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lors que la cantate Alexandre Nevski de Prokofiev trône majestueusement au firmament des grandes cantates symphoniques les plus fréquemment jouées, on ne voit guère la Cantate pour le XXe anniversaire de la Révolution d’Octobre du même Prokofiev à l’affiche. Pourquoi diable ? Plusieurs raisons : en premier lieu, l’ouvrage ne fut créé qu’en 1966 – en version tronquée à la dernière minute, les discours de Staline mis en musique n’ayant plus trop la cote – et seulement en 1992 pour la version intégrale ! Second argument, les textes, signés Staline pour certains, un personnage légèrement détestable dont on n’a pas forcément envie d’entendre la provocatrice prose de propagande ; mais l’Histoire gomme les choses, et il convient d’entendre maintenant cela avec le recul nécessaire.
Enfin, l’effectif exigé par Prokofiev n’est pas pour rien dans l’hésitation que peut concevoir un programmateur : un orchestre surdimensionné à la Zarathustra, un chœur gigantesque, un ensemble militaire d’une vingtaine de têtes, et un orchestre d’accordéons en supplément, et le tour est joué : personne ne joue l’œuvre, d’autant qu’elle ne dure qu’une cinquantaine de minutes, pas assez pour justifier la dépense en musiciens supplémentaires !
Et pourtant, c’est du plus grand Prokofiev que voilà, celui du niveau de la Cinquième, de Roméo et Juliette, de Nevski, mais en dix fois plus énorme, cent fois plus dantesque, mille fois plus titanesque ; à côté, la Fonderie d’acier de Mossolov passerait presque pour une bluette – ce qui n’empêche pas Prokofiev de ménager de nombreux moments de calme, ou du moins de transparence en pianissimo, contrastant d’autant plus violemment avec les moments de tempête. Ensuite, on aime ou on n’aime pas le genre, tout le monde n’apprécie pas forcément les discours de Staline, mais il faut déjà comprendre le russe.
En bonus, quelques extraits du ballet Fleur de pierre, le dernier grand ballet de Prokofiev, écrit en 1948 à une époque où n’était pas en odeur de sainteté ; d’ailleurs, l’œuvre ne fut créée qu’après sa mort. Là encore, c’est le meilleur Prokofiev, mais sans doute le ballet n’est-il pas donné aussi souvent que les autres, eu égard au sujet légèrement folklorique, à la gloire des tailleurs de pierre de l’Oural.
CHAN10540 - Paru le 27/08/2009
Détail des pistes :
PROKOFIEV Serge
Cantata for the Twentieth Anniversary of the October Revolution, Op. 74
1 - 1 I. Prelude. Moderato – Allegro (2mn 39s )
1 - 2 II. The Philosophers. Andante assai (2mn 29s )
1 - 3 III. Interlude. Allegro – Andante – Adagio (1mn 29s )
1 - 4 IV. ‘A tight little band’. Allegretto (2mn 31s )
1 - 5 V. Interlude. Tempestoso (1mn 18s )
1 - 6 VI. Revolution. Andante non troppo – Più mosso – Allegro moderato – Precipitato – Adagio molto (10mn 33s )
1 - 7 VII. Victory. Andante (6mn 08s )
1 - 8 VIII. The Oath. Andante pesante (7mn 49s )
1 - 9 IX. Symphony. Allegro energico – Meno mosso (5mn 59s )
1 - 10 X. The Constitution. Andante assai – Andante molto (5mn 43s )
The Tale of the Stone Flower, Ballet in 4 Acts, Op.118
1 - 11 Ural Rhapsody (Act III No. 29) (9mn 07s )
1 - 12 Katerina sits by the fire (Act IV No. 39) (2mn 02s )
1 - 13 Scene and Dance of Katerina (Act IV No. 40) (2mn 26s )
1 - 14 Russian Dance (Act III No. 31) (4mn 11s )
1 - 15 Gypsy Dance (Act III No. 32) (2mn 56s )
1 - 16 Severyan’s Dance (Act III No. 33) (1mn 31s )
1 - 17 Solo of the Gypsy Girl and Coda (Act III No. 34) (3mn 44s )
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