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Référence : CDA67786 0034571177861 - 1 CD 78:01 - DDD - Enregistré du 31 juillet au 2 août 2009 à Monmouth - Notes en français, anglais et allemand En vente sur ce site depuis le 17 juin 2010 Date parution numérique : 15 juin 2010
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Sonates pour piano
Sol mineur, H47 Wq65/17 (1746)
La majeur, H29 Wq48/6 (1742)
Si bémol majeur, H25 Wq48/2 (1740)
Ut mineur, H27 Wq48/4 (1741)
Mi bémol majeur, H50 Wq52/1 (1747)
Danny Driver, piano
anny Driver délaisse son cher répertoire romantique pour proposer une rare interprétation sur piano des plus belles sonates de CPE Bach. Second fils de Johann Sebastian Bach, Carl Philipp Emanuel entraîna la musique du 18e siècle loin des conventions en composant des œuvres où la rhétorique sentimentale et dramatique ouvre la voie au Romantisme.
Il écrivit plus de 300 pièces pour le piano et Danny Driver nous propose ici quelques-unes de celles composées dans les années 1740, durant son séjour chez le roi de Prusse, Frédéric II.
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En 1773, l’historien de la musique anglais
Charles Burney écrivait que les œuvres de
C. P. E. Bach étaient «si singulières qu’un
peu d’habitude était nécessaire pour [y] prendre
plaisir». En fait, il affirmait que de nombreux critiques
avaient reproché à C. P. E. Bach d’écrire des œuvres
«invraisemblables» et «tirées par les cheveux». Burney
s’est toutefois empressé de prendre la défense de C. P. E.
Bach. «Ses envolées ne sont pas les divagations délirantes
de l’ignorance ou de la folie, mais les effusions d’un génie
cultivé. Après un examen attentif, ses pièces … seront
jugées si riches sur le plan de l’invention, du goût et
de l’érudition, que … chaque ligne, si on l’exploitait au
maximum, fournirait davantage de nouvelles idées qu’on
ne peut en découvrir dans une page entière de bien
d’autres compositions.»1
En effet, Carl Philipp Emanuel Bach (1714–1788),
deuxième fils de Johann Sebastian, était à la fois vénéré
et critiqué par ses contemporains pour ses entorses aux
modes conventionnels d’expression musicale. Au cours
des années qu’il a passées comme «premier claveciniste»
à la cour de Frédéric le Grand de Prusse, puis comme
directeur musical des principales églises de Hambourg,
C. P. E. Bach a mis au point un style de composition
très original et profondément personnel connu sous
l’appellation empfindsamer Stil (littéralement, le «style
sensible»). Comme le montrent les œuvres présentées
dans cet enregistrement, l’approche de C. P. E. Bach de
la force expressive de la musique a trouvé sa voix
dans de fréquents changements d’atmosphère, de larges
sauts mélodiques, des silences abondants et des motifs
«soupirants», des structures de phrase irrégulières, la
juxtaposition de figures rythmiques contrastées, des cadences trompeuses et des interjections harmoniques
rhétoriques dramatiques.
C. P. E. Bach est devenu
particulièrement célèbre pour sa capacité à improviser
des fantaisies - forme apparemment libre, élans d’imagination
issus de la vie mouvante et insaisissable de la conscience
caractérisés par un rythme libre et des excursions
harmoniques éloignées. Pourtant une structure cohérente
sous-tend ses compositions les plus proches de l’improvisation.
C. P. E. Bach lui-même demandait à ses élèves
de construire de telles fantaisies en commençant par
concevoir un fondement harmonique strict et il a même
publié une analyse de l’une de ses propres pièces, où il
présente le cadre squelettique situé sous son irrégularité
superficielle.
La musique Carl Philipp Emanuel Bach rompt
radicalement avec le style du début du XVIIIe siècle
perfectionné par son père, tout en se basant sur lui. Ses
compositions marquent l’un des premiers rejets - et
parmi les plus inspirés - de l’esthétique baroque, dans
laquelle une seule atmosphère unifiée domine chaque
mouvement. Fait révélateur, néanmoins, C. P. E. Bach ne
fait pas simplement contraster deux états émotionnels,
comme c’est souvent le cas dans les œuvres classiques
ultérieures, mais explore plutôt une multitude d’émotions
juxtaposées de manière très rapprochée et souvent
déclenchées par des silences ou des changements de
dynamique.
En fait, C. P. E. Bach a non seulement mis
en route un grand nombre des changements qui allaient
devenir manifestes dans la musique de Haydn et de
Beethoven, mais il s’est également tourné, au-delà de la
période classique, vers les idéaux du XIXe siècle. Cela
ne signifie pas que C. P. E. Bach ne pouvait pas composer
d’œuvres faisant appel à un langage baroque plus traditionnel. En fait, comme on le verra, plusieurs sonates
présentées dans ce disque illustrent justement une telle
polyvalence en matière de composition.
Toutes les œuvres présentées dans cet enregistrement
ont été composées au cours des années 1740, lorsque Carl
Philipp Emanuel Bach était au service du roi Frédéric II
de Prusse - qui était non seulement un potentat militaire
redouté, mais aussi un flûtiste très compétent. C. P. E.
Bach a commencé à travailler pour Frédéric en 1738; peu
après l’accession au trône de ce dernier en 1740, C. P. E.
Bach a été nommé accompagnateur de la cour, poste qu’il
a conservé pendant plus d’un quart de siècle. Même si
cette nomination était prestigieuse, Frédéric n’a pas donné
à C. P. E. Bach un salaire particulièrement élevé en
récompense. Comme de nombreux autres musiciens de la
cour, il touchait moins d’un sixième du salaire du
professeur de flûte de Frédéric, Johann Joachim Quantz,
par exemple.
Les goûts de Frédéric étaient très
conservateurs et il aimait surtout toutes les œuvres de
Quantz et Carl Heinrich Graun, compositeurs compétents
mais beaucoup moins imaginatifs. À son tour, C. P. E. Bach
a porté un jugement peu flatteur sur la façon dont Frédéric
jouait de la flûte, notant en particulier une instabilité
dérangeante du rythme. La fonction de C. P. E. Bach à la
cour a donc été marquée par une tension qui se reflète
peut-être dans le style de ces premières sonates. À la mort
de Telemann en 1767, le poste de Hambourg s’est trouvé
libre et C. P. E. Bach a finalement pu obtenir un travail plus
gratifiant sur le plan musical.
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