Frais de port : 2,99 € par commande.
OFFERTS à partir de 55,00 € (en France métropolitaine).
Référence : CDA67731/2 0034571177311 - 2 CD 75:52 - 67:05 - DDD - Enregistré en juillet et septembre 2010 au Henry Wood Hall à Londres - Notes en français, anglais et allemand En vente sur ce site depuis le 3 mars 2011 Date parution numérique : 1 mars 2011
Pour commander par téléphone :
0892 259 770 (0,34 €/mn)
From Outside France (only) please dial +331 49269770 English spoken
Gaspard de la nuit
Ondine - Le gibet - Scarbo Sonatine Miroirs
Noctuelles - Oiseaux tristes - Une barque sur l’océan - Alborada del gracioso - La vallée des cloches La Valse Le Tombeau de Couperin
Prélude - Fugue - Forlane - Rigaudon - Menuet - Toccata Menuet en ut dièse mineur Menuet antique Sérénade grotesque Jeux d'eau Prélude Menuet sur le nom d'Haydn À la manière de Borodine À la manière de Chabrier Pavane pour une infante défunte Valses nobles et sentimentales
Steven Osborne, piano
teven Osborne, musicien subtil et délicat, sait déployer une technique acrobatique, voir pyrotechnique, et développer de somptueuses couleurs. Ces qualités se retrouvent dans ce nouvel album où il présente l'intégrale de la musique Ravel, fruit d'une longue expérience maturée tout au long de sa carrière.
(c) Abeille Musique AMCD SARL. Tous droits réservés.
Reproduction interdite des données descriptives de ce produit et des textes de commentaires,
en tout partie, sans autorisation spécifique de Abeille Musique AMCD SARL
Ceux qui ont acheté ce produit ont également acheté :
Menuet sur le nom d'Haydn 2 - 12 Menuet sur le nom d'Hayd (1mn 33s )
2 - 13 À la manière de Borodine (1mn 18s )
2 - 14 À la manière de Chabrier (1mn 36s )
2 - 15 Pavane pour une infante défunte (6mn 21s )
Cet enregistrement a été un véritable travail d’amour.
Depuis mon adolescence, je suis obsédé par la musique
de Ravel, enivré par le mélange grisant d’innocence, de
mélancolie, de passion, d’enjouement et par un soupçon
de danger. Il est le premier compositeur que j’ai étudié de
manière exhaustive, toujours plus désireux d’entendre les
morceaux que je ne connaissais pas, et ses œuvres pour
piano ont été des compagnes constantes de ma carrière
d’interprète. Ce n’est pas pour autant une relation
facile—la musique pour piano de Ravel est exigeante sur
le plan technique, émotionnel et intellectuel. Il était
horrifié à l’idée de se répéter dans ses compositions et il a réussi à éviter ce «crime» de manière incroyable—
pratiquement aucun morceau ne ressemble à un autre
dans leur mélange de caractère et de forme. Par exemple,
il y a deux œuvres majeures inspirées par la valse dans cet
enregistrement, mais pourraient-elles être plus éloignées
l’une de l’autre dans leur expression ? On ne peut jamais
s’en tenir à une seule formule pour jouer ses œuvres—
chacune exige une pensée et une exploration radicales.
Tout le monde sait que Gaspard de la nuit est «l’une
des pièces pour piano les plus difficiles qui aient jamais
été écrites». C’est fascinant non seulement parce que la
musique difficile est par nature intéressante, mais parce que Ravel était, au dire de tous, un très mauvais pianiste.
Le génie de son écriture pour piano est double : il tire des
sons du piano auxquels Liszt n’a même jamais rêvé, et il
est infiniment inventif dans les ressources techniques
qu’il déploie. Pour un homme qui n’aurait certainement
pas pu jouer correctement un grand nombre des effets
qu’il créait, c’est un exploit extraordinaire. En jouant une
pièce comme «Ondine», j’ai l’impression que, d’une
manière ou d’une autre, les lois de la physique sont
subtilement enfreintes, que la musique pour piano ne
devrait pas pouvoir flotter ainsi dans l’air. Il est sans aucun
doute l’un des plus grands «orchestrateurs» que le piano
ait jamais connu.
