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  • 1 CD Classique - CDA67786
  • Carl Philipp Emanuel Bach

    Sonates pour clavier

4 étoiles Classica
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Référence : CDA67786 0034571177861 - 1 CD 78:01 - DDD - Enregistré du 31 juillet au 2 août 2009 à Monmouth - Notes en français, anglais et allemand
En vente sur ce site depuis le 17 juin 2010
Date parution numérique : 15 juin 2010
  • Pour commander par téléphone :
  • 0892 259 770 (0,34 €/mn)
  • From Outside France (only) please dial +331 49269770
    English spoken
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Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788)

Sonates pour piano
Sol mineur, H47 Wq65/17 (1746)
La majeur, H29 Wq48/6 (1742)
Si bémol majeur, H25 Wq48/2 (1740)
Ut mineur, H27 Wq48/4 (1741)
Mi bémol majeur, H50 Wq52/1 (1747)

Danny Driver, piano

anny Driver délaisse son cher répertoire romantique pour proposer une rare interprétation sur piano des plus belles sonates de CPE Bach. Second fils de Johann Sebastian Bach, Carl Philipp Emanuel entraîna la musique du 18e siècle loin des conventions en composant des œuvres où la rhétorique sentimentale et dramatique ouvre la voie au Romantisme.
Il écrivit plus de 300 pièces pour le piano et Danny Driver nous propose ici quelques-unes de celles composées dans les années 1740, durant son séjour chez le roi de Prusse, Frédéric II.
 

Détail des pistes :

BACH Carl Philipp Emanuel
Sonata in G minor, H 47 Wq65/17
1 - 1     Allegro (5mn 59s )    
1 - 2     Adagio (4mn 32s )    
1 - 3     Allegro assai (4mn 55s )    

Sonata in A major, H 29 Wq48/6
1 - 4     Allegro (7mn 22s )    
1 - 5     Adagio (4mn 29s )    
1 - 6     Allegro (7mn 27s )    

Sonata in B flat major, H25 Wq48/2
1 - 7     Vivace (5mn 51s )    
1 - 8     Adagio (4mn 01s )    
1 - 9     Allegro assai (3mn 02s )    

Sonata in C minor, H27 Wq48/4
1 - 10     Allegro (6mn 48s )    
1 - 11     Adagio (4mn 26s )    
1 - 12     Presto (2mn 45s )    

Sonata in E flat major, H50 Wq52/1
1 - 13     Poco allegro (8mn 15s )    
1 - 14     Adagio assai (4mn 55s )    
1 - 15     Presto (3mn 05s )    

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C.P. E. Bach
Sonates pour clavier



    En 1773, l’historien de la musique anglais Charles Burney écrivait que les œuvres de C. P. E. Bach étaient « si singulières qu’un peu d’habitude était nécessaire pour [y] prendre plaisir ». En fait, il affirmait que de nombreux critiques avaient reproché à C. P. E. Bach d’écrire des œuvres « invraisemblables » et « tirées par les cheveux ». Burney s’est toutefois empressé de prendre la défense de C. P. E. Bach. « Ses envolées ne sont pas les divagations délirantes de l’ignorance ou de la folie, mais les effusions d’un génie cultivé. Après un examen attentif, ses pièces … seront jugées si riches sur le plan de l’invention, du goût et de l’érudition, que … chaque ligne, si on l’exploitait au maximum, fournirait davantage de nouvelles idées qu’on ne peut en découvrir dans une page entière de bien d’autres compositions. »1

     En effet, Carl Philipp Emanuel Bach (1714–1788), deuxième fils de Johann Sebastian, était à la fois vénéré et critiqué par ses contemporains pour ses entorses aux modes conventionnels d’expression musicale. Au cours des années qu’il a passées comme « premier claveciniste » à la cour de Frédéric le Grand de Prusse, puis comme directeur musical des principales églises de Hambourg, C. P. E. Bach a mis au point un style de composition très original et profondément personnel connu sous l’appellation empfindsamer Stil (littéralement, le « style sensible »). Comme le montrent les œuvres présentées dans cet enregistrement, l’approche de C. P. E. Bach de la force expressive de la musique a trouvé sa voix dans de fréquents changements d’atmosphère, de larges sauts mélodiques, des silences abondants et des motifs « soupirants », des structures de phrase irrégulières, la juxtaposition de figures rythmiques contrastées, des cadences trompeuses et des interjections harmoniques rhétoriques dramatiques.

