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  • The Floatting City

    Dario Castello & Giovanni Picchi

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Référence : CDH55320 0034571153209 - 1 CD 74:55 - DDD - Enregistré en septembre 1997 - Notes en français, anglais, allemand, italien
En vente sur ce site depuis le 4 novembre 2010
Date parution numérique : 2 novembre 2010
  • Pour commander par téléphone :
  • 0892 259 770 (0,34 €/mn)
  • From Outside France (only) please dial +331 49269770
    English spoken
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Chansons, Sonates & Danses

Giovanni Picchi (1572-1643)
Canzon n° 19 a 8 - Canzon n° 15 a 6 - Canzon n° 17 a 8
Toccata - Ballo Ungaro - Padoana ditta la Ongara
Canzon n° 18 a 8 - Canzon n° 14 a 6

Dario Castello (Actif 1620-1629)
Sonata n° 14 a 4 - Sonata n° 10 a 3 - Sonata n° 11 a 3 - Sonata n° 5 a 2
Sonata n° 8 a 2 - Sonata n° 17 in ecco - Sonata n° 13 a 4

His Majestys Sagbutts And Cornetts
(David Staff, Jeremy West, Adrian Woodward, cornets - Susan Addison, Patrick Jackman, Tom Lees, Abigail Newman, Stephen Saunders, Adam Woolf, sacqueboutes - Pavlo Besnosiuk, Julia Bishop, violons - William Lyons, dulciane - Paula Chateauneuf, chitarrone - Frances Kelly, double harpe - Timothy Roberts, Richard Egarr harpsichord, orgues)

Détail des pistes :

PICCHI Giovanni
1 - 1     Canzon No. 19 a 8 (4mn 13s )    

CASTELLO Dario
1 - 2     Sonata No. 14 a 4 (6mn 24s )    

PICCHI Giovanni
1 - 3     Canzon No. 15 a 6 (4mn 24s )    
1 - 4     Canzon No. 17 a 8 (4mn 25s )    
1 - 5     Toccata (3mn 54s )    

CASTELLO Dario
1 - 6     Sonata No. 10 a 3 (5mn 05s )    
1 - 7     Sonata No. 11 a 3 (5mn 15s )    
1 - 8     Sonata No. 5 a 2 (5mn 57s )    

PICCHI Giovanni
1 - 9     Ballo Ungaro (2mn 59s )    
1 - 10     Padoana ditta la Ongara (3mn 13s )    

CASTELLO Dario
1 - 11     Sonata No. 8 a 2 (4mn 54s )    
1 - 12     Sonata No. 17 in ecco (8mn 22s )    

PICCHI Giovanni
1 - 13     Canzon No. 18 a 8 (3mn 40s )    
1 - 14     Canzon No. 14 a 6 (4mn 37s )    

CASTELLO Dario
1 - 15     Sonata No. 13 a 4 (7mn 28s )    

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La cité flottante
Canzone, sonates et danses de deux contemporains de Monteverdi



Partout, l’on parle du Carnaval de Venise. Le grand divertissement y est alors, comme en tout autre événement important, la mascarade. Les Vénitiens, qui sont naturellement graves, adorent céder aux folies et aux amusements de ces saisons, quand un faux personnage les habille de dignité … il est quelque chose de plus curieux dans les armures de Venise que dans celles des autres pays et, pour moi, il ne fait aucun doute que l’histoire secrète d’un carnaval ferait un ensemble de romans fort divertissants.
John Evelyn, 1645

    L’intrigue et le mystère, tenus pour des vertus par les Vénitiens du début du XVIIe siècle, étaient pratiqués et parfaits par les petites comme les grandes gens, et en art érigés par la police secrète de la cité. Une sculpture en bois de l’époque, due à Francesco Pianta et comptant parmi les trésors de la Scuola di San Rocco, souligne le caractère furtif d’un espion typiquement vénitien, à l’identité complètement dissimulée sous une cape et un chapeau. Ironie de l’histoire de La Serenissima : les détails de la vie de Dario Castello demeurent obscurs, malgré la profusion d’archives sur des musiciens dont les compositions sont loin d’égaler les œuvres cultivées, tournées vers l’avenir, de cet artiste.

