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orsque Géza Frid s’éteignit en 1989, la presse néerlandaise salua la mémoire du célèbre Néerlandais hongrois. En effet, Frid étudia certes dans sa Hongrie natale – avec Kodály et Bartók, excusez du peu – mais s’installa à Amsterdam dès 1929, où il composa la grande majorité de ses quelque 108 numéros d’opus. Et s’il a effectivement tété le sein musical magyar, il s’est manifestement détourné d’une trop grande influence folklorique, préférant poursuivre les voies ouvertes par Stravinski, Ravel, Debussy, gardant les hongroiseries pour la bonne bouche. On percevra également une très nette incidence du jazz.
La Podium-Suite de 1928 date donc encore de ses ultimes jeunes années à Budapest, mais on sent bien que Frid a déjà quitté l’Europe centrale, dont il ne garde que quelques bribes de tournures rythmiques. Les Douze caricatures pour piano, écrites à Suresnes, sont dédiées à la pianiste Lili Kraus qui a bien dû s’amuser en découvrant les mille clins d’œil de Frid à Debussy, au Bartók didactique, à Liszt, à Chopin, toujours dans un humour assez ravageur mais diablement bien tourné.
La Sonate en cinq pièces pour violoncelle et piano renoue certes un peu avec le maître Bartók, du moins dans l’aspect « motorique » et dans la logique d’écriture, mais en aucun cas ne pourrait-on une seconde se tromper d’attribution. Enfin, le Trio pour zongora, hegedü et gordonka (ou, plus simplement, pour piano, violon et violoncelle) de 1947 représente une nette avancée dans le langage moderniste, avec clin d’œil vers Hindemith par exemple, mais aussi vers certaines racines juives dans la tragique Passacaille qui forme le second mouvement. Le début du dernier mouvement pourrait avoir été écrit par certain minimaliste nord-américain… mais on est toujours en 1947 : Frid est donc un véritable précurseur !
Oui, voilà bien un compositeur à redécouvrir, du moins de ce côté de l’Europe, car il reste particulièrement apprécié aux Pays-Bas. Cent huit numéros d’opus, quand même.
Détail des pistes :
FRID Geza
Podium-Suite pour violon et piano, op. 3
1 - 1 Il primo (1mn 36s )
1 - 2 Capriccio (1mn 47s )
1 - 3 Rubato con sordino (3mn 31s )
1 - 4 Intermezzo (1mn 29s )
1 - 5 L’ultimo (3mn 34s )
12 Caricatures musicales pour piano, op. 8
1 - 6 ujjgyakorlat / exercice de doigts (1mn 26s )
1 - 7 kánon / canon (1mn 43s )
1 - 8 etud kisszekundokra / étude aux secondes mineures (1mn 04s )
1 - 9 tánc / dancing (1mn 52s )
1 - 10 ismételjünk egy kicsit / répétons un peu (1mn 39s )
1 - 11 monoton / monotone (1mn 58s )
1 - 12 kíséret / l’accompagnement (1mn 38s )
1 - 13 pillangó / le papillon (46s )
1 - 14 nocturne à la Chopin (2mn 24s )
1 - 15 katonainduló / la marche des soldats (1mn 24s )
1 - 16 glissando (1mn 35s )
1 - 17 kis magyar rapszódia / petite rhapsodie hongroise (2mn 58s )
Sonate en 5 pièces pour violoncelle et piano, op. 9
1 - 18 Prelud / Prélude (1mn 42s )
1 - 19 Tarantella (2mn 27s )
1 - 20 Ima / Prière (3mn 31s )
1 - 21 Korál / Choral (2mn 28s )
1 - 22 Finálé / Finale (3mn 34s )
Trio pour piano, violon et violoncelle, op. 27
1 - 23 Introduzione (1mn 29s )
1 - 24 Fuga – Marcia – Continuazione di fuga – Scherzo – Continuazione di fuga (8mn 13s )
1 - 25 Passacaglia – Continuazione di fuga (4mn 58s )
1 - 26 Rondo – Fine di fuga – Coda (4mn 03s )
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