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Référence : CDD22065 0034571120652 - 2 CD 65:35 - 50:02 - DDD - Enregistré du 8 au 11 novembre 1993 - Notes en français, anglais et allemand En vente sur ce site depuis le 4 novembre 2010 Date parution numérique : 2 novembre 2010
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Sonates pour violoncelle & basse continue
Si bémol majeur, RV 47
La mineur, RV 44
Si bémol majeur, RV 45
Mi bémol majeur, RV 39
Sol mineur, RV 42
Mi mineur, RV 40
Fa majeur, RV 41
Si bémol majeur, RV 46
La mineur, RV 43
Helen Gough, violoncelle continue David Miller, théorbe, archiluth & guitare baroque Robert King, orgue de chambre & clavecin
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2 - 14 II. Allegro (3mn 30s )
2 - 15 III. Largo (4mn 53s )
2 - 16 IV. Allegro (2mn 55s )
Lorsque Vivaldi mourut à Vienne le 27 ou 28 juillet 1741,
sa famille dut se défaire de la collection immense
de manuscrits (œuvres du compositeur pour la plupart,
mais aussi de la musique sacrée d’autres compositeurs) que
Vivaldi avait laissés derrière lui à Venise. Jusqu’à 1745, tout
au plus, ces manuscrits reliés en vingt-sept volumes, faisant
partie aujourd’hui des collections de Foà et Giordano à la
Biblioteca Nazionale de Turin, étaient en la possession d’un
noble Vénitien bibliophile, Jacopo Soranzo. Étrangement, ces
volumes contiennent peu de sonates d’une description
particulière, et aucune pour instrument seul et basse. Vivaldi
garda peut-être les manuscrits autographes en sa possession,
copiant les œuvres pour s’acquitter de certaines commandes,
et la raison de leur absence n’est que pure spéculation. En
conséquence, il est maintenant impossible d’affirmer avec
précision le nombre de sonates pour violoncelle que Vivaldi
composa tout au long de sa carrière prolifique comme
compositeur, dès 1705 (date de son op.1) jusqu’à sa mort
trente-six ans plus tard.
Vivaldi était certainement familier à la technique et aux
qualités idiomatiques du violoncelle. À l’époque, il était normal
pour les musiciens de posséder une connaissance pratique
de tous les instruments de la «famille» dont leur propre
instrument de prédilection faisait partie. De plus, Vivaldi était
le seul, pendant plusieurs années, à enseigner les instruments
à cordes au Pietà, la célèbre institution vénitienne pour les
enfants trouvés, et il est difficile de croire qu’il n’enseignait
que sur son propre instrument, le violon. En fait, certains
documents établissent qu’il utilisait aussi le viola inglese, un
instrument rare à cordes sympathiques, qui lui permettait
de recevoir une somme d’argent en plus de son salaire. Il
composa aussi des concertos et peut-être des sonates pour
les membres très talentueux de l’orchestre du Pietà, composé
entièrement de femmes. Lorsque Vivaldi fut établi comme
compositeur, des commandes pour des sonates pour
violoncelle en provenance d’autres musiciens ou de leurs protecteurs commencèrent à affluer. Même s’il publia deux
séries de sonates pour violons (opp. 2 et 5), ses sonates pour
violoncelle ne furent pas publiées. Il est possible que le marché
de la musique pour violoncelle fût à l’époque trop spécialisé et
pas assez reconnu.
Trois recueils de manuscrits contenant les sonates pour
violoncelle de Vivaldi ont survécu de nos jours. Le plus
important, contenant six œuvres regroupées en une série, est
conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris. Il est possible
que ce manuscrit ait servi d’exemple à l’édition des œuvres qui
furent publiées (presque certainement sans l’intervention de
Vivaldi) par l’éditeur parisien Charles-Nicolas Le Clerc, aux
alentours de 1740. Vers la fin des années 1730, le violoncelle
devint fortement en vogue à Paris (Le Clerc publia au moins
vingt-six volumes de sonates pour violoncelle entre environ
1738 et 1750), ce qui poussa Hubert Le Blanc à publier la
polémique amère Défense de la basse de viole contre les
entreprises du violon et les prétentions du violoncelle (1740).
Dans le catalogue de Ryom, les six œuvres de «Paris» sont
numérotées RV47, 41, 43, 45, 40 et 46 respectivement. La
préparation du manuscrit (pour un client dont l’identité reste
inconnue) précéda peut-être de plusieurs années la publication
des œuvres; certaines évidences paléographiques suggèrent
que les œuvres furent copiées durant les années 1720.
Les manuscrits des trois sonates (RV39, 44 et 47) sont
conservés à la bibliothèque du Conservatoire de Naples.
Encore une fois, on ne trouve aucune trace d’un protecteur,
mais la collection de Paris contient aussi la sonate RV47
(Sonate I), ce qui semble suggérer une date comparable.
