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  • 1 CD Classique - CYP1659
  • Franz Xaver Richter

    Messa pastorale - Symphonie en ré majeur - Magnificat

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Référence : CYP1659 5412217016593 - 1 CD Slipcase : 57:11 - DDD - Enregistré du 18 au 20 mai 2008 à l’Eglise Sainte-Marie de Mittlach - Notes en français, anglais et allemand avec les textes chantés en latin
En vente sur ce site depuis le 10 décembre 2009
Date parution numérique : 8 décembre 2009
  • Pour commander par téléphone :
  • 0892 259 770 (0,34 €/mn)
  • From Outside France (only) please dial +331 49269770
    English spoken
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Franz Xaver Richter (1709-1789)

Messe Pastorale
Symphonie en ré majeur
Magnificat

Marzena Lubaszka, soprano
Piotr Lykowski, alto
Maciej Gocman, ténor
Bogdan Makal, basse
Chœur Philharmonique de Wrocław
Orchestre baroque de Wrocław
Direction Andrzej Kosendiak

ranz Xaver Richter, né en 1709 en Moravie, occupa à Strasbourg à partir de 1769 la fonction de Maître de Chapelle de la Cathédrale où il fournira au clergé les musiques fastueuses destinées à la célébration des grandeurs de Dieu et de la Monarchie. Avant d’arriver en Alsace, Richter avait fait ses armes à Kempten puis à Mannheim, dont il fonda, avec Johann Stamitz, l’Ecole Symphonique.
    La Messe Pastorale a été composée vers 1780. Elle mobilise des effectifs nombreux : grand orchestre baroque, chœur et quatre solistes. Richter y fait abondamment usage des trompettes et percussions : Noël, grande fête, doit être proclamée et célébrée avec toute la dignité requise.
    Formé en 2006, l'ensemble baroque polonais Wroclaw Baroque Orchestra s'est spécialisé dans le répertoire rare du 18e siècle. Il a participé à de nombreux enregistrements et concerts, notamment avec Paul McCreesh (un récent Jephté de Händel à Paris, Salle Pleyel a enthousiasmé public et critique).
 

Détail des pistes :

RICHTER Franz Xaver
Messa Pastorale
1 - 1     I. Kyrie (4mn 29s )    
1 - 2     II. Gloria: Gloria in excelsis Deo (52s )    
1 - 3     II. Gloria: Adoramus te (52s )    
1 - 4     II. Gloria: Domine Deus (3mn 03s )    
1 - 5     II. Gloria: Qui tollis peccata mundi (1mn 29s )    
1 - 6     II. Gloria: Quoniam tu solus sanctus (2mn 38s )    
1 - 7     II. Gloria: Cum sancto spiritu (2mn 18s )    
1 - 8     III. Credo: Credo in unum Deum (1mn 48s )    
1 - 9     III. Credo: Et incarnatus est (2mn 15s )    
1 - 10     III. Credo: Crucifixus (1mn 27s )    
1 - 11     III. Credo: Et resurrexit (2mn 05s )    
1 - 12     III. Credo: Et vitam venturi (1mn 59s )    
1 - 13     IV. Sanctus: Sanctus (57s )    
1 - 14     IV. Sanctus: Benedictus (2mn 44s )    
1 - 15     V. Agnus Dei: Agnus Dei (1mn 24s )    
1 - 16     V. Agnus Dei: Dona nobis pacem (2mn 16s )    

Sinfonia in D major
1 - 17     Allegro assai (3mn 59s )    
1 - 18     Andantino arioso (3mn 10s )    
1 - 19     Presto (3mn 54s )    
1 - 20     Magnificat (1mn 05s )    

Magnificat
1 - 21     Qui a respexit (3mn 27s )    
1 - 22     Et misericordia (1mn )    
1 - 23     Fecit potenciam (2mn 36s )    
1 - 24     Susceptit Israel (2mn 33s )    
1 - 25     Gloria (40s )    
1 - 26     Et in secula seculorum (1mn 55s )    

