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a Symphonie Dante de Liszt n’est pas réellement une symphonie dans le sens classique du terme, ni un poème symphonique, mais une immense fantaisie orchestrale évoquant, sans programme réellement précis (hormis enfer et purgatoire) l’œuvre de Dante. La symphonie occupa Liszt pendant des lustres, des années 1845 (voire avant, pour certains fragments repris dans l’ouvrage final) au 8 juillet 1856. Enfin, c’est la date d’achèvement de la première version, car lorsque le dédicataire Richard Wagner entendit la fin tonitruante, il réprimanda son futur beau-père et lui conseilla vivement une fin éthérée, un brillantissime et doux éclat de lumière dans le pianissimo (comme la fin de la Walkyrie ?), ce que Liszt accepta de réaliser illico. Certes, il laissa au choix de l’exécutant de jouer la bruyante coda sensée représenter le paradis, mais le présent CD évite cette manifeste faute de goût.
Quelque cent vingt ans avant Messiaen, un compositeur écrivait déjà une œuvre à la gloire de Francisco Bernardone, dit saint François d’Assise. Certes, Liszt ne s’est pas amusé à faire œuvre d’ornithomusicographe et ses évocations de la gent à plume évitent les mesures à 15,7/32 et autres facéties destinées à tordre les bras des chefs d’orchestres ou des pianistes. Les gouzi-gouzi d’oiseau restent donc dans le giron de l’aimable coucou, cuicui, piou-piou et coin-coin. Notez que la présente version est l’orchestration originale de Liszt, dont le manuscrit fut redécouvert en 1975 ; même si la version de piano reste la plus célèbre.
Autre saint François, celui de Paule, de son nom de naissance Francesco Martolilla de Salicon : s’il reste célèbre pour une tripotée de miracles (guérison d’un jeune incurable, restitution de la vue aux aveugles, lèpres évanouies, malades mentaux redevenus « normaux », découverte de sources en tapant les cailloux avec son bâton, résurrection de sept morts, et incorruptibilité de son cadavre qui « rend une odeur agréable » pendant sept jours après son décès), c’est celui de la traversée à pied du Détroit de Messine que décrit ici Liszt, avec force vents : François évolue sur les flots, sur son manteau étendu sur l’eau, après qu’un capitaine cupide lui ait refusé de le transporter gratuitement. Bon, je dévie, je dévie. Ici encore, c’est la version orchestrale de Liszt lui-même qu’il nous est donné d’entendre.
Petit détail : on se demande quelle mouche a piqué le label de choisir en couverture une photo où Gianandrea Noseda semble manifestement avoir avalé un goulasch trop épicé.
CHAN10490 - Paru le 27/11/2008
Détail des pistes :
LISZT Franz
A Dante Symphony, S.109
1 - 1 I. Inferno : Lento (6mn 31s )
1 - 2 I. Inferno : Quasi andante, ma sempre un poco mosso (5mn 18s )
1 - 3 I. Inferno : Andante amoroso. Tempo rubato – Più ritenuto (3mn 42s )
1 - 4 I. Inferno : Tempo I (4mn 38s )
1 - 5 II. Purgatorio : Andante con moto quasi allegretto (6mn 22s )
1 - 6 II. Purgatorio : Lamentoso (5mn 11s )
1 - 7 II. Purgatorio : [L’istesso tempo] (3mn 42s )
1 - 8 II. Purgatorio : Magnificat (6mn 49s )
2 Légendes, S 354
1 - 9 St François d’Assise: la prédication aux oiseaux (10mn 43s )
1 - 10 St François de Paule marchant sur les flots (8mn 26s )

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