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Référence : CDA67778 0034571177786 - 1 CD 74:21 - DDD - Enregistré du 11 au 13 décembre 2008 à All Saints, Durham Road, East Finchley, Londres - Notes en français, angalis et allemand avec les textes chantés en anglais En vente sur ce site depuis le 17 juin 2010 Date parution numérique : 15 juin 2010
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Lemady
She's like the swallow
I wonder as I wander
Tom Bowling Songs and Proverbs of William Blake
Proverb I - London - Proverb II - The Chimney-Sweeper - Proverb III - A Poison Tree - Proverb IV - The Tyger - Proverb V - The Fly - Proverb VI - Ah, Sun-flower - Proverb VII - Every Night and every Morn Tit for Tat
A Song of Enchantment - Autumn - Silver - Vigil - Tit for Tat Um Mitternacht
A Poison Tree
Evening
Morning
Night
David of the white rock
Greensleeves
The Crocodile
The Deaf Woman's Courtship
Bird Scarer's Song
Gerald Finley, baryton Julius Drake, piano
i l'attachement de Britten à Peter Pears fit naître de nombreux chefs-d'œuvre pour voix de ténor, sa rencontre avec Dietrich Fischer-Dieskau et John Shirley-Quick lui inspira notamment le cycle Songs and Proverbs sur des textes de William Blake (1757-1827), dédié au baryton allemand.
Ce programme comprend également des arrangements de chants traditionnels anglais et quelques-unes des dernières mélodies qui ne furent publiées qu'après la mort du compositeur.
Gerald Finley a déjà réalisé pour Hyperion des récitals de mélodies (Ives, Ravel, Schumann...) salués par la presse spécialisée. Il retrouve ici son partenaire de prédilection, le pianiste Julius Drake.
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S’il est particulièrement célèbre pour son
substantiel corpus d’œuvres dédiées à la voix de
ténor - presque tout entier inspiré par le talent
artistique de Peter Pears, son partenaire au long cours et
sa muse -, Britten nous légua aussi de nombreuses
pièces pour baryton. Cette production pour voix grave
lui fut, là encore, inspirée par le talent d’interprètes
avec lesquels il entretenait une étroite collaboration,
notamment Dietrich Fischer-Dieskau, John Shirley-Quirk,
Owen Brannigan et Benjamin Luxon. Outre des cycles de
mélodies, des chants et des arrangements de chansons
traditionnelles, il conçut de stimulants rôles de baryton
pour des opéras aussi divers que Billy Budd (1951), Owen
Wingrave (1970) et Death in Venice (1972) - Gerald
Finley fit magnifiquement sien le rôle-titre d’Owen
Wingrave dans la version télévisée réalisée par Margaret
Williams en 2001. Mais même lorsque Britten écrivait
pour d’autres chanteurs, l’influence de Pears transparaissait
dans le choix des textes à mettre en musique, reflet
des goûts littéraires de l’un autant que de l’autre.
Bien avant de rencontrer Pears, quand il était un
prolifique écolier-compositeur, Britten mit en musique
quantité de poèmes et ses choix littéraires étaient alors
plutôt conservateurs. Dans sa jeunesse, son poète favori
était Walter de la Mare et, en 1968, à sa maturité, il réunit
cinq de ses juvenilia consacrées à ce poète en un corpus
intitulé Tit for Tat qu’il créa avec John Shirley-Quirk au Festival d’Aldeburgh, en 1969. Dans les notes de
programme qu’il rédigea pour la circonstance, il déclara
avoir puisé dans des chants écrits de quatorze à dix-sept
ans; il les avait «un tout petit peu dépoussiérés pour les
offrir ici, pour cette première exécution, en témoignage
de gratitude au fils du poète, le sage et encourageant directeur
de mes nouveaux éditeurs, dont le père écrivit des
poèmes qui comptèrent tant pour moi, tout au long de ma vie». (Une référence à Richard de la Mare, qui fêtait cette
année-là ses soixante-dix ans et qui dirigeait Faber Music
depuis 1966, après avoir tenu les rênes de la maison mère
Faber & Faber.) Grâce au pointilleux souci du détail des
manuscrits britteniens, tous ces chants sont datables avec
une assez grande précision : «A Song of Enchantment»
fut composé en janvier 1929, «Autumn» (originellement
accompagné par un quatuor à cordes) le 28 janvier 1931,
«Silver» le 13 juin 1928, «Vigil» le 23 décembre 1930
et la mélodie-titre conclusive dans les deux premières
semaines de 1929.
