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  • François Vercken

    Œuvres choisies - Combats de Dieu (Intégrale)

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Référence : DPV071389 3360043713891 - 2 CD 55:28 - ADD/DDD - Enregistré entre 1976 et 1996 (CDI) et le 12 mars 1991 en l'église Saint Eustache (CDII) - Notes en français
En vente sur ce site depuis le 29 octobre 2007
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François Vercken (1928-2005)

CD I
Intumescence (1980) *
Sine Nomine pour hautbois solo (1980) **
Contournement / Détournement pour orgue (1981) ***
Six Instants poétiques ****
Le tournesol (Robert Desnos / 1981)
Chanson de Porcelaine (Georges-Emmanuel Clancier)
Poème à chanter (Loÿs Masson)
Les Beaux jours (Georges-Emmanuel Clancier)
Je t'ai rouvert (Loÿs Masson)
Comme des Étoiles (Georges-Emmanuel Clancier)
Jeux pour deux (1975) *****
Discontinuum pour clavecin (1978) ******

CD II
Combats de Dieu pour chœurs, orgue(Intégrale)
Prélude instrumental
Mon Créateur et Seigneur Souverain
Ô Père, Ô Tout Puissant
Ne me cache pas ta Face - La Lutte de Jacob avec Dieu
La Nuit est avancée - Monserrat
Dis-moi Jésus - Oraison
Premier interlude instrumental
Où est ton Dieu - Pour son Corps qui est l'Église
Ô Profondeur de Dieu - Le Cardoner
Roi Suprême & Seigneur - Oraison
Deuxième interlude instrumental
Ma seule Joie sur cette Terre - C'est Moi qui vous ai choisis
Si Dieu est pour Nous - La Storta
Sous l'Étendard de la Croix
Pour l'Amour de cet Homme
Le Suscipe


CD I
* Octuor de Paris
(Jean Leber & Gérard Klam, violon - Jean-Louis Bonnafous, alto - Paul Boufil, violoncelle - Gabin Lauridon, contrebasse - Daniel Bourgue, cor - Guy Deplus, clarinette - Jean-Pierre Laroque, basson)
** Jacques Vandeville, hautbois (Dédicataire de l'œuvre)
*** François Houbart, orgue
**** Ensemble Vocal Michel Piquemal - Direction Michel Piquemal
***** Jean-Claude Tavernier & Marc Tavernier, percussions
****** Marianne Levy, clavecin (William Dowd)

CD II
Jean-Paul Imbert, grand orgue
Denis Comtet, orgue positif
Yves Balaguer, Dominique Honnorat & Xavier Vercken, percussions
Quintette de cuivres Magnifica
Ensemble Stéphane Caillat (Grand chœur)
Jeunes solistes (Petit chœur)
Direction Denis Rouger, Jean-Michel Dieuaide & Stéphane Caillat

es Combats de Dieu, d’une écriture spontanée et vivante, se révèlent être, pourtant, d’une architecture soigneusement pensée. Alors que l’on parle beaucoup du renouveau d’une vraie musique sacrée, la partition de François Vercken semble apporter quelques éléments de réponse.
Le compositeur rejette les effets spectaculaires qui seraient aisés avec de tels effectifs, ayant le souci d’utiliser une écriture “d’aujourd’hui” et néanmoins lyrique pour le grand chœur.
 

Détail des pistes :

VERCKEN François
1 - 1     Intumescence (13mn 38s )    

Sine Nomine
1 - 2     I. (3mn 06s )    
1 - 3     II. (5mn 02s )    
1 - 4     Contournement / Détournement (9mn 56s )    

6 Instants poétiques
1 - 5     Le Tournesol (53s )    
1 - 6     Chanson de Porcelaine (1mn 17s )    
1 - 7     Poème à Chanter (1mn 22s )    
1 - 8     Les Beaux jours (54s )    
1 - 9     Je t'ai rouvert (47s )    
1 - 10     Comme des Étoiles (1mn 15s )    
1 - 11     Jeux pour deux (10mn 30s )    
1 - 12     Discontinuum (6mn 42s )    