     C. P. E. Bach est devenu particulièrement célèbre pour sa capacité à improviser des fantaisies - forme apparemment libre, élans d’imagination issus de la vie mouvante et insaisissable de la conscience caractérisés par un rythme libre et des excursions harmoniques éloignées. Pourtant une structure cohérente sous-tend ses compositions les plus proches de l’improvisation. C. P. E. Bach lui-même demandait à ses élèves de construire de telles fantaisies en commençant par concevoir un fondement harmonique strict et il a même publié une analyse de l’une de ses propres pièces, où il présente le cadre squelettique situé sous son irrégularité superficielle.

    La musique Carl Philipp Emanuel Bach rompt radicalement avec le style du début du XVIIIe siècle perfectionné par son père, tout en se basant sur lui. Ses compositions marquent l’un des premiers rejets - et parmi les plus inspirés - de l’esthétique baroque, dans laquelle une seule atmosphère unifiée domine chaque mouvement. Fait révélateur, néanmoins, C. P. E. Bach ne fait pas simplement contraster deux états émotionnels, comme c’est souvent le cas dans les œuvres classiques ultérieures, mais explore plutôt une multitude d’émotions juxtaposées de manière très rapprochée et souvent déclenchées par des silences ou des changements de dynamique.

    En fait, C. P. E. Bach a non seulement mis en route un grand nombre des changements qui allaient devenir manifestes dans la musique de Haydn et de Beethoven, mais il s’est également tourné, au-delà de la période classique, vers les idéaux du XIXe siècle. Cela ne signifie pas que C. P. E. Bach ne pouvait pas composer d’œuvres faisant appel à un langage baroque plus traditionnel. En fait, comme on le verra, plusieurs sonates présentées dans ce disque illustrent justement une telle polyvalence en matière de composition.

     Toutes les œuvres présentées dans cet enregistrement ont été composées au cours des années 1740, lorsque Carl Philipp Emanuel Bach était au service du roi Frédéric II de Prusse - qui était non seulement un potentat militaire redouté, mais aussi un flûtiste très compétent. C. P. E. Bach a commencé à travailler pour Frédéric en 1738 ; peu après l’accession au trône de ce dernier en 1740, C. P. E. Bach a été nommé accompagnateur de la cour, poste qu’il a conservé pendant plus d’un quart de siècle. Même si cette nomination était prestigieuse, Frédéric n’a pas donné à C. P. E. Bach un salaire particulièrement élevé en récompense. Comme de nombreux autres musiciens de la cour, il touchait moins d’un sixième du salaire du professeur de flûte de Frédéric, Johann Joachim Quantz, par exemple.

    Les goûts de Frédéric étaient très conservateurs et il aimait surtout toutes les œuvres de Quantz et Carl Heinrich Graun, compositeurs compétents mais beaucoup moins imaginatifs. À son tour, C. P. E. Bach a porté un jugement peu flatteur sur la façon dont Frédéric jouait de la flûte, notant en particulier une instabilité dérangeante du rythme. La fonction de C. P. E. Bach à la cour a donc été marquée par une tension qui se reflète peut-être dans le style de ces premières sonates. À la mort de Telemann en 1767, le poste de Hambourg s’est trouvé libre et C. P. E. Bach a finalement pu obtenir un travail plus gratifiant sur le plan musical.

[…]

Leta Miller
Université de Californie, Santa Cruz
Traduction Marie-Stella Pâris
© Hyperion 2010 – Reproduction interdite


1Dr. Burney’s Musical Tours in Europe, éd. Percy A. Scholes (Londres : Oxford University Press, 1959), 2: 218

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