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Référence : CDH55320 0034571153209 - 1 CD 74:55 - DDD - Enregistré en septembre 1997 - Notes en français, anglais, allemand, italien En vente sur ce site depuis le 4 novembre 2010 Date parution numérique : 2 novembre 2010
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Giovanni Picchi (1572-1643)
Canzon n° 19 a 8 - Canzon n° 15 a 6 - Canzon n° 17 a 8
Toccata - Ballo Ungaro - Padoana ditta la Ongara
Canzon n° 18 a 8 - Canzon n° 14 a 6
Dario Castello (Actif 1620-1629)
Sonata n° 14 a 4 - Sonata n° 10 a 3 - Sonata n° 11 a 3 - Sonata n° 5 a 2
Sonata n° 8 a 2 - Sonata n° 17 in ecco - Sonata n° 13 a 4
His Majestys Sagbutts And Cornetts
(David Staff, Jeremy West, Adrian Woodward, cornets - Susan Addison, Patrick Jackman, Tom Lees, Abigail Newman, Stephen Saunders, Adam Woolf, sacqueboutes - Pavlo Besnosiuk, Julia Bishop, violons - William Lyons, dulciane - Paula Chateauneuf, chitarrone - Frances Kelly, double harpe - Timothy Roberts, Richard Egarr harpsichord, orgues)
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La cité flottante
Canzone, sonates et danses de deux contemporains de Monteverdi
Partout, l’on parle du Carnaval de Venise. Le grand
divertissement y est alors, comme en tout autre événement
important, la mascarade. Les Vénitiens, qui sont naturellement
graves, adorent céder aux folies et aux amusements
de ces saisons, quand un faux personnage les habille de
dignité … il est quelque chose de plus curieux dans les
armures de Venise que dans celles des autres pays et,
pour moi, il ne fait aucun doute que l’histoire secrète d’un
carnaval ferait un ensemble de romans fort divertissants.
John Evelyn, 1645
L’intrigue et le mystère, tenus pour des vertus par les
Vénitiens du début du XVIIe siècle, étaient pratiqués et
parfaits par les petites comme les grandes gens, et en art
érigés par la police secrète de la cité. Une sculpture en bois de
l’époque, due à Francesco Pianta et comptant parmi les trésors
de la Scuola di San Rocco, souligne le caractère furtif d’un
espion typiquement vénitien, à l’identité complètement dissimulée
sous une cape et un chapeau. Ironie de l’histoire de La
Serenissima : les détails de la vie de Dario Castello demeurent
obscurs, malgré la profusion d’archives sur des musiciens
dont les compositions sont loin d’égaler les œuvres cultivées,
tournées vers l’avenir, de cet artiste.
Castello était, et demeure, un nom répandu à Venise, il
paraît, en effet, y avoir eu une famille de musiciens qui servit
le doge et d’autres employeurs vénitiens dans la première moitié
du XVIIe siècle, voire auparavant. Les annales de paiement
et de recensement, les contrats et les nécrologies de l’époque
font référence à trois instrumentistes nommés Castello, très
certainement parents : Bartolomeo, Giovanni Francesco et
Giovanni Battista. Membre des six piffari (vents) du doge
du 27 décembre 1624 au 15 novembre 1633, ce dernier fut
consigné, dans les archives de San Marco, comme le fils de
«Dario de Venise, musicien en notre susnommée chapelle».
Les autres références biographiques à Dario Castello se
limitent aux pages de titre et aux dédicaces de ses deux
volumes de «Sonate concertate», publiés à Venise respectivement
en 1621 et 1629. Les anthologies de sonates de Castello,
populaires mais techniquement exigeantes et musicalement
osées, connurent plusieurs éditions (le Livre I fut réimprimé à
Venise et à Anvers jusqu’en 1658). Deux éditions du Livre I
présentent le compositeur comme le «Capo di Compagnia
de Musichi d’Instrumenti da fiato in Venetia», le chef d’ une
compagnie vénitienne de piffari, cependant que les dédicaces
du Livre II mentionnent sa qualité de musicien à San Marco. Le
méticuleux travail de détective mené dans les archives par
Eleanor Selfridge-Field dans les années 1960 et au début des
années 1970 ne permit de découvrir aucune mention d’un
Dario Castello, musicien ou autre, résidant à Venise entre 1621
et 1658. Sa tentative de reconstitution d’une biographie
«inexistante» inclut l’hypothèse selon laquelle les volumes
de sonates du compositeur auraient été publiés sous une anagramme
de son vrai nom, bien qu’il semble n’y avoir eu aucun
candidat susceptible de satisfaire les efforts des «résolveurs»
de problèmes, fussent-ils déterminés.1
La musique de Castello et l’historique de sa publication
attestent avec évidence des talents créatifs du musicien et
de sa stature de compositeur considérablement influent. Le
volume de 1621, qui réunit douze œuvres, offre le premier
corpus exclusivement consacré à des sonates instrumentales;
à l’identique, les dix-sept pièces publiées en 1629 sont toutes
des sonates. Castello prend des éléments de la canzona vénitienne
traditionnelle à plusieurs voix—en premier lieu, des
passages d’écriture soliste virtuose et d’échanges concertante
entre plusieurs instrumentistes—pour les introduire avec
succès dans des œuvres étendues, destinées à un nombre
d’instruments moindre.
[…]
* * *
Quoique les œuvres de Giovanni Picchi soient éclipsées par
celles de son contemporain Castello, l’on peut au moins
retracer les grandes lignes de la carrière de ce compositeur
grâce, entre autres sources essentielles, aux archives qui nous
sont parvenues. Picchi travailla la majeure partie de sa vie
dans le district vénitien de San Polo—où il contribua à élever
six enfants—, servant comme organiste à l’église de Santa
Maria de’ Frari, d’environ 1606 à sa mort, le 19 mai 1643.
En 1623, il succéda à Giovanni Battista Grillo (décédé
peu avant) au poste d’organiste de la confraternité voisine, la
Scuola Grande di San Rocco, naguère occupé par Giovanni
Gabrieli. Les fonctions d’organiste à la scuola furent consignées
en 1588 : les titulaires devaient accompagner la messe et les
vêpres de vingt-quatre jours de fête; la messe le premier
dimanche de chaque mois, excepté à l’Avent et au carême;
les vêpres chaque dimanche et complies chaque vendredi. L’on attendait aussi de Picchi qu’il organisât les musiciens
pour représenter la scuola au cours des trionfi ducaux, les
processions élaborées de la cité. En 1624, le compositeur fut
invité à concourir au poste de second organiste à San Marco,
mais les grands procurateurs de la basilique décidèrent d’élire
Giovanni Pietro Berti.
[…]
Richard Alexander (The Mikado) - Kanen Breen (Nanki-Poo) - Taryn Fiebig (Yum-Yum) - Mitchell Butel (Ko-Ko) - Warwick Fyfe (Pooh-Bah) - Jacqueline Dark (Katisha) - Opera Australia Chorus - Orchestra Victoria - Brian Castles-Onion, direction
Berlioz : Cantate Herminie - Les Nuits d'été - Ravel : Shéhérazade / Véronique Gens, soprano - Orchestre National des Pays de la Loire - Direction John Axelrod