Franz Xaver Richter
Messa pastorale - Symphonie en ré majeur – Magnificat



     Franz Xaver Richter, né en 1709 en Moravie, n’est pas vraiment un inconnu lorsqu’il arrive à Strasbourg en 1769. Il y prend en charge la lourde fonction de Maître de Chapelle de la Cathédrale où il fournira au clergé les musiques fastueuses destinées à la célébration des grandeurs de Dieu et de la Monarchie. En effet, avant d’arriver en Alsace, Richter avait fait ses armes à Kempten puis à Mannheim, cour princière, dont il fonda, avec Johann Stamitz, l’Ecole Symphonique. Richter, en 1769, est donc déjà un musicien et un compositeur reconnu et respecté. Il va se révéler, à Strasbourg, un compositeur fécond : il écrit une quarantaine de messes, des psaumes, des motets, un Requiem, un Te Deum et un cycle des Leçons des Ténèbres.

     Le maître est d’ailleurs respecté : Mozart, de passage dans la ville, apprécie sa musique et en fait part à son père. Juste retour des choses, quand la question de la succession de Richter se pose à Strasbourg, c’est vers Mozart que les regards se tournent…

     Comme Maître de Chapelle de la Cathédrale de Strasbourg, Franz Xaver Richter dispose de belles conditions de travail : l’orchestre est composé d’une trentaine du musiciens auxquels s’ajoute un chœur. Le budget annuel est impressionnant aussi : 300 000 livres ! C’est Versailles ! Il faut dire que depuis le rattachement de Strasbourg au Royaume en 1681 et la restitution de la Cathédrale au culte catholique, la monarchie n’a eu de cesse de faire du zèle pour affirmer que la religion du Roi est la meilleure ! Cette musique se devait, outre d’assurer les services religieux (grand-messe et vêpres chantées en musique), animer des manifestations extraordinaires (concerts, célébration d’événements clés comme l’arrivée de Marie Antoinette, la mort de Louis XV, commémoration de l’entrée de Louis XIV dans Strasbourg...)

     La Messe Pastorale a été composée vers 1780. Elle mobilise des effectifs nombreux : grand orchestre baroque, chœur et quatre solistes. Richter y fait abondamment usage des trompettes et percussions. La grandiloquence ne semble pas l’effrayer. Le message est clair : Noël, grande fête, doit être proclamée, célébrée avec toute la dignité requise. Et ce n’est pas Dieu seul que l’on chante, mais aussi la grandeur du Roi, ce Fils Aîné de l’Église. Dès le Kyrie, le décor est planté : l’orchestre au grand complet soutient le chœur et laisse monter vers Dieu la demande de pardon. Très vite, Richter joue sur les effets et propose un final du Kyrie fugué. Tout au long de la partition, parties solistes et parties avec chœur se succèdent, donnant à la messe un rythme soutenu et solennel à la fois.

     Au cœur du Credo, vient une séquence où l’ambiance de Noël est là, dans toute sa naïveté mais aussi dans toute la force de l’expressivité. Au moment où la profession de foi annonce l’Incarnation du Seigneur, changement de registre : deux flûtes entrent en scène. Instruments par excellence de la Nativité, ces flûtes chantent et annoncent le Christ. Puis ce sont deux voix aériennes qui s’emparent du texte : la soprano et l’alto. Deux voix qui résonnent comme les voix des anges qui, selon l’Évangile, au cœur de la nuit, annoncent aux bergers la naissance de Jésus. Les deux voix s’enlacent, se répondent, se complètent pour dire, une fois encore aux fidèles, la merveille de Noël : Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine, et homo factus est !

     Et sur le même mode, mais dans un style plus dramatique, les mêmes voix et instruments poursuivent le texte pour proclamer la crucifixion et la mort du Christ. Vie et mort intimement liées, mêlées : le bois de la crèche annonce déjà le bois de la croix... Mais la prière se poursuit et Richter change de ton : c’est l’orchestre tout entier et les chœurs qui entrent à nouveau en scène pour proclamer le cœur de la foi chrétienne : la résurrection, le tombeau vide du matin de Pâques. Le Credo s’achève par une doxologie fuguée où le Maître de Chapelle déploie son art en la matière.

