outside France (only) please dial +331 49269770
    English spoken
Imprimer cette page Imprimer cette page | Envoyer à un ami Envoyer à un ami | Nouveautés INA Mémoire vive en RSS Recevoir les nouveautés INA Mémoire vive en RSS
Publier :   Publier sur Facebook  |   Publier sur Delicious  |   Publier sur Digg  |   Publier sur Wikio  |   Publier sur Scoopeo  |   Publier sur Blogmarks  |   Publier sur Myspace  |   Publier sur Technorati  |   Publier sur Twitter  |   Ajouter un favori Google  |   Ajouter un favori LiveMSN  |   Publier sur Yahoo

Henry Février : L'oiseau
Julius Bénédict : La gitane et l'oiseau - Carnaval de Venise
Joachim Grandt : Grande valse brillante
Paolo Tosti : Duo d'Avichella
Eva Dell'acqua : Villanelle "J'ai vu passer l'hirondelle"
Félicien David : Charmant oiseau (La Perle du Brésil)
Johann Strauss : Vienne le temps - Nos cœurs avaient vingt ans - Je ne suis qu'une femme - Légende de la forêt viennoise
André Messager : Valse du Rossignol (Monsieur Beaucaire)
Charles Gounod : "O, légère hirondelle" (Mireille)
Ambroise Thomas : Air de la folie d'Ophélie (Hamlet)
Jacques Offenbach : "Les oiseaux dans la charmille" (Les Contes d'Hoffmann)
Léo Delibes : Air des clochettes (Lakmé)
Giuseppe Verdi : Air de Gilda "Gualtier Malde ... Caro nome" (Rigoletto)
Gaetano Donizetti : Air "Spargi d'amaro pianto" (Lucia di Lammermoor)

Mado Robin, soprano
Joachim Grandt, piano
Orchestre de la Radio Lyrique de la RTF, direction Marcel Cariven
Orchestre, direction Jacques-Henri Rys

ans les annales de l'histoire de la voix, la soprano française Mado Robin occupe une place à part. Contrairement à ce que beaucoup croient, ce n'est pas seulement pour sa tessiture, qui allait jusqu'au contrecontre ut, puisque d'autres artistes ont pu grimper aussi haut, telle Erna Sack. Ce qui l'explique davantage, c'est que, de tous les artistes ayant possédé de tels dons, Mado Robin fut la seule à réussir une carrière internationale sur les scènes lyriques. Mais elle fut bien plus qu'une simple curiosité vocale. Son chant faisait montre d'une humble grâce qui, aujourd'hui encore, quelque quarante ans après sa mort, touche le cœur de beaucoup. Adorée dans son pays natal, Mado Robin mourut prématurément, le 10 décembre 1960, des suites d'une leucémie, à l'âge de quarante et un ans on marqua une minute de silence dans les théâtres de France.

Mado naît le 29 décembre 1918, dans la petite ville d'Yzeures-sur-Creuse, en Touraine, et est baptisée Madeleine Marie Robin. Enfant, elle est, avec ses deux sœurs, élevée dans un environnement baigné de musique. Elle ne commence à travailler sa voix qu'à treize ans, avec Madame Fourestier, pour son plaisir personnel. Quelques années plus tard, le célèbre baryton Titta Ruffo l'entend et la recommande à son ami Mario Podesta. Durant les quatre premières années de travail avec Podesta, elle ne dépassa jamais le contre-mi. Mais, pendant ses études, il y eut un récital, salle Gaveau, de la soprano allemande Erna Sack. Tous les élèves de Podesta parlaient des suraigus phénoménaux de Sack, et Mado, pensant qu'elle pourrait peut-être faire quelque chose d'approchant, découvrit qu'elle était capable d'aller encore plus haut. (En privé, Mado vocalisait jusqu'au contre-contre-ré mais, généralement, elle limitait ses interpolations au contre-contre-si bémol ou au contre-contre-si naturel. Il existe toutefois une bande privée de 1942, une répétition d' " il voce poco fa ", du Barbier de Séville, où elle donne un contre-contre-ut ... )

En 1937, à l'âge de dix-neuf ans, Mado gagne le premier prix d'un concours pour sopranos organisé par l'Opéra de Paris et, en 1942, avec l'aide de Messieurs Podesta et Pathé, elle est présentée en récital à la salle Gaveau, à Paris. Elle y connaît un succès immédiat, mais la guerre retarde ses débuts sur scène jusqu'en 1945, date à laquelle elle apparaît pour la première fois à l'Opéra de Paris en Gilda, dans Rigoletto. En septembre 1946, elle fait ses débuts à l'Opéra-Comique en Lakmé puis commence à accepter d'apparaître hors de France. Parmi ses rôles, Rosine, Lucia, la Reine de la Nuit, Olympia, Ophélie, Philine, Leila, et son préféré, Lakmé.

