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  • 1 CD Classique - CDA67818
  • Vytautas Miskinis

    Musique chorale

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Référence : CDA67818 0034571178189 - 1 CD 77:57 - DDD - Enregistré du 7 au 9 janvier 2010 en l'église Saint Alban, Holborn, Londres - Notes en français, anglais et allemand avec les textes chantés en latin et traduction anglaise
En vente sur ce site depuis le 4 novembre 2010
Date parution numérique : 2 novembre 2010
  • Pour commander par téléphone :
  • 0892 259 770 (0,34 €/mn)
  • From Outside France (only) please dial +331 49269770
    English spoken
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Vytautas Miškinis (né en 1954)

Dum medium silentium (2008)
O sacrum convivium (2000)
Pater noster (1994)
Tenebrae factae sunt (1995)
Neišeik, saulala (Ne me quitte pas, soleil / 2007)
Sept antiennes O (1995–2003)
O Sapientia - O Adonai - O Radix Jesse - O Clavis David - O Oriens - O Rex gentium - O Emmanuel
Oi šąla, šąla (Oh, il fait froid / 1994)
O magnum mysterium (2008)
Ave Maria II (1988)
Salve Regina (1997)
Ave Maria III (1990)
Time is endless (2007)

Royal Holloway Choir
Direction Rupert Gough

Détail des pistes :

MISKINIS Vytautas
1 - 1     Dum medium silentium (4mn 37s )    
1 - 2     O sacrum convivium (4mn 55s )    
1 - 3     Pater noster (5mn 17s )    
1 - 4     Tenebrae factae sunt (4mn 26s )    
1 - 5     Neiseik, saulala (6mn 16s )    

Seven O Antiphons
1 - 6     O Sapientia (3mn 21s )    
1 - 7     O Adonai (2mn 27s )    
1 - 8     O Radix Jesse (2mn 23s )    
1 - 9     O Clavis David (2mn 12s )    
1 - 10     O Oriens (2mn 58s )    
1 - 11     O Rex gentium (2mn 13s )    
1 - 12     O Emmanuel (3mn 28s )    
1 - 13     Oi sala, sala (7mn 57s )    
1 - 14     O magnum mysterium (6mn 14s )    
1 - 15     Ave Maria II (3mn 34s )    
1 - 16     Salve Regina (5mn 18s )    
1 - 17     Ave Maria III (3mn 39s )    
1 - 18     Time is endless (6mn 32s )    

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Vytautas Miškinis
Musique chorale



    A l’instar des autres pays baltes que sont la Lettonie et l’Estonie, la Lituanie préserve, au cœur de son héritage culturel, une riche tradition de chant choral qui, loin de se confiner aux églises et aux salles de concert, fait partie intégrante de la vie quotidienne et est un élément clé de la conscience nationale—comme l’attestent les festivals de chant capables de drainer jusqu’à trente mille participants. Des siècles de domination politico-culturelle étrangère ont largement cantonné la musique autochtone aux chants traditionnels ruraux. Cette répression fit que ces genres anciens survécurent jusqu’au XXe siècle et, lorsque le pays commença d’affirmer son indépendance, ce furent ces chants nationaux fédérateurs qui éveillèrent chez les Lituaniens conscience ethnique et estime de soi. Au cœur des restrictions de l’occupation soviétique (1940–1990), sauvegarder la source de la vitalité de la musique folklorique devint le stimulant artistique primordial et chanter demeura essentiel à la vie culturelle du pays. Et si le concept de nationalisme put évoluer au fil du temps, l’affinité de la Lituanie avec les chants traditionnels perdura, tout comme le sentiment de communauté à travers le chant choral.

     Né à Vilnius en 1954, Vytautas Miškinis est l’actuel doyen de la culture chorale lituanienne. Pendant trente ans, il a été le directeur artistique d’Azvuoliukas, un chœur, primé, de garçons lituanien dans lequel il commença sa carrière musicale comme soprano, à l’âge de sept ans. Encore élève, il fut d’abord accompagnateur et chef pour Hermanas Perelsteinas, fondateur de ce chœur dont il reprit la direction artistique en 1979, à l’âge de vingt-cinq ans. Depuis, ce « petit chêne » (c’est ce que signifie Azvuoliukas) est devenu une école accueillant quatre cent cinquante jeunes musiciens.

     Miškinis s’est toujours intéressé à la musique chorale avec un grand éclectisme. Les leçons de composition, qu’il prit en dehors du système étatique, encouragèrent en lui une plus grande liberté artistique. Sa musique, tout en arborant de nettes racines lituaniennes, synthétise diverses influences forgées et moulées soigneusement, avec une intelligence éprouvée de l’orchestration chorale. Comme nombre de ses confrères baltes, Miškinis adopte une approche fondamentalement diatonique, mais généreusement recouverte d’harmonies et d’accords en clusters hauts en couleurs. Les accords résonnent de maintes quintes et quartes justes renforçant la série d’harmoniques. Ce qui rend cette musique indéniablement lituanienne, c’est l’influence de deux genres de chants traditionnels : l’un, de type homophonique, où les harmonies sont obtenues à partir des première, quatrième et cinquième notes de la gamme, l’autre de type contrapuntique, aux dissonances intéressantes et où les lignes, prises ensemble, forment une chaîne de secondes non résolues. Ce chant-là, venu du nord-est de la Lituanie et baptisé sutartinė , joua un rôle essentiel dans la réinvention de la musique traditionnelle en tant qu’art noble. Des compositeurs comme Bronius Kutavicvius (né en 1932) découvrirent rapidement des parallèles intéressants entre les sutartinė et les nouvelles idées avant-gardistes qui parvenaient à filtrer de l’Europe d’après-guerre.

     Le « minimalisme lituanien » qui s’ensuivit, dans les années 1970 et 1980, s’appuya sur ces chants et sur d’autres formes polyphoniques anciennes pour forger de grands cycles choraux ritualistes à même d’immortaliser le folklore évanescent. Le même phénomène se produisait alors en Estonie, avec Veljo Tormis, tandis qu’Arvo Pärt ressuscitait l’atmosphère musicale de la primitive église. À chaque fois, l’intention était de faire naître un climat de contemplation, un effet méditatif propre à dissiper peu à peu la notion temps réel.

     Bien que la répétition imprègne une large part de sa musique, Miškinis ne doit pas être considéré comme un minimaliste. Ses textures vocales ont beau être rehaussées par un judicieux usage d’effets aléatoires soigneusement maîtrisés et d’ostinatos, c’est la coloration du texte qui demeure au cœur de son esprit créatif : « Je n’expérimente pas le son. L’essentiel, pour moi, c’est le sens du texte. Le contenu. C’est pourquoi j’admets n’importe quel moyen d’expression renvoyant au sens d’un mot.  » Comme son grand voisin la Pologne, la Lituanie est essentiellement catholique. Élevé dans cette foi, Miškinis ne se considère cependant plus comme un fervent croyant, même s’il demeure attiré par les idéaux universels, la « poésie unique » de nombreux textes liturgiques.

[…]

Rupert Gough
Traduction Hyperion
© Hyperion 2010 – Reproduction interdite

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