Aussi impressionnantes les réalisations techniques
de Ravel soient-elles, la question essentielle est l’impact
émotionnel de la musique. Les critiques fréquentes des
contemporains de Ravel trouvant sa musique parfaite
mais froide me laissent perplexe. Comment peut-on ne
pas entendre dans la Pavane le courant sous-jacent de
mélancolie ou dans les Jeux d’eau le plaisir pur que prend
Ravel à la sensualité du son et de l’harmonie, sans parler
du monde troublant, voire paranoïaque de Gaspard de la
nuit ? L’accusation de froideur venait peut-être en partie
de l’impression qui se dégageait de Ravel en personne,
souvent détaché et sarcastique même avec ses amis, ce qui
donna aux critiques une solution de facilité pour étiqueter
un homme pour qui la perfection de son travail avait
manifestement une importance primordiale.
Pour leur
défense, l’émotion dans la musique de Ravel est souvent
dissimulée sous un vernis assez formel; très manifestement,
comme en témoigne le nombre de fois où il est
attiré par les formes de danse. Je trouve que c’est une
réponse fascinante à l’énigme que pose un homme qui
a peur de se révéler en personne et qui arrive à se révéler
au travers de sa musique. En réalité, c’est peut-être
justement ce conflit entre autoprotection et autorévélation qui rend sa musique si profondément touchante et
vulnérable.
Je souhaite dire quelques mots de La valse qui ne
figure pas toujours dans les études complètes de la
musique pour piano de Ravel. Je trouve cette omission
compréhensible, car l’arrangement de Ravel semble avoir
été fait davantage comme référence ou pour les répétitions
de ballet que pour des exécutions en concert. Il y a souvent
des figurations usées jusqu’à la corde, certaines notes
graves cruciales manquantes qui nuisent au sens de
quelques passages, et des sections où il propose des lignes
supplémentaires en petites notes à jouer si l’instrumentiste
peut y parvenir, ce qu’un compositeur aussi
méticuleux que Ravel n’aurait jamais pu admettre dans
une véritable œuvre destinée au concert. Donc, après avoir
décidé de l’enregistrer, j’ai examiné cette pièce mesure
par mesure en comparant les partitions d’orchestre et
de piano, en étayant un grand nombre de figurations, en
ajoutant les notes qui manquaient à la basse, en essayant
de reproduire davantage de la couleur orchestrale et en
ajoutant autant de détails contrapuntiques que possible,
tout en ignorant certaines lignes optionnelles de Ravel
(elles me semblent contreproductives, encombrant
excessivement la texture). Ce fut un processus passionnant,
d’autant qu’il dévoilait l’indécision de Ravel au sujet
de nombreux petits détails du morceau—les harmonies
sont parfois modifiées, les notes graves aussi, une mesure
est omise à un endroit, même la fin présente des
différences subtiles. J’ai trouvé assez touchant de voir ces
exemples d’indécision humaine normale au milieu d’une
telle maîtrise créatrice.
Pour finir, quelques remerciements : l’exécution en
soliste est réellement un effort en collaboration, les convictions
musicales personnelles sont indissociables des
innombrables exécutions, conversations et cours de piano
dont on fait l’expérience au fil des ans. Cela m’est apparu de manière particulièrement claire au cours de la
préparation de cet enregistrement. Anne Queffélec m’a
donné un cours sur Le tombeau de Couperin lorsque
j’étais encore au collège de musique à Manchester, cours
qui, bien qu’il ait eu lieu il y a quinze ans, a défini pour
moi et pour toujours le style du morceau. Récemment,
j’ai passé des heures agréables avec Stéphane Denève à
discuter de La valse; son point de vue sur ce morceau a
profondément affecté le mien et il m’a aussi aidé à trouver
des solutions pour quelques coins délicats de l’œuvre.
Enfin, je voudrais dire que je dois beaucoup à mon
professeur de piano au collège, Renna Kellaway, avec qui
j’ai appris une grande partie de la musique enregistrée ici.
Les préoccupations de Ravel pour la clarté, la couleur et
le sentiment sont vraiment les siennes et je suis sûr que
l’influence de notre travail commun ressort clairement
dans un grand nombre de ces exécutions.
Airs extraits de : Amadigi, Giulio Cesare, Rinaldo, Ariodante, Giustino, Ottone, Alcina, Ouverture (Serse) / James Bowman, contre-ténor - The King's Consort, dir. Robert King
Concerto pour orchestre, op.61 - A notte alta, op.30 - Fragments symphoniques de La donna serpente, op.50 / Martin Roscoe, piano - BBC Philharmonic - Gianandrea Noseda, direction