Dans sa préface à la partition publiée,
Britten constata : «assez curieusement, les insuffisances
me parurent plus frappantes dans les chants tardifs - de
nouveaux styles avaient point à l’horizon du compositeur,
trop récemment pour être assimilés … En tout cas,
même si je ne prétends pas que ces chants soient importants
ou originaux, il me semble vraiment que cette vision
juvénile a une simplicité et une clarté qui auraient
pu plaire un peu au grand poète, avec sa compréhension
unique de l’âme enfantine.»
Quatre ans avant que Shirley-Quirk créât Tit for Tat, le
Festival d’Aldeburgh avait accueilli un cycle pour baryton,
plus substantiel et plus ardu, les Songs and Proverbs of
William Blake. Au début des années 1960, Britten
commença à collaborer étroitement avec le légendaire
baryton allemand Dietrich Fischer-Dieskau, pour lequel
il conçut les parties de baryton du War Requiem (1962)
et de la Cantata Misericordium (1963). Peu après, il
entreprit d’écrire un cycle de chants solo pour mettre
en lumière la fusion unique, chez Fischer-Dieskau, entre
lyrisme intense et caractérisation dramatique. Il puisa
son inspiration dans la poésie très vivante, et parfois
visionnaire, de William Blake, dont Pears choisit quatorze
textes, courts mais saisissants, pour servir de base à
ce cycle provisoirement intitulé Songs and Sentences of William Blake. La partition fut achevée le 6 avril 1965
et Britten en dédia ainsi le manuscrit : «Pour Dieter : le
passé et l’avenir. » Le 24 juin 1965, Fischer-Dieskau et lui
créèrent cette œuvre, sous son titre légèrement modifié,
à la Parish Church d’Aldeburgh; six mois plus tard, ils
en gravèrent une puissante interprétation pour Decca, à
Kingsway Hall (Londres).
Par endroits, ce cycle renoue avec la sombre intensité
d’une autre mise en musique brittenienne de Blake, «The
Sick Rose» («Elegy»), tirée de la Sérénade pour ténor,
cor et cordes de 1943. Avec sa mélodie entièrement chromatique
et sa saisissante image de corruption chancreuse,
«The Sick Rose» regarde directement vers les Songs
and Proverbs - empruntés, comme elle, aux Songs of
Experience (1794) de Blake. Ajouter un poème tiré des
Songs of Innocence (1789) et plusieurs épigrammes
extraites des Proverbs of Hell (non datés) permit à Britten
de créer une structure continue où les Proverbes sont
exprimés sur un matériel de ritornello récurrent mais
sans cesse retravaillé - un plan structurel présent dans
plusieurs œuvres de la fin des années 1950 et du début
des années 1960 (notamment le cycle de mélodies orchestrales
Nocturne, l’opéra A Midsummer Night’s Dream et
la Cantata Misericordium). Ces austères Proverbes se
distinguent nettement des chants qu’ils ponctuent par
leur déconcertante absence de synchronisation métrique
entre la voix et le piano - comme dans Curlew River, une
Church Parable composée l’année précédente—, tout en
faisant un usage limité des techniques dodécaphoniques.
Comme si souvent chez le Britten tardif, la tension
entre diatonisme lumineux et chromatisme insaisissable
est exploitée tout au long du cycle comme un symbole fort
du conflit, au cœur de la poésie de Blake, entre innocence
et expérience. Aux deux extrémités du cycle, «London»
et «Every Night and every Morn» sont étroitement apparentés par leur chromatisme ambigu et subtilement
troublant, cependant qu’une plus grande simplicité tonale
est réservée aux scènes de nature : la lueur étincelante
de «The Tyger» et la lamentation pour «The Fly».
Des
moments d’immense puissance rhétorique marquent
stratégiquement «A Poison Tree» et «Ah, Sun-flower», le
premier présentant un usage fort original de simples
accords parfaits majeurs et mineurs dans un contexte de
saturation chromatique. Ce texte de Blake, Britten l’avait
déjà mis en musique dans sa jeunesse, le 2 mars 1935;
cette version, qui ne fut pas exécutée avant 1986, figure
également sur le présent enregistrement.
Comme dans l’opéra The Turn of the Screw (1954),
l’intense chromatisme du traitement abouti de ce texte
captivant symbolise le mal dévorateur et constitue le
noyau absolument glaçant du cycle.