     Castello était, et demeure, un nom répandu à Venise, il paraît, en effet, y avoir eu une famille de musiciens qui servit le doge et d’autres employeurs vénitiens dans la première moitié du XVIIe siècle, voire auparavant. Les annales de paiement et de recensement, les contrats et les nécrologies de l’époque font référence à trois instrumentistes nommés Castello, très certainement parents : Bartolomeo, Giovanni Francesco et Giovanni Battista. Membre des six piffari (vents) du doge du 27 décembre 1624 au 15 novembre 1633, ce dernier fut consigné, dans les archives de San Marco, comme le fils de « Dario de Venise, musicien en notre susnommée chapelle ».

     Les autres références biographiques à Dario Castello se limitent aux pages de titre et aux dédicaces de ses deux volumes de « Sonate concertate », publiés à Venise respectivement en 1621 et 1629. Les anthologies de sonates de Castello, populaires mais techniquement exigeantes et musicalement osées, connurent plusieurs éditions (le Livre I fut réimprimé à Venise et à Anvers jusqu’en 1658). Deux éditions du Livre I présentent le compositeur comme le « Capo di Compagnia de Musichi d’Instrumenti da fiato in Venetia », le chef d’ une compagnie vénitienne de piffari, cependant que les dédicaces du Livre II mentionnent sa qualité de musicien à San Marco. Le méticuleux travail de détective mené dans les archives par Eleanor Selfridge-Field dans les années 1960 et au début des années 1970 ne permit de découvrir aucune mention d’un Dario Castello, musicien ou autre, résidant à Venise entre 1621 et 1658. Sa tentative de reconstitution d’une biographie « inexistante » inclut l’hypothèse selon laquelle les volumes de sonates du compositeur auraient été publiés sous une anagramme de son vrai nom, bien qu’il semble n’y avoir eu aucun candidat susceptible de satisfaire les efforts des « résolveurs » de problèmes, fussent-ils déterminés.1

     La musique de Castello et l’historique de sa publication attestent avec évidence des talents créatifs du musicien et de sa stature de compositeur considérablement influent. Le volume de 1621, qui réunit douze œuvres, offre le premier corpus exclusivement consacré à des sonates instrumentales ; à l’identique, les dix-sept pièces publiées en 1629 sont toutes des sonates. Castello prend des éléments de la canzona vénitienne traditionnelle à plusieurs voix—en premier lieu, des passages d’écriture soliste virtuose et d’échanges concertante entre plusieurs instrumentistes—pour les introduire avec succès dans des œuvres étendues, destinées à un nombre d’instruments moindre.

[…]

* * *

     Quoique les œuvres de Giovanni Picchi soient éclipsées par celles de son contemporain Castello, l’on peut au moins retracer les grandes lignes de la carrière de ce compositeur grâce, entre autres sources essentielles, aux archives qui nous sont parvenues. Picchi travailla la majeure partie de sa vie dans le district vénitien de San Polo—où il contribua à élever six enfants—, servant comme organiste à l’église de Santa Maria de’ Frari, d’environ 1606 à sa mort, le 19 mai 1643.

     En 1623, il succéda à Giovanni Battista Grillo (décédé peu avant) au poste d’organiste de la confraternité voisine, la Scuola Grande di San Rocco, naguère occupé par Giovanni Gabrieli. Les fonctions d’organiste à la scuola furent consignées en 1588 : les titulaires devaient accompagner la messe et les vêpres de vingt-quatre jours de fête ; la messe le premier dimanche de chaque mois, excepté à l’Avent et au carême ; les vêpres chaque dimanche et complies chaque vendredi. L’on attendait aussi de Picchi qu’il organisât les musiciens pour représenter la scuola au cours des trionfi ducaux, les processions élaborées de la cité. En 1624, le compositeur fut invité à concourir au poste de second organiste à San Marco, mais les grands procurateurs de la basilique décidèrent d’élire Giovanni Pietro Berti.

[…]

Andrew Stewart
Traduction Hyperion
© Hyperion 2010 – Reproduction interdite


1Selfridge-Field, Eleanor, « Dario Castello: A non-existent biography ». Music and Letters, 53 (1972), 179–190

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