A l'abri du besoin, Mado était libre de choisir à sa guise quand et où elle chanterait, et, comme il lui était important de consacrer du temps à son mari et à sa fille, elle limita ses engagements. Elle ne restait cependant pas inactive : durant la décennie qui suivit, elle se produisit à la fois dans les salles parisiennes, en province, et en Italie, en Espagne, Belgique, Allemagne, à Monte-Carlo, en Angleterre, au Canada, en Russie, aux Etats-Unis, en Afrique du Nord et en Suisse. Sa dernière apparition en public eut lieu à Aix-les-Bains, le 28 juillet 1960, durant un gala patriotique. Peu après, elle commença à répéter Lakmé à l'Opéra-Comique, une nouvelle production marquant la 1500è de l'opéra dans ce théâtre mais aussi un cadeau de l'établissement à la soprano pour son grand succès dans le rôle autant que pour sa contribution à la promotion de la musique de France. La première devait même en être donnée le jour de son quarante-deuxième anniversaire. Malheureusement, sa maladie obligea la soprano à se retirer des répétitions et elle mourut le 10 décembre, dix-neuf jours seulement avant la première.

Les Américains connaissent Mado Robin par ses enregistrements, mais aussi grâce à ses apparitions fameuses en Gilda, dans Rigoletto, et en Lucia di Lammermoor, à San Francisco et Los Angeles, en septembre 1954. Comme on l'imagine sans surprise, une couverture médiatique sur l'étendue de son aigu avait été faite avant son arrivée à l'Opéra de San Francisco. Malheureusement, Mado se trouva prise entre un public qui attendait d'elle une démonstration de ses aigus et un chef d'orchestre hostile (Fausto Cleva) qui lui demandait de renoncer aux interpolations qu'elle avait prévues une octave plus haut, jusqu'au contre-contre-si, à la fin de J'air de Gilda " Caro nome ". Dans un rare mouvement de défi, Mado refusa de s'incliner devant les menaces de Cleva, et chanta ses notes. Cleva, furieux, refusa de diriger la représentation suivante, mais ironiquement, Mado décida alors de ne pas chanter le si aigu - ce n'était plus nécessaire, elle n'avait plus rien à prouver. (Le bouleversement émotionnel que lui fit endurer cette situation se retrouve cependant de manière poignante dans les lettres qu'elle écrivit alors à ses sœurs.) Bien que les critiques aient, d'une manière générale, déploré ces interpolations, ses collègues (parmi lesquels Leonard Warren et Richard Tucker) et d'autres encore dirent que Mado était une Gilda émouvante - avec ou sans si aigu.

Comparée à beaucoup d'autres chanteurs, Mado Robin était une anomalie en ceci qu'elle n'était absolument pas prétentieuse. Elle était réputée pour sa douce amabilité, pour le soutien apporté à nombre de ses collègues et aux jeunes artistes ainsi que pour son extraordinaire humilité. Et il y avait de l'élégance dans sa modestie. Roberi Deniau, son agent, a sans doute le mieux résumé cela lorsqu'il déclara : "Elle a toujours semblé s'excuser d'avoir du talent." C'est cette exquise gentillesse qui transparaît avec tant de force dans ses enregistrements et ses apparitions publiques. Parfois, dans les moments lyriques comme dans ses montées à l'aigu, une qualité d'âme semble naître de la pureté du chant de Mado, et l'on est immédiatement saisi par l'ingénuité du charme de son timbre. Elle n'était cependant pas une parfaite technicienne. En dépit d'une réputation qui fait d'elle une spécialiste de l'ornementation, son bagage technique était en réalité bien sommaire les coloratures manquaient souvent de précision, facilitées par des aspirations hachées, et elle n'avait pas de trille. La structure propre de son larynx contribuait à cela, impliquant un vibrato naturellement rapide qui ne permettait pas d'articuler clairement les figures trop élaborées - limitation plus physique que due à un manque de travail. Et son registre de poitrine était quasi inexistant, la voix semblant commencer autour du mi central. Sa capacité à tenir avec facilité les contre-contre-si était, en revanche, extraordinaire. Ce n'étaient pas, comme chez Erna Sack, de petites notes presque sifflées et déconnectées du corps normal de la voix. Si étrange que cela puisse paraître, elles faisaient partie intégrante de l'instrument de Mado, riches en harmoniques supérieures et possédant la même scintillante vibration que le reste de la voix. Ses notes les plus hautes étaient en outre capables d'une projection éclatante et d'un impact saisissant, comme on pourra l'entendre dans nombre d'extraits de ce disque au programme copieux. En raison de son timbre de jeune fille et de la hauteur qu'elle atteignait, les auditeurs peuvent se croire parfois victimes d'un mirage acoustique - contre-ut et contre-ré sonnent comme des notes du medium, l'audition perdant alors ses repères quant à la hauteur normale de la voix humaine.