Combats de Dieu
2 - 1     Prélude instrumental (1mn 34s )    
2 - 2     Mon Créateur et Seigneur Souverain (4mn 13s )    
2 - 3     Ô Père, Ô Tout Puissant (6mn 13s )    
2 - 4     Ne me cache pas ta Face - La Lutte de Jacob avec Dieu (6mn 42s )    
2 - 5     La Nuit est avancée - Monserrat (6mn 07s )    
2 - 6     Dis-moi Jésus - Oraison (3mn 29s )    
2 - 7     Premier interlude instrumental (51s )    
2 - 8     Où est ton Dieu - Pour son Corps qui est l'Église (6mn 16s )    
2 - 9     Ô Profondeur de Dieu - Le Cardoner (6mn 31s )    
2 - 10     Roi Suprême & Seigneur - Oraison (5mn 55s )    
2 - 11     Deuxième interlude instrumental (30s )    
2 - 12     Ma seule Joie sur cette Terre - C'est Moi qui vous ai choisis (7mn 38s )    
2 - 13     Si Dieu est pour Nous - La Storta (5mn )    
2 - 14     Sous l'Étendard de la Croix (2mn 51s )    
2 - 15     Pour l'Amour de cet Homme (3mn 32s )    
2 - 16     Le Suscipe (3mn 10s )    

À découvrir autour de cet album :

Musique contemporaine

France

François Vercken




    Cela fait peu de temps que le compositeur François Vercken nous a quittés et l’on salue, à travers ce coffret, contenant quelques-unes des pages importantes de chacun des domaines abordés par le maître, une œuvre étonnante, pleinement moderne et à jamais indémodable.

    Ce qui est difficile avec François Vercken, c’est que lui-même et sa musique ne sont jamais là où on les attend, et que les racines de ce que l’on écoute, ou que l’on peut lire, sont multiples, diverses, baignées dans un creuset qui, parfois, relève davantage de l’athanor. Il y a en effet de l’alchimie à travers ces recherches de timbres, ces alliances rythmiques, ces audaces calculées. Et chaque page contient en tout ou partie les leçons de la précédente et, en devenir, les audaces de celle qui suivra.

    Si l’on enlève ses années maîtrisiennes, si l’on n’accorde aucune importance à sa passion pour le jazz, ni aux soirées où il hantait les cabarets où se produisaient Vian, Bechet ou Django, si l’on ne regarde qu’avec un oeil soupçonneux son formidable appétit pour la vie, on ne peut rien comprendre à la façon dont il a vécu, ni à la musique qu’il nous a offerte. Et si l’on ignore des rencontres déterminantes dans le domaine de la poésie, de la littérature, de la peinture, ou tout simplement de l’amitié, la vision que l’on peut avoir de lui et de son catalogue restera floue, imprécise, incomplète.

    Il n’y avait pas plus éloigné du créateur austère, coupé du monde, de l’artiste guettant le succès du haut de sa tour d’ivoire, que François. Mais dans le même temps, son côté truculent, qui pouvait laisser penser que tout n’était que plaisanterie, ou que certaines pages n’étaient que brossées à grands traits, enchaînées les unes aux autres dans un mouvement boulimique et centripète, ne serait qu’une perception réductrice d’une riche et vaste personnalité. Ni monachisme, donc, ni folles jubilations...

    Souvent, le doute l’a conduit à reprendre maintes et maintes fois quelques mesures. Souvent, son regard pétri d’intelligence brillait d’une juvénile satisfaction d’avoir trouvé une subtile figure contrapuntique, ou une fine architecture harmonique. Qui aurait pu soupçonner ce Rabelais de la musique, à la voix forte et parfois tempétueuse, d’être dans l’intimité de l’acte créateur un peintre miniaturiste ?