     Tout au long de cette messe, le style de Richter cousine avec celui de Haydn ou de Mozart. Le vieux maître de Chapelle n’est pas en dehors des canons d’écriture de l’époque, même si à partir de 1769 il ne se consacre plus qu’à la musique religieuse. Toute la messe dégage une impression de grandeur, de force. Richter proclame la foi de cette Eglise qu’il sert mais aussi la grandeur et la force de cette monarchie qui l’a embauché à Strasbourg. Sa musique participe désormais à la célébration de la royauté française.

     Le Magnificat est décliné sur le même mode. Chœur et solistes alternent et, soutenus par le grand orchestre, déploient la beauté de ce cantique évangélique, cette réponse de Marie que sa cousine Élisabeth vient de saluer et de reconnaître comme mère du Sauveur à venir. Ce chant que des générations de chrétiens ont chanté, y mettant toute leur foi, toute leur dévotion aussi pour celle qui ne cesse d’être proposée comme icône du croyant et objet de culte est décliné par Richter avec brio et grandeur : il met son génie au service de l’intensité dramatique du texte.

     Le programme comprend aussi la Symphonie en ré majeur que Richter composa lors de son long séjour à Mannheim. Écrite pour un effectif plus réduit que la messe, elle est de structure toute classique : vif, lent, vif. On trouve ici les canons de l’écriture typique de l’Ecole symphonique de la cour Palatine, ce style qui fut repris dans toute l’Europe par tous les compositeurs.

     Lorsque le concert fut donné lors du Festival Musiques en fête, le public a réservé à Richter et aux musiciens un accueil chaleureux. Deux cents ans de silence et d’oubli étaient réparés en l’espace d’une soirée. La coopération entre deux régions d’Europe permettait aussi de souligner que notre continent n’est pas seulement une aire géographique ou économique, mais aussi et surtout un univers de culture où de communes racines ont su édifier notre identité.



Genèse d’un projet



     En 1998, dans le cadre d’une campagne de recherche, les responsables de l’association Alsace Terre de Culture découvraient plusieurs partitions de Franz Xaver Richter qui fut maître de Chapelle à la Cathédrale de Strasbourg entre 1769 et 1789. L’année suivante, une coopération inter régionale avec les Pays de la Loire et l’ensemble nantais Stradivaria permettait de recréer le cycle des Leçons de Ténèbres, initiative couronnée d’un enregistrement chez Cypres (CYP1624). Forts du succès de cette opération, nous décidions de continuer le travail de restitution des œuvres majeures de ce compositeur.

     Le choix s’est porté sur la Messe Pastorale dont la partition manuscrite nous attendait dans le fonds de la Bibliothèque de l’Union Sainte Cécile de l’archevêché de Strasbourg. Le choix posé, débutait l’aventure. En 2007, lorsque la Région Alsace nous sollicitait pour mettre sur pied une coopération ‘Musique ancienne’ avec des partenaires de Basse Silésie, l’idée de la Messe de Noël a refait surface. Une matinée de négociation à Wroclaw dans le cadre des journées de l’Alsace en Basse Silésie en mai 2007 permettait d’y voir plus clair : chacun précisait ses engagements.

     Le 17 mai 2008, à l’église St Léger de Munster (68140), la messe était donnée dans le cadre des Journées de Basse Silésie en Alsace et du Festival Musiques en fête… Ces sons imaginés des années durant, ces notes chantonnées, prenaient enfin corps : toute la majesté de cette messe se déployait dans ce lieu et en l’espace d’une soirée, le public venu nombreux à cette occasion a pu entendre ce qu’a pu être une nuit de Noël à la Cathédrale de Strasbourg.


David Mathieu Maurier
Président d’Alsace Terre de Culture
© Cypres 2009 – Reproduction interdite


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