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e cet infortuné Spohr, on ne connaît guère que le Nonette – du Spohr en chambre, si j’ose dire – mais peu ou pas l’œuvre symphonique. C’est qu’il fut coincé entre les grands classiques déjà installés, tels que Haydn et Beethoven, et les grands romantiques sans doute plus aventureux que lui ; en quelque sorte, il est né soit dix ans trop tard, soit dix ans trop tôt ! Dommage pour lui, certes, mais dommage aussi pour les mélomanes qui perdent l’occasion de découvrir un compositeur qui, en termes d’originalité, n’a rien à envier à un Weber, autrement mieux représenté sur la scène discographique et concertante. Ne serait-ce qu’avec ses dix symphonies, étalées sur quarante-six ans, il y a de quoi se procurer de nombreuses surprises.
Sa Troisième symphonie Op. 78 date de 1828 ; empreinte de fantaisie poétique, elle présente de nombreux dérapages par rapport aux modèles d’école, et si elle ne révolutionnera pas le monde musical comme le fit la Symphonie fantastique à peine deux ans plus tard, elle mérite de figurer au panthéon des symphonies préromantiques au même titre que celles de Mendelssohn. On notera que Mendelssohn, justement, la dirigea lors de son ultime concert, et Wagner la dirigera également quelques années plus tard.
Plus originale, la Sixième symphonie de Op. 116 de 1839 présente une amusante particularité : chacun des quatre mouvements évoque une période historique musicale ! Le premier évolue dans le pastiche de Bach et de Händel (du moins ce que l’on pensait être Bach et Händel en ce temps), le second rappelle Mozart et Haydn, le troisième aborde le grand copain que fut Beethoven, le dernier évolue dans un langage « moderne » , celui de la toute dernière période : Spohr adopte là un style qu’il n’aimait pourtant pas, celui du grand opéra à la parisienne, avec clin d’œil à Meyerbeer et ses amples pattes d’éléphant, mais aussi un petit bisou en direction de Berlioz et ses inventions délirantes.
Détail des pistes :
SPOHR Louis
Der Fall Babylons, WoO 63
1 - 1 Overture (7mn 32s )
Symphony No. 3 in C minor, Op. 78
1 - 2 Andante grave — Allegro (8mn 08s )
1 - 3 Larghetto (5mn 36s )
1 - 4 Scherzo — Trio (6mn 49s )
1 - 5 Allegro (9mn 44s )
Symphony No. 6 in G major, Op. 116
1 - 6 Bach–Händel’sche Periode 1720: Largo grave — Allegro moderato — Pastorale — Tempo primo (5mn 42s )
1 - 7 Haydn–Mozart’sche Periode 1780: Larghetto (7mn 41s )
1 - 8 Beethoven’sche Periode 1810: Scherzo — Trio (6mn 06s )
1 - 9 Allerneueste Periode 1840: Allegro vivace (6mn 38s )
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