    Dans les «Combats de Dieu», François est un formidable sculpteur de masses sonores, avec la voix comme pivot de l’œuvre, cette voix dont il connaissait toutes les couleurs, toutes les ressources. Dans la page pour hautbois seul, c’est l’horloger qui s’exprime, insufflant la vie aux mécanismes subtils. Dans Contournement / Détournement, ou dans Discontinuum, l’interrogation affleure, la rigueur semble, faussement, se désagréger pour mieux émanciper la forme, qui peut alors revêtir une texture obsessionnelle. Dans tous ces opus, c’est finalement la vie, celle des joies, des peines, des doutes, qui construit un langage à nul autre pareil. Et un mot vient à l’esprit lorsqu’on écoute ces pages instrumentales ou d’ensemble : liberté. Liberté envers les clans, les chapelles, les systèmes. Si de temps à autre le compositeur donne l’impression d’en adopter un, d’en rejoindre une, c’est pour en extraire ce qu’il y a de mieux, plier ce qu’il en a retiré à sa personnalité et le dépasser pour aller voir ailleurs, et confronter ainsi les univers, afin de mieux forger le sien. Mais cette liberté n’est jamais au détriment de la forme, ni du souci de connaître la technique de l’instrument pour lequel il écrit. Il n’y a donc jamais d’effets gratuits, dans sa musique, et lorsque François se définissait comme un artisan en sons, il y avait, bien entendu, un fond de vérité, car l’artisan n’est-il pas celui qui fournit de la valeur ajoutée en transformant des matières premières ?

    François n’était pas un créateur à l’intellectualisme désolé, au cheminement misanthrope, figé sur sa grève, face au vent de l’histoire et sûr de son éternité. Il n’aspirait pas davantage à être un chef de file, certain de laisser une trace au panthéon de notre école nationale. C’était un intellectuel de chair, qui s’était fait lui-même, guidé par de vrais maîtres et amis, un auteur d’une immense sensibilité, un amoureux des mots et du verbe, un gourmand d’amitié, ce qui explique des rencontres déterminantes, avec Loys Masson, pour son premier opus, avec Didier Rimaud, le complice des Combats de Dieu et de bien d’autres pages... Et j’aurai garde d’oublier son épouse et ses enfants, à l’avis desquels il attachait la plus grande importance.

    Assez curieusement, François se désolait souvent que l’on parvienne rapidement à identifier l’une de ses œuvres, grâce à une certaine signature rythmique et surtout mélodique, à cette répétitivité parfois litanique. Pourtant, à une époque où l’on peut interchanger les noms avec aisance, lorsqu’on écoute une œuvre contemporaine à l’aveugle, où «tout le monde» pourrait avoir écrit tant de ces pages qui encombrent ondes et programmes, cette identification m’apparaît comme l’expression d’une formidable marque de personnalité. Seuls quelques autres –rares– compositeurs, comme par exemple Dutilleux, partagent cette singularité. Ajouterai-je que ce n’est pas parce que la signature est à peu près la même, que le document qui en est revêtu l’est également ; il en est ainsi pour le catalogue de François.

    Alors, finalement, si l’on relit ces quelques lignes maladroites, on se dit que tout est perfection et qu’il n’y a plus rien à ajouter ? Non, certes non, d’ailleurs ce seul mot, «perfection», aurait sans doute aucun plongé François dans une saine et homérique colère... Aujourd’hui qu’il n’est plus là, ou plus exactement qu’il est encore parmi nous à travers une centaine d’opus, on se penche sur sa musique, et il est difficile encore de disposer du recul nécessaire pour déterminer la place qu’elle occupe et, surtout, va occuper dans l’histoire de notre pays. Pour mon humble part, je me suis replongé dans quelques pages dont François avait souligné la modestie, ce dont j’avais fini par me convaincre. Mais voilà encore un tour de passe-passe du maître ; il n’en est rien, et si certains opus sont plus prééminents que d’autres, il nous faut redécouvrir chacun d’entre eux. Ce n’est qu’après que le temps établira tout naturellement, et de façon positive, une hiérarchie, sans oublier la part qu’y prendront les interprètes.

    Que cet album soit une porte ouverte sur un univers de passion et d’amour de l’autre.

Hervé Désarbre
© De Plein Vent 2007 – Reproduction interdite

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