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omment se fait-il, me demanderez-vous, que le label Hyperion propose des œuvres de Haendel qui portent le nom d’un label concurrent, Chandos ? Elémentaire, mes chers Watsons : c’est qu’avant d’être le nom d’une collection de galettes, Chandos fut celui d’un duc, le duc de Chandos. Le duc en question, devenu richissime en tant que trésorier général des troupes anglaises lors de la guerre de succession d’Espagne – on ne se posait pas trop de questions quant à la moralité de ce genre de choses à cette époque, alors que de nos jours, les acteurs de ce genre de trafic sont plus discrets ; ajoutons que Chandos soutint aussi la fondation d’un institut destiné à recueillir les enfants abandonnés, ouf, l’honneur est sauf–, se fit construire vers 1720 un palais extravagant, ayant semble-t-il coûté l’équivalent de 30 millions d’euros (!), complet avec chapelle et salle de concerts. Notez que ce monstrueux édifice fut revendu en petits morceaux à peine trente ans plus tard (y compris sa collection de Titien, Raphaël, Caravage ou Poussin) : trop grand, impossible à entretenir, d’autant que Chandos avait perdu une bonne part de sa fortune à la suite d’une gigantesque crise économique. Rien de neuf sous le soleil !
Mais pendant ces années de splendeur, Chandos avait invité rien mois que Haendel en tant que « compositeur en résidence ». Oh, non pas que le musicien fût rémunéré sur une base régulière ; c’était plutôt là affaire de prestige pour Chandos autant que pour Haendel. Toujours est-il qu’il composa pour son mécène onze hymnes, les Chandos Anthems, pour solistes, chœur, cordes et quelques vents solistes, dont voici trois exemplaires. Comme à son habitude, Haendel pompe sans vergogne dans ses œuvres passées : du neuf avec du vieux, sachant que le compositeur réécrit quand même sérieusement tous le discours afin de l’adapter parfaitement au nouveau cadre formel. Et s’il a également écrit pour ces anthems plusieurs numéros tout beaux tout neufs, il s’en est largement resservi plus tard, par exemple dans ses concerti grossi ou ses sonates, recyclées d’après les moments purement instrumentaux des hymnes.
Détail des pistes :
HÄNDEL Georg Friedrich
O praise the Lord with one consent, HWV 254
1 - 1 O praise the Lord with one consent (5mn 17s )
1 - 2 Praise him, all ye that in his house (3mn 37s )
1 - 3 For this our truest int’rest is (2mn 13s )
1 - 4 That God is great (2mn 29s )
1 - 5 With cheerful notes (3mn 32s )
1 - 6 God’s tender mercy (3mn 08s )
1 - 7 Ye boundless realms of joy (2mn 22s )
1 - 8 Your voices raise (2mn 19s )
Let God arise, HWV 256a
1 - 9 Sonata. Andante — Allegro (3mn 48s )
1 - 10 Let God arise (2mn 47s )
1 - 11 Like as the smoke vanisheth (2mn 42s )
1 - 12 Let the righteous be glad (3mn 16s )
1 - 13 O sing unto God (2mn 48s )
1 - 14 Praised be the Lord! (1mn 32s )
1 - 15 At thy rebuke, O God (1mn 55s )
1 - 16 Blessed be God (2mn 13s )
My song shall be alway, HWV 252
1 - 17 Sonata. Largo e staccato — Allegro (3mn 05s )
1 - 18 My song shall be alway (4mn 58s )
1 - 19 For who is he among the clouds (28s )
1 - 20 God is very greatly to be feared (2mn 36s )
1 - 21 The heav’ns are thine (1mn 58s )
1 - 22 Righteousness and equity (3mn 10s )
1 - 23 Blessed is the people (2mn 17s )
1 - 24 Thou art the glory (1mn 26s )

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