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Référence : CDA67818 0034571178189 - 1 CD 77:57 - DDD - Enregistré du 7 au 9 janvier 2010 en l'église Saint Alban, Holborn, Londres - Notes en français, anglais et allemand avec les textes chantés en latin et traduction anglaise En vente sur ce site depuis le 4 novembre 2010 Date parution numérique : 2 novembre 2010
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Dum medium silentium (2008) O sacrum convivium (2000) Pater noster (1994) Tenebrae factae sunt (1995) Neišeik, saulala (Ne me quitte pas, soleil / 2007) Sept antiennes O (1995–2003)
O Sapientia - O Adonai - O Radix Jesse - O Clavis David - O Oriens - O Rex gentium - O Emmanuel Oi šąla, šąla (Oh, il fait froid / 1994) O magnum mysterium (2008) Ave Maria II (1988) Salve Regina (1997) Ave Maria III (1990) Time is endless (2007)
Royal Holloway Choir
Direction Rupert Gough
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A l’instar des autres pays baltes que sont la
Lettonie et l’Estonie, la Lituanie préserve, au cœur
de son héritage culturel, une riche tradition de
chant choral qui, loin de se confiner aux églises et aux
salles de concert, fait partie intégrante de la vie quotidienne
et est un élément clé de la conscience nationale—comme
l’attestent les festivals de chant capables de drainer jusqu’à
trente mille participants. Des siècles de domination
politico-culturelle étrangère ont largement cantonné la
musique autochtone aux chants traditionnels ruraux. Cette
répression fit que ces genres anciens survécurent jusqu’au
XXe siècle et, lorsque le pays commença d’affirmer son
indépendance, ce furent ces chants nationaux fédérateurs
qui éveillèrent chez les Lituaniens conscience ethnique et
estime de soi. Au cœur des restrictions de l’occupation
soviétique (1940–1990), sauvegarder la source de la
vitalité de la musique folklorique devint le stimulant
artistique primordial et chanter demeura essentiel à la vie
culturelle du pays. Et si le concept de nationalisme put
évoluer au fil du temps, l’affinité de la Lituanie avec les
chants traditionnels perdura, tout comme le sentiment de
communauté à travers le chant choral.
Né à Vilnius en 1954, Vytautas Miškinis est l’actuel
doyen de la culture chorale lituanienne. Pendant trente
ans, il a été le directeur artistique d’Azvuoliukas, un
chœur, primé, de garçons lituanien dans lequel il
commença sa carrière musicale comme soprano, à l’âge
de sept ans. Encore élève, il fut d’abord accompagnateur
et chef pour Hermanas Perelsteinas, fondateur de ce
chœur dont il reprit la direction artistique en 1979, à l’âge
de vingt-cinq ans. Depuis, ce «petit chêne» (c’est ce que
signifie Azvuoliukas) est devenu une école accueillant
quatre cent cinquante jeunes musiciens.
Miškinis s’est toujours intéressé à la musique chorale
avec un grand éclectisme. Les leçons de composition, qu’il prit en dehors du système étatique, encouragèrent en
lui une plus grande liberté artistique. Sa musique, tout
en arborant de nettes racines lituaniennes, synthétise
diverses influences forgées et moulées soigneusement,
avec une intelligence éprouvée de l’orchestration chorale.
Comme nombre de ses confrères baltes, Miškinis adopte
une approche fondamentalement diatonique, mais
généreusement recouverte d’harmonies et d’accords en
clusters hauts en couleurs. Les accords résonnent de
maintes quintes et quartes justes renforçant la série
d’harmoniques. Ce qui rend cette musique indéniablement
lituanienne, c’est l’influence de deux genres de
chants traditionnels : l’un, de type homophonique, où les
harmonies sont obtenues à partir des première, quatrième
et cinquième notes de la gamme, l’autre de type
contrapuntique, aux dissonances intéressantes et où les
lignes, prises ensemble, forment une chaîne de secondes
non résolues. Ce chant-là, venu du nord-est de la Lituanie
et baptisé sutartinė , joua un rôle essentiel dans la réinvention
de la musique traditionnelle en tant qu’art
noble. Des compositeurs comme Bronius Kutavicvius
(né en 1932) découvrirent rapidement des parallèles
intéressants entre les sutartinė et les nouvelles idées
avant-gardistes qui parvenaient à filtrer de l’Europe
d’après-guerre.
Le «minimalisme lituanien» qui s’ensuivit, dans les
années 1970 et 1980, s’appuya sur ces chants et sur
d’autres formes polyphoniques anciennes pour forger de
grands cycles choraux ritualistes à même d’immortaliser
le folklore évanescent. Le même phénomène se produisait
alors en Estonie, avec Veljo Tormis, tandis qu’Arvo Pärt
ressuscitait l’atmosphère musicale de la primitive église.
À chaque fois, l’intention était de faire naître un climat
de contemplation, un effet méditatif propre à dissiper peu
à peu la notion temps réel.
Bien que la répétition imprègne une large part de sa
musique, Miškinis ne doit pas être considéré comme un
minimaliste. Ses textures vocales ont beau être rehaussées
par un judicieux usage d’effets aléatoires soigneusement
maîtrisés et d’ostinatos, c’est la coloration du texte qui
demeure au cœur de son esprit créatif : «Je n’expérimente
pas le son. L’essentiel, pour moi, c’est le sens du texte. Le
contenu. C’est pourquoi j’admets n’importe quel moyen
d’expression renvoyant au sens d’un mot. » Comme son
grand voisin la Pologne, la Lituanie est essentiellement
catholique. Élevé dans cette foi, Miškinis ne se considère
cependant plus comme un fervent croyant, même s’il
demeure attiré par les idéaux universels, la «poésie
unique» de nombreux textes liturgiques.
[…]
Prélude et Cortège et Air de danse de L'Enfant prodigue - Printemps - Prélude à l'après-midi d'un faune - Marche écossaise sur un thème populaire - Nocturnes - La Mer - Images... / Royal Scottish National Orchestra - Stéphane Denève, direction