On peut trouver deux sonates, RV42 et RV46 dans la
bibliothèque des Comtes de Schönborn-Wiesentheid au
Château de Wiesentheid à Unterfranken en Allemagne. Elles
furent acquises, et peut-être commandées, par le Comte
Rudolf Franz Erweln von Schönborn (1677–1754), un
violoncelliste amateur enthousiaste qui obtint aussi plusieurs
concertos pour violoncelle de Vivaldi.
Il ne nous reste plus qu'à mentionner une autre sonate,
RV38, dont la compagnie d’édition de Leipzig, Breitkopf, possédait
autrefois une copie du manuscrit (l’œuvre est annoncée
dans un catalogue de 1766) qui n’existe plus aujourd’hui.
Les neuf sonates subsistantes datent de la même période,
ce qui pourrait expliquer l’uniformité de leurs structures.
Nombre de parallèles existent entre les formes des douze
sonates pour violons «Manchester» de Vivaldi qui furent
composées au milieu des années 1720. Les sonates pour
violoncelle comportent, sans exception, quatre mouvements,
conformes au plan lent–rapide–lent–rapide. Chaque mouvement
est de forme binaire, avec deux sections répétées. Les
troisièmes mouvements sont souvent transposés pour obtenir
un effet contrastant. Plusieurs mouvements possèdent un
caractère dansant typique : dans les sonates de Wiesentheid,
tous les titres des mouvements appropriés sont en fait tirés de
titres de danses. Cependant—tout comme les sonates de
«Manchester»—le caractère rythmique de ces mouvements
est trop varié et individuel pour que les titres y correspondent
parfaitement.
Vivaldi était fortement conscient de la particularité
principale du violoncelle en tant qu’instrument joué seul. Le
violoncelle n’est pas un instrument considéré comme
possédant un registre entièrement «ténor» (décrit comme un
« violon » jouant une octave plus bas) et n’est pas non plus un
instrument de «basse» doublant ou accompagnant la basse,
mais peut alterner entre ces deux fonctions, même dans le
courant de la même phrase musicale. La dualité de son rôle lui
permet d’explorer les vastes possibilités de «dialogue» à
l’intérieur même de sa partition, et lui fournit la mobilité
nécessaire pour se déplacer entre les différents registres.
Mais, en plus de ces considérations d’ordre technique, la
composition pour le violoncelle semble avoir apporté à Vivaldi
une empathie spéciale : un certain sérieux et une profondeur
expressive retrouvés dans ses œuvres pour violoncelle ne sont
pas présents de la même façon dans ses compositions pour le
violon. Il est possible que le registre grave du violoncelle y soit pour quelque chose, car la musique pour basson de Vivaldi
contient des qualités de sentiment semblables.
Les instruments utilisés dans l’accompagnement du
violoncelle seul dans ces sonates (et autres œuvres similaires)
ont inspiré chez les éditeurs et les musiciens nombre de
propositions et solutions différentes. Les sources ne sont pas
d’une aide précieuse : l’accompagnement à la basse est
exempt de description ou simplement intitulé «basso». La
solution la plus adoptée de nos jours est basée sur la
recommandation générale de C P E Bach (1753), qui propose
l’utilisation d’un clavecin et d’un violoncelle pour la basse
continue. Mais Bach n’était qu’une voix parmi d’autres, et sa
recommandation est personnelle, basée sur ses usages
préférés, et non sur l’usage régulier (sans compter l’usage en
Italie trente ans auparavant). Il est vrai que l’utilisation d’un
instrument à cordes frottées et d’un instrument à clavier
permet de contrebalancer l’obbligato (les parties notées) et
assure la totalité harmonique, mais cette méthode peut être
limitée si elle exclu nombre d’autres possibilités. Sur cet
enregistrement, plusieurs combinaisons différentes sont
employées. Elles comprennent l’utilisation d’un clavecin et
d’un orgue de chambre (reflétant la popularité de l’organetti en
Italie à l’époque) ainsi que d’un téorbe, d’un archiluth et d’une
guitare baroque. La présence d’instruments à cordes pincées,
rarement utilisés dans les enregistrements précédents,
possède une signification importante; ce n’est que récemment
que nous sommes devenus conscients de l’endurance de leur
popularité (et de leur utilisation largement répandue) dans la
musique à la fin de l’époque baroque. Dans l’oratorio de
Vivaldi, Juditha triumphans, qui fut présenté au Pietà en 1716,
pas moins de quatre téorbes furent utilisés dans les sections
obbligato de l’une des arias, et nous trouvons même une
section obbligato destinée à l’archiluth dans le Miserere,
composé pour le Pietà plus tardivement aux alentours de 1760,
par son maestro di coro, Gaetano Latilla.
Richard Alexander (The Mikado) - Kanen Breen (Nanki-Poo) - Taryn Fiebig (Yum-Yum) - Mitchell Butel (Ko-Ko) - Warwick Fyfe (Pooh-Bah) - Jacqueline Dark (Katisha) - Opera Australia Chorus - Orchestra Victoria - Brian Castles-Onion, direction
Chopin : Ballade n°3 Scherzo n°3 - Fantaisie en fa mineur - Beethoven : Sonates pour piano n°23 "Appassionata" et n°32 / Van Cliburn & Claudio Arrau, piano