Mado Robin enregistra d'abord pour Pathé France (1942-1949) mais, en 1950, elle signa un contrat avec Decca, pour qui elle fit bon nombre de récitals désormais célèbres. (En 1955, elle retourna chez Pathé-EMI). Avec une fidélité étonnante, les ingénieurs de Decca réussirent à capter la qualité singulière et flûtée de son medium et la riche plénitude de son registre supérieur. Son enregistrement le plus célèbre demeure l'intégrale de Lakmé, enregistrée en 1952, qui obtint le Grand Prix du Disque. C'est un classique, grâce à l'alliage de la direction chaleureuse et idiomatique de George Sebastian et de l'interprétation simple, éloquente de Lakmé, ainsi que du portrait fier et pourtant sensible que Jean Borthayre brosse de l'intense combat intérieur de Nilakanta. Il est vraiment regrettable que ce coffret attende encore d'être reporté sur disque compact !

Par chance, le travail de Mado Robin sur scène fut aussi capté à la radio et à la télévision. Les extraits filmés (la plupart, en concert) sont particulièrement instructifs : on y voit clairement la facilité de son chant, à gorge déployée, sans le moindre maniérisme truqueur - même lorsqu'elle lance son fameux contre-si bémol. (Il semble que Mado ne se soit jamais plainte de tension de la gorge, mais il lui arrivait de noter une fatigue récurrente du diaphragme et des muscles du dos, si sollicités dans des excursions à de telles hauteurs). Si l'allure de Mado ne faisait pas d'ombre au glamour et au chic des divas des années 50, comme Callas ou Tebaldi, au concert, elle avait un bienheureux naturel dans la gaucherie évidente de ses mouvements de bras. En fait, son port fier mais provincial faisait tout son charme ; c'est un peu comme si une amie acceptait de chanter à une réception, plutôt qu'une diva mondialement connue.

La comparaison entre les enregistrements sur le vif et ceux du commerce est aussi éclairante. Que ce soit devant un micro ou devant un public, Mado était d'une remarquable constance. Et malgré les aspects exhibitionnistes de son art, elle montrait un goût et une discrétion surprenants, réservant d'ordinaire ses interpolations stratosphériques aux moments qui s'y prêtaient le mieux.

Les pages préférées des auditeurs restent l' "Air des Clochettes" de Lakmé, avec ce fameux contre-sol dièse, sa marque de fabrique. (Comme pour honorer la mémoire de Mado Robin, Natalie Dessay adopta cette variante plusieurs années durant.) De même, la " Valse" de Mireille, la scène de la Folie d'Hamlet et celle de Lucia - cette dernière coiffée de son fameux contre-si bémol, comme les Variations sur le Carnaval de Venise et la Chanson Provençale, où elle déployait son remarquable si bémol aigu.

Henry Jacqueton complimenta un jour Mado pour être restée si modeste et simple malgré son stupéfiant succès international. Elle le regarda avec surprise et lui répondit "Je ne sais vraiment pas ce que j'ai fait dont je pourrais me vanter." On me permettra de ne pas être d'accord.

Nicholas E. Limansky
(Traduit de l'anglais (américain)
par Jean-Jacques Groleau)

 

Votre compte