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ans Istar, d’Indy pratique la variation à rebours : il commence par la variation la plus complexe, et termine avec le thème dans toute sa nudité, une sorte de Danse des sept voiles musicale. Le parallèle ne s’arrête pas là, d’ailleurs, si l’on considère la grande sensualité de Istar, assez éloignée de l’image un peu austère que l’on peut se faire de d’Indy. Notez qu’il n’a en rien pu copier sur Strauss puisque son œuvre date de 1897. Autre parallèle possible, La Péri de Dukas – de 1912 –, avec ses chromatismes et ses fantastiques irisations orchestrales… On l’aura compris, d’Indy est ici assez en avance sur son temps, tournant une partition puissamment moderne, et tellement irrésistible que Ida Rubinstein n’hésita pas à la chorégraphier en 1920.
Quelques années plus tard, en 1903, le compositeur retourne au format de la variation, avec son Choral varié, selon une construction plus classique certes, si ce n’est que l’instrument principal est… le saxophone. Car il ne faut pas oublier que bon nombre de compositeurs l’utilisèrent dès le XIX siècle, parmi lesquels Bizet, Berlioz (dans une œuvre hélas perdue), Delibes, Massenet, Ambroise Thomas ou Saint-Saëns pour ne citer que les plus renommés. Dans le Choral varié, d’Indy sait trouver un langage tout à fait idiomatique pour le saxophone, qui ne sonne jamais comme une pièce rajoutée.
Quant à la Sinfonia brevis de Bello Gallico de 1916-18, elle n’a de brève que le nom, du haut de ses 32 minutes ; disons que la brévitude, la retenue, la modestie de l’ouvrage, ont pour objet le langage lui-même, dont la transparence et la légèreté cherchent à faire contrepoids aux immensité de Strauss et de Mahler… ou c’est ce que croit notre bonhomme, car il reste un fervent wagnérien dans ses fibres, même lorsqu’il veut galliciser son discours.
Plus sérieusement latin, le Diptyque méditerranéen de 1926 – l’une de ses dernières œuvres – ne craint pas d’emprunter à l’orchestre de Debussy tout en s’éloignant assez sérieusement de Wagner. Pas toujours, d’ailleurs, car le choral qui suit l’introduction purement impressionniste n’est pas sans rappeler les accents de Parsifal ! Mais c’est là un de ses grands chefs-d’œuvre, et on attend avec impatience que les orchestres français rendent enfin justice à ce superbe compositeur, autrement complexe que ce que l’on imagine.
CHAN10514 - Paru le 30/04/2009
CHAN10464 - Paru le 30/04/2008
Détail des pistes :
INDY Vincent d'
1 - 1 Istar, Op. 42 (13mn 20s )
1 - 2 Choral varié, Op. 55 (9mn 46s )
Symphony No. 3, Op. 70 "Sinfonia brevis de bello gallico"
1 - 3 I. Lent et calme (10mn 19s )
1 - 4 II. Assez vite - Un peu moins vite (4mn 37s )
1 - 5 III. Lent - Plus animé - Animé - Mouvement initial, lent (8mn 47s )
1 - 6 IV. Très animé (8mn 33s )
Diptyque méditerranéen, Op. 87
1 - 7 I. Soleil matinal (7mn 34s )
1 - 8 II. Soleil vesperal (8mn 04s )
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