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Référence : CDA67687 0034571176871 - 1 CD 63:00 - DDD - Enregistré du 17 au 20 août 2009 au Grieghallen de Bergen - Notes en français, anglais et allemand En vente sur ce site depuis le 7 octobre 2010 Date parution numérique : 5 octobre 2010
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ROSZA Miklos Viola Concerto, Op. 37 1 - 1 I. Moderato assai (13mn 27s )
1 - 2 II. Allegro giocoso (5mn 08s )
1 - 3 III. Adagio (6mn 18s )
1 - 4 IV. Allegro con spirito (7mn 38s )
BARTOK Béla Viola Concerto, Sz 120 (edited and completed by Tibor Serly) 1 - 5 I. Moderato (13mn 05s )
1 - 6 II. Adagio religioso (4mn 04s )
1 - 7 III. Allegro vivace (4mn 22s )
SERLY Tibor 1 - 8 Rhapsody for viola and orchestra "on Hungarian Folk Tunes harmonized by Béla Bartók" (8mn 53s )
Miklos Rosza - Bela Bartok
Œuvres pour alto et orchestre
Après l’immense succès de son Concerto pour
orchestre, créé à Boston en décembre 1944, Béla
Bartók—dont la musique était relativement
négligée depuis quelques années dans son exil américain—
a commencé à être submergé de commandes
d’œuvres nouvelles, dont il n’a pu réaliser que quelques-unes
au cours des dix mois qui lui restaient à vivre. L’une
de ces commandes émanait de l’éminent altiste William
Primrose, qui avait été très impressionné par une exécution
du Second Concerto pour violon de Bartók joué par
Yehudi Menuhin.
À la fin du mois de décembre ou au
début du mois de janvier 1945 (la date précise est incertaine),
Primrose a laissé entendre à Bartók qu’il aimerait
lui commander un concerto pour alto et, au milieu du
mois de janvier, le compositeur a accepté. On ignore dans
quelle mesure il a travaillé à cette œuvre au cours des six
premiers mois de 1945, car Bartók et sa femme ont tous
deux été malades une grande partie de cette période ; dans
une lettre à Primrose écrite le 5 août, Bartók disait qu’il
avait presque perdu l’espoir de trouver des idées jusqu’à
ce qu’ils réussissent à prendre des vacances d’été dans
leur maison du lac Saranac. Mais, au milieu du mois
de juillet, il avait commencé à ébaucher un concerto en
quatre mouvements, «chaque mouvement … précédé
d’une (courte) introduction récurrente (essentiellement
en solo pour l’alto), une sorte de ritournelle». Toutefois,
cette lettre n’a pas été envoyée; en fait, le 8 septembre,
Bartók a écrit à Primrose pour lui dire que le concerto était
«prêt en ébauche» et qu’il pourrait réaliser une grande
partition d’orchestre «en cinq à six semaines». Mais,
moins de quinze jours plus tard, Bartók est tombé gravement
malade et il est mort au West Side Hospital de New
York, le 26 septembre.
Tout en composant le Concerto pour alto, Bartók
travaillait aussi—et semble-t-il de manière plus soutenue—
à son Troisième Concerto pour piano, qu’il voulait
offrir à sa femme, la pianiste Ditta Pásztory, comme
cadeau d’anniversaire, afin qu’elle ait quelque chose à
jouer s’il venait à mourir. Alors que la partition d’orchestre
du concerto pour piano a été achevée à l’exception des
dernières mesures, il n’est resté du Concerto pour alto que
quelques esquisses et le brouillon d’une particelle plus
ou moins complète (mais pas totalement), avec juste
quelques indications d’orchestration, écrites sur quatre
feuilles pliées (seize pages en tout, dont deux blanches;
aucune n’est numérotée). L’harmonie se limitait souvent
à une sorte de code personnel, indiquant vaguement
des ornements harmoniques ou mélodiques et, au lieu
d’effacer les passages qu’il avait corrigés, Bartók avait noté
les nouvelles versions dans la marge ou là où il y avait
encore de la place. Comme l’a écrit le fils de Bartók, Peter,
en 1994, il y avait quelques trous dans la composition et
même l’ordre du matériel n’était pas clair à première vue :
«Une grande partie des données essentielles n’existaient
que dans l’esprit [de mon père]; il avait dû prévoir de
ne régler certains détails ou de ne procéder à certaines
modifications qu’au moment de coucher vraiment
l’œuvre sur le papier de la partition finale.»
Ditta et Peter Bartók ont confié les matériels des deux
concertos à Tibor Serly, qui avait été l’ami musicien
hongrois le plus constant et fidèle de Bartók au cours des
dernières années passées aux États-Unis, «pour examiner
soigneusement ces manuscrits». S’il a eu relativement
peu de chose à faire pour compléter le Troisième Concerto
pour piano (qui a été créé par György Sándor et l’Orchestre
de Philadelphie en février 1946), l’élaboration d’une
version jouable du Concerto pour alto était beaucoup plus
complexe. Primrose (qui a lui-même édité la partie d’alto)
n’a pu créer le texte de cette musique révisé par Serly
que le 2 décembre 1949, avec l’Orchestre symphonique de Minneapolis sous la direction d’Antal Dorati. Il a été
reconnu presque d’emblée comme l’une des contributions
majeures à la littérature restreinte des concertos
pour alto et constitue depuis lors une pierre angulaire du
répertoire de cet instrument. On a ergoté sur divers points
de détails à propos de la façon dont Serly a interprété
les intentions de Bartók : en 1992, l’altiste Csaba Erdélyi
a créé une nouvelle version de son cru et, en 1995, Peter
Bartók a publié, avec le musicologue Paul Neubauer, une
version révisée du concerto qui diffère sensiblement de
celle de Serly à certains égards. Toutefois, en général, c’est
la version de Serly qui reste la plus souvent jouée dans les
salles de concert.
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