À l’été de 1976, peu avant sa mort, Britten prépara
le dernier de ses nombreux corpus d’arrangements de
chants traditionnels mais, trop malade depuis quelque
temps pour accompagner Pears en public, il remplaça
le piano par la harpe. Pears et le harpiste Osian Ellis
formèrent donc un duo régulier et les chants traditionnels
de 1976 furent conçus (comme l’avaient été ceux avec
piano) pour leur servir de bis populaires. Voilà comment
«She’s like the swallow» et «Bird Scarer’s Song» furent créés au Festival d’Aldeburgh le 17 juin 1976;
«Lemady» fut interprété pour la première fois à
l’Université de Chicago le 10 novembre 1977. «David of
the White Rock» («Dafydd y Garreg Wen») fut, lui, un
hommage aux ancêtres gallois de Ellis. Les Eight Folksong
Arrangements, dont ces chants sont issus, furent publiés
posthumement (1980) en deux éditions distinctes :
l’original avec accompagnement de harpe et une version
alternative avec accompagnement pianistique préparée
par Colin Matthews, l’assistant musical de Britten.
Les autres chants de ce disque furent, eux aussi,
dévoilés et publiés après la mort de Britten, survenue en
décembre 1976. Plusieurs datent du début des années
1940, quand le duo de récital Pears/Britten commença
à se faire un nom aux États-Unis. Tel est le cas de
«Greensleeves» et de «The Crocodile», lequel fut
joué le 14 décembre 1941 à la Southold High School (dans
le nord de New York), sous les auspices de l’American
Women’s Hospitals Reserve Corps et dans le cadre d’un
programme où figurait aussi «Tom Bowling» (1789)
de Charles Dibdin - un chant dont Britten prépara
plus tard sa propre version, qui fut créée au Festival
d’Aldeburgh en 1959 et enregistrée par Pears la même
année.
Souvent joué aux côtés des arrangements de
chants traditionnels lors des récitals que Pears et Britten
donnèrent une fois rentrés au Royaume-Uni, en 1942, «I
wonder as I wander» ne fut jamais enregistré ni publié,
les deux hommes ayant découvert, après coup, que ni
ses paroles, ni sa musique n’étaient dans le domaine
public - ce chant avait été publié par John Jacob Niles en
1934. Aussi la version brittenienne ne fut-elle enregistrée
qu’en 1995, grâce à un arrangement tardif entre les éditeurs
de Niles et le Britten Estate. À l’origine, le triptyque
«Evening», «Morning» et «Night» (paru pour
la première fois en 1988) faisait partie de la musique
de scène que Britten composa en 1945 pour le Masque et l’Anti-Masque de This Way to the Tomb, une pièce de
Ronald Duncan - lequel lui fournira, l’année suivante, le
livret de son opéra The Rape of Lucretia.
Deux autres chants remontent aux années 1950,
même si la date du second demeure incertaine. En
1952, Britten arrangea pour duo comique le folksong
appalachien «The Deaf Woman’s Courtship» afin que
Kathleen Ferrier le chantât, avec Pears et lui, lors d’une
tournée nationale visant à lever des fonds pour l’English
Opera Group. Ferrier, se souvint-il, chanta sa partie
«d’une voix faiblarde, cassée, parfaite réplique au magistral
rugissement de Peter. Un chef-d'œuvre d’humour, qui
ébranlait l’auditoire, mais sans jamais briser le style du
reste du concert.» Après la mort prématurée de Ferrier, la
partie de contralto fut confiée à Norma Procter, même si
cet arrangement demeura inédit jusqu’en 2001. La mise
en musique du goethéen «Um Mitternacht» (publiée
en 1994) date probablement de 1959, peu après que le vif
intérêt de Britten pour la poésie allemande eut porté ses
fruits dans un cycle de lieder pour ténor, Sechs Hölderlin-
Fragmente. À cette époque, Pears avait l’enviable
réputation de compter parmi les plus grands apôtres
mondiaux du lied, s’attirant à plusieurs reprises les
critiques extatiques de la presse allemande - d’où l’idée
de la BBC d’exploiter ce succès en se faisant le promoteur
attentif de son travail et de celui de Britten en Allemagne.
Hosanna to the Son of David - What joy so true - All people clap your hands - Voluntarie I - When David Heard - Gloria in excelsis Deo... / The Choir of Sidney Sussex College, Cambridge & Fretwork - David Skinner, direction